Chroniques des bords de scène, saison 3: USA

Chroniques des bords de scène, d’après Saison 3: USA,  d’après John dos Passos , conception et réalisation de Nicolas Bigards.

    usa.jpgL’an passé, Nicolas Bigards nous avait offert une remarquable promenade à travers plusieurs polars américains; cette fois, il a choisi de nous emmener  voyager dans la célèbre trilogie de Dos Passos ( 1896-1970) : Le 42 ème parallèle, 1919 , La grosse galette qu’il écrivit de 1930 à 1936. Une scène carrée qui sert aussi de salle. Au milieu, une étendue de sable fin avec des chaises rouges de théâtre installées un peu partout, quelques autres en plastique, un lit en fer, un bureau et sur chaque côté, des sortes de mini-scènes qui se ferment avec un rideau plastique translucide blanc et des passerelles construites avec des éléments d’échafaudage métalliques où joueront aussi les acteurs.
Ce sont des sortes de tranche de vie issues de ces trois romans que donne à voir Nicolas Bigards. Des monologues, quelques chansons, et c’est à un portrait de l’Amérique à ses heures les plus sombres que nous sommes conviés. Dos Passos avait en effet un regard assez pessimiste quant à l’avenir politique de son pays, comme si ses compatriotes n’avaient pas vraiment su prendre le tournant d’une véritable modernité après la conquête.
D’un côté les riches, banquiers, hommes d’affaire ou industriels qui, à force de travail et de ruses ont pu très vite prendre le pouvoir  avoir un rôle déterminant dans l’évolution de la société, et de l’autre, un peuple d’ouvriers et de petits employés qui ont fait l’Amérique mais laissés au bord de la route. Pour eux, l’ascenseur social n’a pas  fonctionné et ils ont été jusqu’au bout de leurs désillusions.

 Mais les personnages de cette fresque sont à peine entrevus qu’ils disparaissent pour laisser place à d’ autres que l’on retrouve un peu plus loin derrière nous ou plus haut sur les passerelles. Il y a par moments  de fabuleuses images dues à la scénographe Chantal de la Coste, et  les dix comédiens font honnêtement leur travail mais il manque le souffle qui existait l’an passé.
Trop de monologues sans doute, un éclairage assez parcimonieux et pas de véritable scénario; certes, on veut bien que dans l’optique de Dos Passos, Nicols Bigards ait choisi le collage,  mais il manque une unité et un souffle dramatiques au spectacle qui, passée la première demi-heure commence à s’étirer… D’autant plus que les spectateurs étant souvent debout, on peine à à voir certaines scènes si l’on n’est pas au premier rang. Et , même s’il y a quelques beaux monologues/récits comme celui de la vie d’Isadora Duncan, l’ensemble n’est pas vraiment convaincant… Dommage.

 Alors à voir? Peut-être, si l’on est fou de dos Passos, mais on est quand même un peu loin de cette peinture géniale de la société américaine de l’entre deux guerres  qu’il avait si bien réussie dans ses trois romans cultes et dans Manhattan Transfer. Peut-être était- ce mission impossible au départ…

Philippe du Vignal

MC 93 à Bobigny jusqu’au 18 avril  à 20 h 30; le dimanche à 15 h 30 et le vendredi à 19 heures.

 

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