Prague sous la pluie qui passe et qui sourit

Prague sous la pluie qui passe et qui sourit de Jean Bois.

          999743501.jpg Jean Bois reprend le spectacle qu’il avait créé  au dernier festival d’Avignon. Ce sont six tableaux ou six sketchs à deux, qu’il joue avec Dominique Constantin. Cela fait  longtemps – une bonne vingtaine d’années qu’il a mis au point cette curieuse approche du théâtre où , la plupart du temps, seul avec une unique partenaire, il essaye d’exorciser à la fois  les démons de la scène et ceux du couple. Ce théâtre dans le théâtre est parfois drôle, et,  en même temps ,doux amer ,mais semble souvent écrit pour la chute que l’on devine aisément. Avec une petite musique poétique qui n’appartient qu’à lui..
Jean Bois introduit souvent un phrase un peu crue au moment où on ne l’attendait pas et flirte avec des mots d’auteur que ne renierait pas  un Sacha Guitry, du genre » Plus elle picole, plus le vieux marin prend l’eau ». En gros, cela fonctionne quand même, comme ce premier sketch où un vieux chanteur assez cabot reçoit la visite d’une curieuse spectatrice tout habillée de noir, métaphore de la mort ,  qui a réussi à pénétrer dans sa loge. Cela se passe  dans la petite ville de Médon Saint-Sauveur dont on devine que ce sera la fin du parcours pour Jacky Jack…
C’est écrit avec beaucoup de nuances et de délicatesse. Mais selon les tableaux, cet exorcisme flamboyant est  inégal et le dernier -pas très fameux,- semble bien long, même si une belle colombe blanche apparaît soudain.  Il y a aussi l’histoire – sans doute la meilleure- d’un pauvre joueur  d’orgue de Barbarie, aveugle,  qui écoute , tout en tournant la manivelle, ce que lui confie une belle jeune fille de quinze ans qui s’est enfuie de chez ses parents.
En fait,  c’est une pauvre pute, habillée de façon  vulgaire ( photo  ci-dessus) qui a travesti sa voix, et-c’est un peu téléphoné-qui lui révélera à la fin sa véritable identité. Pas de doute là dessus, les cinq premiers tableaux tiennent la route sur le plan textuel comme on dit. Mais… oui, il y a un mais, l’ensemble n’est pas vraiment dirigé: Jean Bois, alors qu’ il possède un vrai métier et une voix magnifique,  surjoue presque tout le temps après le premier sketch, et se met parfois à crier, alors que la salle est très petite ; par ailleurs,  il est difficile de croire une seconde aux personnages campés par Dominique Constantin qui sert souvent de faire-valoir. Et  l’on reste un peu-et même beaucoup sur sa faim.!
De toute façon, le spectacle est maintenant installé et donc  impossible à rectifier. Mais autant dire les choses: ce qu’il faudrait  à Jean Bois, c’est un metteur en scène et  directeur d’acteurs qui prenne les spectacle en main… Alors à voir, oui, si vous êtes un inconditionnel de Jean Bois-et il y en a- sinon, il n’est pas  sûr que vous y trouviez votre compte, malgré les qualités indéniables  du texte.

Philippe du Vignal

Théâtre du Marais 37, rue Volta 75003 PARIS (M° Arts et Métiers). 01 45 35 75 87 les jeudi, vendredi et samedi à 21h.


 


Archive pour 3 mai, 2010

Prague sous la pluie qui passe et qui sourit

Prague sous la pluie qui passe et qui sourit de Jean Bois.

          999743501.jpg Jean Bois reprend le spectacle qu’il avait créé  au dernier festival d’Avignon. Ce sont six tableaux ou six sketchs à deux, qu’il joue avec Dominique Constantin. Cela fait  longtemps – une bonne vingtaine d’années qu’il a mis au point cette curieuse approche du théâtre où , la plupart du temps, seul avec une unique partenaire, il essaye d’exorciser à la fois  les démons de la scène et ceux du couple. Ce théâtre dans le théâtre est parfois drôle, et,  en même temps ,doux amer ,mais semble souvent écrit pour la chute que l’on devine aisément. Avec une petite musique poétique qui n’appartient qu’à lui..
Jean Bois introduit souvent un phrase un peu crue au moment où on ne l’attendait pas et flirte avec des mots d’auteur que ne renierait pas  un Sacha Guitry, du genre » Plus elle picole, plus le vieux marin prend l’eau ». En gros, cela fonctionne quand même, comme ce premier sketch où un vieux chanteur assez cabot reçoit la visite d’une curieuse spectatrice tout habillée de noir, métaphore de la mort ,  qui a réussi à pénétrer dans sa loge. Cela se passe  dans la petite ville de Médon Saint-Sauveur dont on devine que ce sera la fin du parcours pour Jacky Jack…
C’est écrit avec beaucoup de nuances et de délicatesse. Mais selon les tableaux, cet exorcisme flamboyant est  inégal et le dernier -pas très fameux,- semble bien long, même si une belle colombe blanche apparaît soudain.  Il y a aussi l’histoire – sans doute la meilleure- d’un pauvre joueur  d’orgue de Barbarie, aveugle,  qui écoute , tout en tournant la manivelle, ce que lui confie une belle jeune fille de quinze ans qui s’est enfuie de chez ses parents.
En fait,  c’est une pauvre pute, habillée de façon  vulgaire ( photo  ci-dessus) qui a travesti sa voix, et-c’est un peu téléphoné-qui lui révélera à la fin sa véritable identité. Pas de doute là dessus, les cinq premiers tableaux tiennent la route sur le plan textuel comme on dit. Mais… oui, il y a un mais, l’ensemble n’est pas vraiment dirigé: Jean Bois, alors qu’ il possède un vrai métier et une voix magnifique,  surjoue presque tout le temps après le premier sketch, et se met parfois à crier, alors que la salle est très petite ; par ailleurs,  il est difficile de croire une seconde aux personnages campés par Dominique Constantin qui sert souvent de faire-valoir. Et  l’on reste un peu-et même beaucoup sur sa faim.!
De toute façon, le spectacle est maintenant installé et donc  impossible à rectifier. Mais autant dire les choses: ce qu’il faudrait  à Jean Bois, c’est un metteur en scène et  directeur d’acteurs qui prenne les spectacle en main… Alors à voir, oui, si vous êtes un inconditionnel de Jean Bois-et il y en a- sinon, il n’est pas  sûr que vous y trouviez votre compte, malgré les qualités indéniables  du texte.

Philippe du Vignal

Théâtre du Marais 37, rue Volta 75003 PARIS (M° Arts et Métiers). 01 45 35 75 87 les jeudi, vendredi et samedi à 21h.


 

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