Hetty

Hetty, d’après les écrits d’Etty Hillesum, création théâtrale et mise en scène d’Antoine de Staël.

 

  Antoine de Staël qui avait monté Les Justes d’Albert Camus l’an passé avec un certain succès ( voir le Théâtre du Blog) a choisi cette fois de prendre comme base d’un spectacle les Ecrits ( Journal et Lettres) d’Etty Hillesum, jeune hollandaise juive qui disparut à 27 ans, victime de la barbarie nazie.Et son épais Journal auquel elle se confie, sans savoir encore le sort qui va être le sien et celui de la plus grande partie de sa famille, frappe par son intelligence, sa générosité  et sa volonté, malgré tout, de ne pas désespérer de l’être humain, tout en restant lucide.  » La saloperie des autres est aussi en nous. Et je ne vois pas d’autre solution que de rentrer en soi-même et et d’extirper de son âme toute cette pourriture. je ne crois pas que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur que nous n’ayons d’abord corrigé en nous. L’unique leçon de cette guerre est de nous avoir appris à chercher en nous-même et pas ailleurs ».
  Cette écriture et cette rigueur sont étonnantes : Etty Hillesum qui a dû écrire ces lignes quand elle avait quelque vingt cinq ans, allait orienter sa vie vers toujours plus de spiritualité, alors qu’elle voyait chaque jour le malheur et le désespoir autour d’elle.
  Antoine de Staël a choisi de faire entendre cette voix unique par quatre jeunes comédiennes qui le disent et l’interprètent oralement et gestuellement soit seules soit en choeur sur une scène nue, avec juste quatre châssis noirs d’un côté et peints de couleurs primaires de l’autre côté. ( Pas exemplaires les chassis, mais bon…)
Dans une sorte de dénuement presque total, où les quatre actrices sont en stricte robe noire ou parfois nues, ce  qui n’est pas sans rappeler certains spectacles du regretté Grotowski comme Akropolis qui auraient  été revisités par Pina Bausch. Audrey Boulanger, Anne Jeanvoine, Valérie Maryane et Alexandra Sollogug forment un quatuor qui fonctionne bien , avec beaucoup d’unité même si, au début, le spectacle a un peu de mal à décoller.

  La mise en scène d’Antoine de Staël est précise, et il sait de toute évidence diriger ses actrices qui ont chacune une belle personnalité; reste à peaufiner ce spectacle encore un peu brut de décoffrage, mais où il y a de très fortes images qui traduisent bien le déchirement et en même temps la foi qu’Etty Hillesum avait dans un avenir de l’humanité qu’elle ne verrait pourtant jamais…

Philippe du Vignal

Le spectacle a été présenté pour trois avant-premières à la Maison de la Culture de Créteil.

 


Archive pour 6 mars, 2010

Hetty

Hetty, d’après les écrits d’Etty Hillesum, création théâtrale et mise en scène d’Antoine de Staël.

 

  Antoine de Staël qui avait monté Les Justes d’Albert Camus l’an passé avec un certain succès ( voir le Théâtre du Blog) a choisi cette fois de prendre comme base d’un spectacle les Ecrits ( Journal et Lettres) d’Etty Hillesum, jeune hollandaise juive qui disparut à 27 ans, victime de la barbarie nazie.Et son épais Journal auquel elle se confie, sans savoir encore le sort qui va être le sien et celui de la plus grande partie de sa famille, frappe par son intelligence, sa générosité  et sa volonté, malgré tout, de ne pas désespérer de l’être humain, tout en restant lucide.  » La saloperie des autres est aussi en nous. Et je ne vois pas d’autre solution que de rentrer en soi-même et et d’extirper de son âme toute cette pourriture. je ne crois pas que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur que nous n’ayons d’abord corrigé en nous. L’unique leçon de cette guerre est de nous avoir appris à chercher en nous-même et pas ailleurs ».
  Cette écriture et cette rigueur sont étonnantes : Etty Hillesum qui a dû écrire ces lignes quand elle avait quelque vingt cinq ans, allait orienter sa vie vers toujours plus de spiritualité, alors qu’elle voyait chaque jour le malheur et le désespoir autour d’elle.
  Antoine de Staël a choisi de faire entendre cette voix unique par quatre jeunes comédiennes qui le disent et l’interprètent oralement et gestuellement soit seules soit en choeur sur une scène nue, avec juste quatre châssis noirs d’un côté et peints de couleurs primaires de l’autre côté. ( Pas exemplaires les chassis, mais bon…)
Dans une sorte de dénuement presque total, où les quatre actrices sont en stricte robe noire ou parfois nues, ce  qui n’est pas sans rappeler certains spectacles du regretté Grotowski comme Akropolis qui auraient  été revisités par Pina Bausch. Audrey Boulanger, Anne Jeanvoine, Valérie Maryane et Alexandra Sollogug forment un quatuor qui fonctionne bien , avec beaucoup d’unité même si, au début, le spectacle a un peu de mal à décoller.

  La mise en scène d’Antoine de Staël est précise, et il sait de toute évidence diriger ses actrices qui ont chacune une belle personnalité; reste à peaufiner ce spectacle encore un peu brut de décoffrage, mais où il y a de très fortes images qui traduisent bien le déchirement et en même temps la foi qu’Etty Hillesum avait dans un avenir de l’humanité qu’elle ne verrait pourtant jamais…

Philippe du Vignal

Le spectacle a été présenté pour trois avant-premières à la Maison de la Culture de Créteil.

 

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