La vraie fiancée


La vraie fiancée d’après les Frère Grimm, texte , mise en scène et lumières  d’Olivier Py. 

      grimm.jpgOlivier Py reprend cette Vraie Fiancée qui avait connu un beau succès en décembre 2008. Il s’agit d’une sorte de relecture d’un des contes de Grimm avec un scénario et des personnages pourtant différents.
Une jeune fille discute avec un aimable jardinier d’autrefois, comme on en voit dans les  livres pour enfants: tablier bleu, grand nez et grosses lunettes, et arrosoir en métal à la main…. Son père,  veuf, s’est remarié avec une horrible femme qui lui préfère une grande poupée  de cire qu’elle emmène partout avec elle. Et elle va exiger de la jeune fille qu’elle accepte de lui faire coudre trois robes dans la nuit avec, comme aiguille,  une épine de rosier et , comme étoffe, des feuilles mortes. Puis de vider un lac dans la nuit avec une cuiller percée et  enfin de creuser un trou jusqu’au centre de la terre pour en rapporter une tonne d’or. Sinon,  à chaque fois, elle sera très durement battue. Mais il y a un bon ange par ailleurs accordéoniste, qui  réalisera par magie et à sa place ces travaux impossibles.
Avec tout cet or récolté, la marâtre, très perverse, veut construire un palais pour la poupée de cire et elle fait croire à son mari que sa fille veut la tuer, et elle persuade la jeune fille que son père vient de mourir. La jeune fille se réfugiera dans une forêt proche pour échapper à sa méchante belle-mère  où elle rencontrera un beau Pricne à qui elle fait promettre de ne pas l’oublier. mais la marâtre donne une eau d’oubli au prince pour qu’il tombe amoureux de la poupée de cire. Mais la jeune fielle voit bien en se rendant au château du Prince qu’il a bien oubliée. Elle rencontre des comédiens mais elle doit encore subir l’épreuve de la prison  sur ordre de la marâtre, prison où elle retrouve les comédiens…
Et elle va jouer avec eux son propre rôle et, miracle, le Prince acceptera de jouer aussi le sien. Le père de la jeune fille s’aperçoit enfin  des noirs desseins de sa nouvelle épouse , et le Prince et la jeune fille pourront enfin se marier…   On retrouve dans le beau texte d’ Olivier Py les éléments traditionnels du conte tels que les a brillamment analysés Bruno Bettelheim.A la fois, un personnage tout à fait  odieux , et d’autres  bienfaisants comme ce jardinier doux et proche de la nature ou cet ange délicieux qui ne veut que le bonheur de la jeune fille. Olivier Py a ajouté le personnage du père,  et l’autre fiancée du conte des Frères Grimm devient  une   poupée de cire, et  il y a également un grand acteur, chef de troupe.. Bien entendu, le personnage de la jeune fille/ victime de la méchanceté humaine dans un premier temps,  rappelle ceux de Peau d’Ane,de Blanche-Neige ou de Cendrillon.
Mais Olivier Py a ajouté deux scènes avec des comédiens- théâtre dans le théâtre- dont l’une  proche  de celle de l’acte II  d’Hamlet. Et il se livre avec beaucoup d’humour et de férocité à des considérations très actuelles sur le théâtre public:  » Populaire, moral, poétique, on n’avait pas vu cela depuis des siècles , et je serais obligé de faire du théâtre d’Etat, je préfère alors retourner en prison » s’écrie le Grand Comédien.
Le spectacle doit beaucoup à la scénographie  et aux costumes  intelligents et des plus inventifs dûs à Pierre-André Weitz qui a construit des cadres de centaines de petites ampoules qui n’est pas sans rappeler celui des Clowns d’Ariane Mnouchkine ( mais ce doit être le Moyen-Age pour beaucoup de nos lecteurs!). Il y a là un beau travail d’électriciens, puisque la lumière -signée Olivier Py et Bertrand Killy-est à géomètrie variable selon les scènes; cerise sur le gâteau: il y un seule ampoule rouge sur les centaines que l’on change chaque jour de place, uniquement bien sûr pour la beauté du geste. Comme  d’habitude , la mise en scène de  Py  est très soignée et chacun des comédiens/et ou musiciens(Céline Chérenne, Samuel Churin, Florent Galiier, Sylvie Magand, Thomas Matalou, Antoine Philippot et Benjamin Ritter) est excellent, comme la musique de Stéphane Leach sait être à la fois joyeuse et mélancolique, on ne boude pas son plaisir à ce spectacle qui peut être vu à plusieurs niveaux, celui des enfants comme celui de  leurs parents ou grand-parents…  Il y a bien quelques baisses de rythme dans la seconde partie et certains moments ne sont pas toujours d’une clarté absolue mais Olivier Py a le grand mérite d’avoir conçu et réalisé cette Vraie Fiancée , »spectacle pour tous », avec un soin et une exigence de qualité tout à fait remarquable. Et les enfants, même s’ils ne le perçoivent pas immédiatement peut-être, voient bien, comme l’écrit Daniel Loyaza,  qu’au travers  de  » ce conte à la gravité légère, on  a pris au sérieux « leur force et respecter leur volonté de savoir et de grandir ».
C’est finalement une bonne dose d’intelligence et de raffinement qu’offre , chaque soir  au public,  Olivier Py et ses comédiens. Et, dans une époque difficile et souvent injuste, un spectacle comme celui-là,  cela n’a pas de prix…

Philippe du Vignal

Ateliers Berthier de l’Odéon-Théâtre de l’Europe, spectacle pour tous à partir de sept ans. Dimanche 6 juin,  rencontre avec l’équipe artistique après la représentation. Jusqu’au  11 juin.


