TEMPÊTE SOUS UN CRÂNE

 

TEMPÊTE SOUS UN CRÂNE spectacle en deux époques d’après Les Misérables de Victor Hugo, mise en scène de Jean Bellorini.

 En exergue de leur dossier, une déclaration tonique : « L’idée de troupe -outre une alternative à la précarité de notre métier correspond à notre envie de théâtre total qui prenne en compte toutes les étapes de la création d’un spectacle, permet d’entretenir une relation privilégiée avec le public et installe notre quête artistique dans la durée». Nous avions découvert cette compagnie dans un Oncle Vania original, au bord d’un étang au Potager du Roi de Chantilly, puis avec Opérette imaginaire de Valère Novarina à la Cité internationale. Et cette fois, nous avons plongé avec délices dans ce fleuve magnifique du verbe hugolien, marqué dans notre mémoire depuis l’adolescence.
Le fil narratif de l’histoire est conservé, cinq comédiens accompagnés par deux musiciens interprètes portent cette parole poétique et populaire avec une belle simplicité. Aucune identification entre les comédiens et leurs personnages: la première époque est interprétée par deux comédiens qui jouent tour à tour Jean Valjean, Fantine, Cosette, le père et la mère Thénardier avec de belles parenthèses lyriques tirées des Contemplations accompagnées par les deux musiciens qui prennent  part à l’action.  La deuxième époque, plus théâtrale encore , met en jeu l’ensemble de la troupe, avec un beau travail choral et ludique,  un pic émouvant sur la mort d’Éponine, et une surprenante scène des barricades.

Edith Rappoport

Le spectacle sera repris à la rentrée au Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis.


Archive pour 11 mars, 2010

Pourrie, une vie de princesse


Pourrie, une vie de princesse de Sofia Freden, traduction d’Antoine Guémy, mise en scène d’Edouard Signolet.

   Edouard Signolet a conçu ses deux mises en scène de Pourrie, une vie de princesse et Le Vélo  comme un diptyque, à partir du thème du besoin de liberté. La première des pièces de l’auteure suédoise , par le biais d’un faux conte pour enfants , reprend l’idée que l’individu doit fuir absolument la société où sa naissance et sa famille l’ont assigné à résidence s’il veut avoir une chance de construire  sa vie.
Donc, Eugénie est une jeune et charmante princesse de neuf  ans  qui vit dans un royaume où règne un conservatisme pur et dur. Le Prince Eugène, son frère de onze ans veut absolument creuser une tombe pour s’y enterrer; quant à Désirée, sa sœur, elle est obsédée par l’idée de se marier, au besoin avec son propre frère…

 Bref, dans la famille royale, la morale n’est plus ce qu’elle était, et les enfants veulent à tout prix échapper à la corvée des cérémonies et des obligations officielles.. Et la belle Eugénie ne rêve que d’une chose: retrouver ses vrais parents, puisqu’elle pense qu’elle a dû être enlevée toute petite à sa famille. Mais,  bien entendu, dans cette espèce de quête d’une vie normale qu’elle s’est désormais assigné comme but dans la vie, elle va aller de déboires en déconvenues, et les gens normaux  comme la vie normale seront beaucoup plus difficiles à trouver qu’elle ne l’avait d’abord pensé. Et même s’il y a une belle rencontre avec un gros nounours.
   Cette fable sur le monde contemporain est écrite d’une plume acide par Sofia Freden qui s’amuse beaucoup à mettre en pièce la société suédoise sans doute un peu proprette à ses yeux. Comme cela dure cinquante minutes et que la mise en scène d’ Edouard Signolet est du genre soigné et précis, et que les jeunes comédiens sont impeccables, cela passe. Mais, très franchement, cette Pourrie, une vie de princesse  ne fait quand même pas une soirée très exaltante. Quant au Vélo, si c’est du même tonneau… on s’abstiendra sans regrets. A suivre donc…

Philippe du Vignal

Théâtre Ouvert, jusqu’au 27 mars en alternance avec Le Vélo. t: 01-42-55-74-40

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Madeleine Marion

Adieu Madeleine,
52860.jpgMadeleine Marion est morte avant-hier à 80 ans; nous la connaissions depuis bien longtemps:  elle avait joué autrefois pour  Sacha Pitoëff dans Les trois soeurs, pour Jean Négroni,( Le prince de Hombourg) dont il y a quelques jours, curieusement, une photo du spectacle, signe du destin?  glissa d’un dossier; puis, avec  Antoine Vitez pour qui elle joua  Bérénice et le  célèbre Soulier de satin.  Elle avait joué aussi au cinéma mais très connue dans le milieu professionnel, elle l’était peu de ce  que l’on appelle le grand public.
Elle avait enseigné au Conservatoire national de 88 à 95 puis nous lui avions demandé ensuite  de venir à l’ Ecole  du Théâtre national de Chaillot où elle fut aussi, pendant cinq ans, une remarquable pédagogue, attentive,  très exigeante mais aussi très aimée de tous.
Nous lui avions demandé entre autres de faire travailler les élèves sur L’Echange de Claudel,  et cet atelier- un des plus remarquables que nous ayons connus – fut sans doute l’un de ceux où elle avait su mettre le mieux en valeur les qualités de chaque élève. Puis,  trop prise, après son engagement à la Comédie-Française, elle avait dû nous quitter. Mais elle avait toujours gardé une affection  pour ses anciens élèves et un attachement à l’Ecole dont nous ne pouvons que lui être reconnaissants.
Elle avait monté au Studio de la Comédie-Française une brillante Cantate à trois voix de Claudel. Nous garderons d’elle l’image d’une femme droite,  dont la vie, qui ne lui épargna pas les très mauvais coups,  ne fut pas toujours un long fleuve tranquille, mais elle avait une capacité de résistance, une énergie  et une volonté de se battre qui forçaient le respect.
Adieu, et merci encore, chère Madeleine.

Philippe du Vignal

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