Gabriele, un voyage Paris-Rome

Gabriele, un voyage Paris-Rome de Fausto Paradivino et Giampiero Rappa mise en scène de Stéphane Miglierina et  Catherine Monnot

Parlate italiano ? (parlez-vous italien ?) Voilà qui serait bien utile pour assister à la représentation de Gabriele, cette pièce franco-italienne semi-autobiographique de Fausto Paradivino et Giampiero Rappa sur les difficultés des débuts de la vie d’artiste et de la vie… tout court.
Ici, plaisir du jeu et du langage font vibrer les comédiens autant que les personnages. Car Gabriele, c’est un peu L’Illusion comique de Corneille mâtinée de L’Auberge espagnole de Klapisch. Mais reprenons : nous, les spectateurs, sommes à peine assis que Catherine Monnot, la metteuse en scène, nous situe le lieu de l’action : Rome, les personnages et la situation : ces cinq jeunes hommes sont sortis de l’école et partagent le même toit ; ils ont décidé de monter ensemble Richard III de Shakespeare. D’emblée, la cloison entre la réalité et la fiction s’explose.
Quid du quatrième mur ? La pièce est-elle commencée ? D’autant que le décor tout en trompe-l’œil (toiles peintes de Christophe Therrien) donnent l’illusion d’un frigidaire, d’un escalier en colimaçon, d’une table de cuisine dressée pour le repas ou encore d’un balcon (Vérone n’est pas loin), que viennent éclairer des lampadaires en dur.
L’histoire se complique avec la venue de trois filles, françaises passionnées de théâtre, qui se mêlent des affaires des hommes et voudraient participer à leur spectacle. Un défi pas simple à relever car le monde de l’art est un monde de requins, en italien, « mundo di lupi ». Mais le ver est déjà dans le fruit : Angela, qui flirte avec chacun, tombe enceinte. Qui est le père ? Les hommes jouent aux rois, mais ils se défilent quand il s’agit d’assumer la paternité, comme au moment de payer les factures. L’un d’eux sera-t-il à la hauteur de son devoir ? De la vie en colocation à l’univers professionnel en passant par les désirs amoureux, jalousie, rivalité et problèmes d’argent apparaissent comme d’imparables fils conducteurs.
La troupe Polygène offre un hommage à la jeunesse avec cette représentation fraîche, légère, ouverte sur la diversité culturelle et le partage, à l’heure où nous avons bien besoin d’Europe ! Les comédiens français et italiens font preuve d’une belle vivacité. À cet égard, le duo d’amies espiègles (Virginie Rodriguez et Flora Seigle-Murandy) fonctionne vraiment bien : ces Pythies modernes croisées des sorcières de Macbeth qui commentent, interviennent (en disant les didascalies), chantent et s’amusent avec des rubans, bref viennent mettre leur grain de sel et un zeste de fantaisie: elles  sont savoureuses et à croquer. Un peu de piano pour la tension dramatique (Didier Massein) achève de composer une scénographie réussie et une dramaturgie assez convaincante. Même si,  ce serait mieux  de  comprendre l’italien : plus de passages traduits ou un surtitrage auraient été bienvenus.
A suivre, donc, les aventures de ces comédiens nomades et cosmopolites !

Barbara Petit
A Lilas en scène du 3 au 5 mai


Archive pour 6 mai, 2010

Gabriele, un voyage Paris-Rome

Gabriele, un voyage Paris-Rome de Fausto Paradivino et Giampiero Rappa mise en scène de Stéphane Miglierina et  Catherine Monnot

Parlate italiano ? (parlez-vous italien ?) Voilà qui serait bien utile pour assister à la représentation de Gabriele, cette pièce franco-italienne semi-autobiographique de Fausto Paradivino et Giampiero Rappa sur les difficultés des débuts de la vie d’artiste et de la vie… tout court.
Ici, plaisir du jeu et du langage font vibrer les comédiens autant que les personnages. Car Gabriele, c’est un peu L’Illusion comique de Corneille mâtinée de L’Auberge espagnole de Klapisch. Mais reprenons : nous, les spectateurs, sommes à peine assis que Catherine Monnot, la metteuse en scène, nous situe le lieu de l’action : Rome, les personnages et la situation : ces cinq jeunes hommes sont sortis de l’école et partagent le même toit ; ils ont décidé de monter ensemble Richard III de Shakespeare. D’emblée, la cloison entre la réalité et la fiction s’explose.
Quid du quatrième mur ? La pièce est-elle commencée ? D’autant que le décor tout en trompe-l’œil (toiles peintes de Christophe Therrien) donnent l’illusion d’un frigidaire, d’un escalier en colimaçon, d’une table de cuisine dressée pour le repas ou encore d’un balcon (Vérone n’est pas loin), que viennent éclairer des lampadaires en dur.
L’histoire se complique avec la venue de trois filles, françaises passionnées de théâtre, qui se mêlent des affaires des hommes et voudraient participer à leur spectacle. Un défi pas simple à relever car le monde de l’art est un monde de requins, en italien, « mundo di lupi ». Mais le ver est déjà dans le fruit : Angela, qui flirte avec chacun, tombe enceinte. Qui est le père ? Les hommes jouent aux rois, mais ils se défilent quand il s’agit d’assumer la paternité, comme au moment de payer les factures. L’un d’eux sera-t-il à la hauteur de son devoir ? De la vie en colocation à l’univers professionnel en passant par les désirs amoureux, jalousie, rivalité et problèmes d’argent apparaissent comme d’imparables fils conducteurs.
La troupe Polygène offre un hommage à la jeunesse avec cette représentation fraîche, légère, ouverte sur la diversité culturelle et le partage, à l’heure où nous avons bien besoin d’Europe ! Les comédiens français et italiens font preuve d’une belle vivacité. À cet égard, le duo d’amies espiègles (Virginie Rodriguez et Flora Seigle-Murandy) fonctionne vraiment bien : ces Pythies modernes croisées des sorcières de Macbeth qui commentent, interviennent (en disant les didascalies), chantent et s’amusent avec des rubans, bref viennent mettre leur grain de sel et un zeste de fantaisie: elles  sont savoureuses et à croquer. Un peu de piano pour la tension dramatique (Didier Massein) achève de composer une scénographie réussie et une dramaturgie assez convaincante. Même si,  ce serait mieux  de  comprendre l’italien : plus de passages traduits ou un surtitrage auraient été bienvenus.
A suivre, donc, les aventures de ces comédiens nomades et cosmopolites !

Barbara Petit
A Lilas en scène du 3 au 5 mai

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