Avril 08, conte moderne

Avril 08, conte moderne, écriture et mise en scène de Fabrice Dauby.

         contebis.jpg C’est en effet à une sorte de conte auquel nous convie ce jeune auteur-metteur en scène. Avec trois jeunes hommes qui constituent autant de types de la société contemporaine; il y a le jeune employé de bourse, fasciné par les transactions financières et par l’argent au point de vouloir toujours en gagner davantage pour en donner toujours plus à  sa future jeune épouse et,  ainsi, du moins le croit-il la séduire.Il veut à tout prix fonder sa propre société, une fois  qu’il aura réuni assez de capitaux. Tout en sachant probablement que cela ne le mènera pas à grand chose…
   Mais la dite jeune épouse, qui ne parle pas du tout pendant une une bonne partie de la pièce dont les journées sont pour le moins mystérieuses, se rend souvent dans une cave pour y lire et penser. Elle  a un amant, assez violent,  qui travaillait au sein d’une ONG mais qui va finalement s’engager dans la Légion étrangère et mourra en Afghanistan. Il y a aussi le frère jumeau de cette jeune femme, directeur de la communication dans le groupe de sociétés que dirige son père et qui a une passion presque incestueuse pour sa sœur. Et, passe de temps en temps un homme inquiétant un peu âgé , qui vient voir la jeune femme sans prononcer un mot.
  La pièce est construite sur une suite de monologues de chacun des hommes ; la jeune femme est, la plupart du temps couchée sur un lit  couvert d’une couette rouge vif qui occupe le centre de la scène dans un espace noir où il n’y a que quelques miroirs. Les premières images sont de toute beauté, grâce à la scénographie épurée et fort efficace de Grégoire Faucheux mais le système dramaturgique-un peu faiblard- a du mal à fonctionner, sans doute et surtout parce que l’auteur  qui voudrait témoigner de la violence de son époque ne sait pas trop comment articuler  ce récit qui avance par à-coups un peu répétitifs.        
On a quelque mal à entrer vraiment dans ce conte philosophique qui en a la forme mais pas les couleurs, qui ne dénonce ni ne conteste vraiment dans son écriture la situation angoissante où se trouvent aujourd’hui nombre de jeunes gens. La pièce aurait mérité- et c’est souvent le cas dans les écritures  contemporaines en France- un scénario qui tienne  vraiment la route.
  On nous rétorquera sans doute que ce n’est sûrement pas ce qu’a voulu l’auteur-metteur en scène mais ce conte moderne parait quand même bien long; d’autant plus que les acteurs sont dirigés assez mollement, et dans une pénombre presque permanente ,ce qui n’arrange pas les choses.
  Et revient sans cesse cette lancinante question: on a souvent l’impression que les auteurs actuels se soucient peu de s’adresser  à un public et semblent pratiquer une sorte d’exorcisme qui ne profite qu’à eux-mêmes. Y-a-t-il un seul moment où l’on parle de l’Afghanistan comme d’un problème politique français? Alors que l’un des personnages va y laisser sa peau…
  Vous n’avez rien compris une fois de plus , du Vignal:  ce n’est pas du tout le propos.! Mais avouons-le, malgré de belles images, cette invitation « à venir écouter, éprouver, expérimenter ce que la vie a d’incertain, de sensible, de singulier », dit  Fabrice Dauby, ne nous a guère touché. Peut-être aurez-vous plus de chance…
Il nous semble que le théâtre peut dire des choses plus fortes et plus vraies à un moment où beaucoup de choses se dérèglent  dans la société française!

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre de la Tempête,
Cartoucherie de Vincennes jusqu’au 6 juin. T: 01-43-28-36-36
 
   

 


Archive pour 16 mai, 2010

Avril 08, conte moderne

Avril 08, conte moderne, écriture et mise en scène de Fabrice Dauby.

         contebis.jpg C’est en effet à une sorte de conte auquel nous convie ce jeune auteur-metteur en scène. Avec trois jeunes hommes qui constituent autant de types de la société contemporaine; il y a le jeune employé de bourse, fasciné par les transactions financières et par l’argent au point de vouloir toujours en gagner davantage pour en donner toujours plus à  sa future jeune épouse et,  ainsi, du moins le croit-il la séduire.Il veut à tout prix fonder sa propre société, une fois  qu’il aura réuni assez de capitaux. Tout en sachant probablement que cela ne le mènera pas à grand chose…
   Mais la dite jeune épouse, qui ne parle pas du tout pendant une une bonne partie de la pièce dont les journées sont pour le moins mystérieuses, se rend souvent dans une cave pour y lire et penser. Elle  a un amant, assez violent,  qui travaillait au sein d’une ONG mais qui va finalement s’engager dans la Légion étrangère et mourra en Afghanistan. Il y a aussi le frère jumeau de cette jeune femme, directeur de la communication dans le groupe de sociétés que dirige son père et qui a une passion presque incestueuse pour sa sœur. Et, passe de temps en temps un homme inquiétant un peu âgé , qui vient voir la jeune femme sans prononcer un mot.
  La pièce est construite sur une suite de monologues de chacun des hommes ; la jeune femme est, la plupart du temps couchée sur un lit  couvert d’une couette rouge vif qui occupe le centre de la scène dans un espace noir où il n’y a que quelques miroirs. Les premières images sont de toute beauté, grâce à la scénographie épurée et fort efficace de Grégoire Faucheux mais le système dramaturgique-un peu faiblard- a du mal à fonctionner, sans doute et surtout parce que l’auteur  qui voudrait témoigner de la violence de son époque ne sait pas trop comment articuler  ce récit qui avance par à-coups un peu répétitifs.        
On a quelque mal à entrer vraiment dans ce conte philosophique qui en a la forme mais pas les couleurs, qui ne dénonce ni ne conteste vraiment dans son écriture la situation angoissante où se trouvent aujourd’hui nombre de jeunes gens. La pièce aurait mérité- et c’est souvent le cas dans les écritures  contemporaines en France- un scénario qui tienne  vraiment la route.
  On nous rétorquera sans doute que ce n’est sûrement pas ce qu’a voulu l’auteur-metteur en scène mais ce conte moderne parait quand même bien long; d’autant plus que les acteurs sont dirigés assez mollement, et dans une pénombre presque permanente ,ce qui n’arrange pas les choses.
  Et revient sans cesse cette lancinante question: on a souvent l’impression que les auteurs actuels se soucient peu de s’adresser  à un public et semblent pratiquer une sorte d’exorcisme qui ne profite qu’à eux-mêmes. Y-a-t-il un seul moment où l’on parle de l’Afghanistan comme d’un problème politique français? Alors que l’un des personnages va y laisser sa peau…
  Vous n’avez rien compris une fois de plus , du Vignal:  ce n’est pas du tout le propos.! Mais avouons-le, malgré de belles images, cette invitation « à venir écouter, éprouver, expérimenter ce que la vie a d’incertain, de sensible, de singulier », dit  Fabrice Dauby, ne nous a guère touché. Peut-être aurez-vous plus de chance…
Il nous semble que le théâtre peut dire des choses plus fortes et plus vraies à un moment où beaucoup de choses se dérèglent  dans la société française!

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre de la Tempête,
Cartoucherie de Vincennes jusqu’au 6 juin. T: 01-43-28-36-36
 
   

 

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