Archive pour 19 mai, 2010

La vraie fiancée


La vraie fiancée d’après les Frère Grimm, texte , mise en scène et lumières  d’Olivier Py. 

      grimm.jpgOlivier Py reprend cette Vraie Fiancée qui avait connu un beau succès en décembre 2008. Il s’agit d’une sorte de relecture d’un des contes de Grimm avec un scénario et des personnages pourtant différents.
Une jeune fille discute avec un aimable jardinier d’autrefois, comme on en voit dans les  livres pour enfants: tablier bleu, grand nez et grosses lunettes, et arrosoir en métal à la main…. Son père,  veuf, s’est remarié avec une horrible femme qui lui préfère une grande poupée  de cire qu’elle emmène partout avec elle. Et elle va exiger de la jeune fille qu’elle accepte de lui faire coudre trois robes dans la nuit avec, comme aiguille,  une épine de rosier et , comme étoffe, des feuilles mortes. Puis de vider un lac dans la nuit avec une cuiller percée et  enfin de creuser un trou jusqu’au centre de la terre pour en rapporter une tonne d’or. Sinon,  à chaque fois, elle sera très durement battue. Mais il y a un bon ange par ailleurs accordéoniste, qui  réalisera par magie et à sa place ces travaux impossibles.
Avec tout cet or récolté, la marâtre, très perverse, veut construire un palais pour la poupée de cire et elle fait croire à son mari que sa fille veut la tuer, et elle persuade la jeune fille que son père vient de mourir. La jeune fille se réfugiera dans une forêt proche pour échapper à sa méchante belle-mère  où elle rencontrera un beau Pricne à qui elle fait promettre de ne pas l’oublier. mais la marâtre donne une eau d’oubli au prince pour qu’il tombe amoureux de la poupée de cire. Mais la jeune fielle voit bien en se rendant au château du Prince qu’il a bien oubliée. Elle rencontre des comédiens mais elle doit encore subir l’épreuve de la prison  sur ordre de la marâtre, prison où elle retrouve les comédiens…
Et elle va jouer avec eux son propre rôle et, miracle, le Prince acceptera de jouer aussi le sien. Le père de la jeune fille s’aperçoit enfin  des noirs desseins de sa nouvelle épouse , et le Prince et la jeune fille pourront enfin se marier…   On retrouve dans le beau texte d’ Olivier Py les éléments traditionnels du conte tels que les a brillamment analysés Bruno Bettelheim.A la fois, un personnage tout à fait  odieux , et d’autres  bienfaisants comme ce jardinier doux et proche de la nature ou cet ange délicieux qui ne veut que le bonheur de la jeune fille. Olivier Py a ajouté le personnage du père,  et l’autre fiancée du conte des Frères Grimm devient  une   poupée de cire, et  il y a également un grand acteur, chef de troupe.. Bien entendu, le personnage de la jeune fille/ victime de la méchanceté humaine dans un premier temps,  rappelle ceux de Peau d’Ane,de Blanche-Neige ou de Cendrillon.
Mais Olivier Py a ajouté deux scènes avec des comédiens- théâtre dans le théâtre- dont l’une  proche  de celle de l’acte II  d’Hamlet. Et il se livre avec beaucoup d’humour et de férocité à des considérations très actuelles sur le théâtre public:  » Populaire, moral, poétique, on n’avait pas vu cela depuis des siècles , et je serais obligé de faire du théâtre d’Etat, je préfère alors retourner en prison » s’écrie le Grand Comédien.
Le spectacle doit beaucoup à la scénographie  et aux costumes  intelligents et des plus inventifs dûs à Pierre-André Weitz qui a construit des cadres de centaines de petites ampoules qui n’est pas sans rappeler celui des Clowns d’Ariane Mnouchkine ( mais ce doit être le Moyen-Age pour beaucoup de nos lecteurs!). Il y a là un beau travail d’électriciens, puisque la lumière -signée Olivier Py et Bertrand Killy-est à géomètrie variable selon les scènes; cerise sur le gâteau: il y un seule ampoule rouge sur les centaines que l’on change chaque jour de place, uniquement bien sûr pour la beauté du geste. Comme  d’habitude , la mise en scène de  Py  est très soignée et chacun des comédiens/et ou musiciens(Céline Chérenne, Samuel Churin, Florent Galiier, Sylvie Magand, Thomas Matalou, Antoine Philippot et Benjamin Ritter) est excellent, comme la musique de Stéphane Leach sait être à la fois joyeuse et mélancolique, on ne boude pas son plaisir à ce spectacle qui peut être vu à plusieurs niveaux, celui des enfants comme celui de  leurs parents ou grand-parents…  Il y a bien quelques baisses de rythme dans la seconde partie et certains moments ne sont pas toujours d’une clarté absolue mais Olivier Py a le grand mérite d’avoir conçu et réalisé cette Vraie Fiancée , »spectacle pour tous », avec un soin et une exigence de qualité tout à fait remarquable. Et les enfants, même s’ils ne le perçoivent pas immédiatement peut-être, voient bien, comme l’écrit Daniel Loyaza,  qu’au travers  de  » ce conte à la gravité légère, on  a pris au sérieux « leur force et respecter leur volonté de savoir et de grandir ».
C’est finalement une bonne dose d’intelligence et de raffinement qu’offre , chaque soir  au public,  Olivier Py et ses comédiens. Et, dans une époque difficile et souvent injuste, un spectacle comme celui-là,  cela n’a pas de prix…

Philippe du Vignal

Ateliers Berthier de l’Odéon-Théâtre de l’Europe, spectacle pour tous à partir de sept ans. Dimanche 6 juin,  rencontre avec l’équipe artistique après la représentation. Jusqu’au  11 juin.

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