Zelda.F (ou l’incroyable vie de Zelda Fitzgerald)

Zelda.F (ou l’incroyable vie de Zelda Fitzgerald)

Mise en scène Julianne Plée, conception:  Bénédicte Dessombz et Julianne Plée

Un immense talent d’écrivain sacrifié sur l’autel de la jalousie, ainsi pourrait-on résumer le destin tragique de Zelda Fitzgerald. On connaît peu l’épouse de l’écrivain américain, cette femme hors-du-commun, assoiffée d’indépendance, et qui,  toute sa vie, a dû se battre pour conquérir liberté et reconnaissance.
Et c’est tout le mérite de ce spectacle que de nous donner à mieux connaître cette artiste exigeante. Ainsi le spectateur appréhende-t-il Zelda par ceux qui l’ont connue : une amie d’enfance ou une comédienne de Broadway, son éditeur ou son médecin, le garçon de café ou le journaliste radio, une voyante ou Scott lui-même, méprisant et indifférent.

 zelda.jpgDe Montgomery (Alabama), le village d’enfance, à Manhattan, de Saint-Raphaël à Montparnasse, de Naples à Hollywood, l’existence de Zelda est une fuite en avant éperdue, entre l’Amérique de la prohibition et l’Europe d’après-guerre, où elle courrait après le bonheur. Une quête illusoire: Scott ne croit pas au génie de Zelda. Leurs frasques et leurs escapades extraconjugales montrent assez la fumisterie sur laquelle reposait le couple. Ce qui n’empêcha pas l’auteur de Gatsby de se servir de sa femme comme d’une muse et d’en faire l’héroïne de ses romans, trahissant sa maladie et exploitant sa souffrance, allant même jusqu’à recopier des extraits de ses lettres ou de son journal. La gloire importe davantage que le respect ou la considération, semble-t-il, et vaut bien quelques sacrifices.
Ainsi le sort de Zelda est-il étroitement lié à Scott. C’est peu dire que tous deux brûlèrent la chandelle par les deux bouts. Ce couple exubérant et fantasque a multiplié les excentricités et les excès jusqu’à ce que Scott en meure le premier , d’alcoolisme et de tuberculose, suivi quelques années plus tard par une Zelda schizophrène. Un couple fou et trop passionné, évoquant celui de Diego Rivera et de  Frida Kahlo.
Bénédicte Dessombz est aussi stupéfiante que la Zelda qu’elle incarne. Courant sur scène, bougeant au rythme du jazz, elle s’amuse et nous séduit, nous ravit et nous conquiert. Avec un simple tailleur pantalon déclinable à l’envi et quelques accessoires, la jeune actrice se métamorphose littéralement. Véritable caméléon, elle change de peau avec une facilité déconcertante.Chacun de ses personnages est abouti et convaincant mais elle requiert aussi notre attention à chaque instant : on ne s’ennuie pas une minute durant cette représentation à la mise en scène vraiment très réussie.
Voilà donc un spectacle chargé d’émotion qui sort de l’ordinaire. C’est avec une grande sincérité que l’on lui souhaite bonne chance !

 

 

Barbara Petit

Le 6 mai à 20h30 au Petit Théâtre – Odyssée, à L’Escale, 25 rue de la Gare, Levallois.

 


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