Maison de poupées


Maison de poupées
d’ Henrik Ibsen, traduction et mise en scène de Nils Öhlund.

maison.jpgDe la série de la célèbre pièce d’Ibsen créée en 1879 , et  beaucoup jouée cette saison notamment par Braunschweig et  par Martinelli , cette mise en scène est la dernière à Paris, mais elle avait été créée au Moulin du Roc-Scène nationale de Niort. On ne va pas vous  résumer encore une fois le scénario bien connu de tous. C’est la veille  de Noël : tout le monde est heureux, Nora s’émerveille de la vie et de sa chance d’avoir trois beaux enfants, Torvald, son mari va occuper bientôt la très haute fonction de directeur de banque, et Rank, le médecin et leur meilleur ami, malade  est joyeux, même s’il attend le résultat d’analyses. Il y a bien l’arrivée de Kristine, une ancienne amie de Nora , veuve et pauvre, venue lui demander de l’aide et que Torvald va aussitôt embaucher, après avoir viré Korstad, personnage des plus ambigus, qui a eu des ennuis judiciaires mais  va essayer de faire chanter  Nora- elle  a autrefois fait un faux – pour récupérer son poste à la banque…
Bref, le bonheur des fêtes de Noël va inexorablement imploser et Nora partira, seule, en abandonnant mari, enfants et maison, à la recherche de son identité, bien décidée à bâtir son destin personnel, loin de la famille et de ses inévitables compromissions et petites magouilles en tout genre.
« Il faut aider à transcender les archétypes que chacun des archétypes représentent écrit Nils Ôhlund dont c’est une des premières mises en scène ». Le décor- inspiré de ceux d’un studio de cinéma  est une sorte de salon/ bureau des années cinquante plutôt que soixante comme il le dit. Mobilier en bois et skaï noir, lampadaire en cuivre, moquette marron et meuble radio et disques accroché au mur. Avec dans un coin, un grand sapin en plastique.Le tout baigne dans une lumière crépusculaire. Bref, que de la joie….
Comédien de cinéma surtout- et ceci explique peut-être cela- Nils Öhlund dirige ses camarades plan par plan, et sans qu’il y ait beaucoup d’unité dans sa mise en scène. Fedor Atkine, plus âgé que le personnage de Torvald, s’en sort comme il peut, même s’il surjoue souvent , comme Alexis Danavaras ( Rank) et Bernard Mazzinghi ( Krogstad) mais Olivia Brunaux ( Nora)  semble assez mal à l’aise -comme Emmanuelle Grangé- surtout au début et elle  débite le texte comme ce n’est permis.dans aucune école de théâtre.
Et il faut attendre la grande séance d’explications entre Nora et son mari pour que la pièce commence vraiment à vivre un peu. En bonus,  si l’on peut dire, vous n’échapperez  à quelques morceaux de vidéo croquignolesques sans doute tirés de films d’amateurs pour représenter les enfants du couple que l’on ne verra pas, ou simplement non figuratifs, du genre nuages fuyants. La vidéo encore une fois a donc frappé- c’est vraiment devenu une véritable manie.
Bref et pour faire court, une mise en scène propre sur elle, tristounette  et sans véritable parti pris; les jeunes gens autour de nous  regardaient cela calmement mais sans beaucoup d’intérêt, et ils avaient raison. Alors à voir? Si vraiment vous y tenez vraiment, mais, à cette mise en scène de Maison de poupées- dont le s  final nous échappe, il manque à l’évidence une solide direction d’acteurs  et il faudrait que Nils Öhlund   prenne en charge  à la fois le côté immature de Nora et l’espèce de folie qui  s’empare des personnages. Le grand Ibsen méritait mieux que cette chose un peu ennuyeuse où rien n’est vraiment très convaincant…

 

Philippe du Vignal

Théâtre de l’Athénée jusqu’au 22 mai.


Archive pour 13 mai, 2010

Maison de poupées


Maison de poupées
d’ Henrik Ibsen, traduction et mise en scène de Nils Öhlund.

maison.jpgDe la série de la célèbre pièce d’Ibsen créée en 1879 , et  beaucoup jouée cette saison notamment par Braunschweig et  par Martinelli , cette mise en scène est la dernière à Paris, mais elle avait été créée au Moulin du Roc-Scène nationale de Niort. On ne va pas vous  résumer encore une fois le scénario bien connu de tous. C’est la veille  de Noël : tout le monde est heureux, Nora s’émerveille de la vie et de sa chance d’avoir trois beaux enfants, Torvald, son mari va occuper bientôt la très haute fonction de directeur de banque, et Rank, le médecin et leur meilleur ami, malade  est joyeux, même s’il attend le résultat d’analyses. Il y a bien l’arrivée de Kristine, une ancienne amie de Nora , veuve et pauvre, venue lui demander de l’aide et que Torvald va aussitôt embaucher, après avoir viré Korstad, personnage des plus ambigus, qui a eu des ennuis judiciaires mais  va essayer de faire chanter  Nora- elle  a autrefois fait un faux – pour récupérer son poste à la banque…
Bref, le bonheur des fêtes de Noël va inexorablement imploser et Nora partira, seule, en abandonnant mari, enfants et maison, à la recherche de son identité, bien décidée à bâtir son destin personnel, loin de la famille et de ses inévitables compromissions et petites magouilles en tout genre.
« Il faut aider à transcender les archétypes que chacun des archétypes représentent écrit Nils Ôhlund dont c’est une des premières mises en scène ». Le décor- inspiré de ceux d’un studio de cinéma  est une sorte de salon/ bureau des années cinquante plutôt que soixante comme il le dit. Mobilier en bois et skaï noir, lampadaire en cuivre, moquette marron et meuble radio et disques accroché au mur. Avec dans un coin, un grand sapin en plastique.Le tout baigne dans une lumière crépusculaire. Bref, que de la joie….
Comédien de cinéma surtout- et ceci explique peut-être cela- Nils Öhlund dirige ses camarades plan par plan, et sans qu’il y ait beaucoup d’unité dans sa mise en scène. Fedor Atkine, plus âgé que le personnage de Torvald, s’en sort comme il peut, même s’il surjoue souvent , comme Alexis Danavaras ( Rank) et Bernard Mazzinghi ( Krogstad) mais Olivia Brunaux ( Nora)  semble assez mal à l’aise -comme Emmanuelle Grangé- surtout au début et elle  débite le texte comme ce n’est permis.dans aucune école de théâtre.
Et il faut attendre la grande séance d’explications entre Nora et son mari pour que la pièce commence vraiment à vivre un peu. En bonus,  si l’on peut dire, vous n’échapperez  à quelques morceaux de vidéo croquignolesques sans doute tirés de films d’amateurs pour représenter les enfants du couple que l’on ne verra pas, ou simplement non figuratifs, du genre nuages fuyants. La vidéo encore une fois a donc frappé- c’est vraiment devenu une véritable manie.
Bref et pour faire court, une mise en scène propre sur elle, tristounette  et sans véritable parti pris; les jeunes gens autour de nous  regardaient cela calmement mais sans beaucoup d’intérêt, et ils avaient raison. Alors à voir? Si vraiment vous y tenez vraiment, mais, à cette mise en scène de Maison de poupées- dont le s  final nous échappe, il manque à l’évidence une solide direction d’acteurs  et il faudrait que Nils Öhlund   prenne en charge  à la fois le côté immature de Nora et l’espèce de folie qui  s’empare des personnages. Le grand Ibsen méritait mieux que cette chose un peu ennuyeuse où rien n’est vraiment très convaincant…

 

Philippe du Vignal

Théâtre de l’Athénée jusqu’au 22 mai.

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