Sous les visages

 Sous les visages , scénario, dramaturgie et textes de Julie Bérès, Elsa Dourdet, Nicolas Richard, David Wahl, mise en scène de Julie Bérès.

  capturedcran20100528150702.jpgJulie Bérès, on la connaît depuis presque dix ans quand elle avait créé Poudre son premier spectacle où l’on sentait déjà l’influence de la peinture, du grand Tadeusz Kantor et, disons pour faire vite, de ce que l’on appelle le théâtre d’images: Wilson, Foreman, Monk.
C’est dire que le texte chez Julie Bérès n’est pas l’essentiel, et qu’il n’y a pas véritablement d’histoire , puisque le sens naît davantage de ce coll
age d’images  visuelles qui se fondent, se déplacent pour revenir parfois, avec l’aide d’une bande musicale et sonore extrêmement élaborée ( ici signée David Segalen et Frédéric Gastard). Sous les visages, qui a déjà beaucoup tourné en région,  n’avait pas eu jusque là  le bonheur d’arriver jusqu’à Paris.
   Il y a bien un personnage au centre du spectacle, construit, dit la metteuse en scène, à partir d’entretiens avec des médecins gérontologues et des pensionnaires de maisons de retraite. Ce matériau a servi à imaginer l’histoire d’ une jeune femme victime d’un licenciement mais il n’y a pas de véritable  scénario: c’est à prendre ou à laisser; ce sont plutôt des collages d’images  à tendance surréaliste qui se succèdent pendant  soixante dix minutes,mais l’ on peut entendre des bribes de phrase bateau ou absurdes du genre:  » les conditions de travail dans votre entreprise »,  » tu as accepté l’évaluation des performances », » le dévouement et le sacrifice des hommes », la mollesse qui te tiendra chaud quand tu seras seule », « retrouvons nous à 18 heures autour du buffet de spécialités de la région préparées par Martine. »..
  Il y a sept comédiens, tous absolument remarquables à animer ces images: l’on voit ainsi une jeune femme arroser au pulvérisateur des bras, des pieds, voire un cul  qui grandissent rapidement de terre, un banquet où une nappe , où est déjà installé le couvert,  se déroule  d’une grosse malle: les invités profèrent- pas toujours très bien- des phrases très mondaines du genre:  « alors la Roumanie, racontez-nous la Roumanie », pendant que des floppées de terreau tombent des cintres sur les invités et le maîtres d’hôtel qui restent tous imperturbables,( mais l’image a déjà beaucoup servi!),  un cercueil d’où sort un homme, puis une femme: image qui rappelle celle des ressuscités du jugement dernier sur le tympan de la cathédrale de Conques.
 Il y a aussi l’apparition soudaine  par deux fois d’un gros nounours, ou ce très beau duo chorégraphié à l’horizontale. C’est parfois aussi odieux que burlesque et Julie Bérès sait très bien manier un certain cynisme dans le rapport qu’elle crée entre ces bribes de phrase et les images qui apparaissent ainsi comme dans un mauvais rêve.
  La mise en scène est  d’une rigueur et d’une précision irréprochable, comme chez Bob Wilson, ou Philippe Genty, et le plus souvent d’une belle imagination plastique; il y a nombre de références à la peinture surréaliste comme à la sculpture romane, ce qui ne nuit pas au propos de Julie Bérès, bien au contraire. La fin du spectacle avec ces planches du praticable incliné que les personnages soulèvent, est plus conventionnelle et souvent vue mais bon…
  Le spectacle possède d’ indéniables qualités scéniques et sonores, malgré une dramaturgie que Julie Bérès voudrait « poétique et sensible  » mais qui montre très vite ses limites. On a un peu de mal à trouver dans Sous les Visages une ligne directrice qui s’impose vraiment.
   Alors à voir? Oui, si vous voulez découvrir une créatrice qui a su développer un imaginaire et,  encore une fois, cousu main- ce qui n’est pas si fréquent et qui donne une grande qualité aux images proposées … Mais il serait sans doute bien que Julie Bérès explore maintenant d’autres voies sinon elle courra vite le risque de se répéter .

Philippe du Vignal

Théâtre des Abbesses jusqu’au 5 juin.
 

 
 


Archive pour 28 mai, 2010

Saison 2010 2011 Au Théâtre National de Chaillot

Saison 2010 2011 Au Théâtre  National de Chaillot – Une saison très « danse »

 photo.jpg Ce soir du 25 mai Dominique Hervieu et José Montalvo, les deux  directeurs du théâtre National de Chaillot, ont présenté au public leur future saison très orientée sur la danse, avec un thème particulier traitant de la mixité entre la tradition et la modernité. Ce qui permet des associations artistiques multiples.
Dans l’art chorégraphique, plusieurs personnalités marquantes de la scène contemporaine sont au rendez vous.  
Philippe Decouflé présent ce soir là, parle de sa création composée de pièces courtes, comme  Merce Cunningham ou Georges Balanchine, pouvaient le concevoir.
Angelin Prejlocaj qui a triomphé l’année dernière dans ce même théâtre avec « Blanche Neige », va travailler, pour un nouveau spectacle avec un plasticien Subodh Gupta, un musicien reconnu Laurent Garnier pionnier de la musique électronique, un styliste russe Igor Chapurin et dix danseurs du Bolchoï.
La nouvelle garde belge de la danse, délaisse le théâtre de la ville pour la colline de Chaillot.
Alain Platel donne un spectacle crée pour le festival d’Avignon cet été et Jan Fabre est présent avec un triptyque pour son comédien fétiche Dirk Roofhooft, plus théâtral que dansé. Des grands ballets composés de nombreux danseurs vont être présent dans la salle Jean Vilar, avec Thierry Malandain et le ballet de Biarritz composé de 20 danseurs, autour de Tchaïkovski et Joëlle Bouvier avec les 22 danseurs du Ballet du Grand théâtre de Genève pour  « Roméo et Juliette » de Prokofiev.
Avec une perspective de faire rencontrer le public et les professionnels, six bals sont prévus, ainsi que des rencontres plus spécifiques autour des œuvres de la saison .
Enfin Dominique Hervieu a  présenté avec José Montalvo son 3eme volet autour de l’œuvre de George Gershwin et a souligné l’étroite collaboration entre le théâtre de Chaillot et le centre National de la danse…
La programmation «  théâtre », ouvre la saison en septembre avec la trilogie de Wajdi Mouawad, ensuite le public va découvrir un metteur en scène de talent et très «  à la mode » Alvis Hernanis qui vient de Lituanie, enfin Denis Podalydès reprend son succès de l’an passé « Le Cas Jekyll ».
Nous pouvons signaler trois temps forts autour du Hip Hop, du Flamenco et de la création contemporaine plurielle avec Anticodes.
 La billetterie  va afficher vite complet, pour l’association de Bartabas et ses chevaux avec un maitre du Buto Ko Morobushi .
Cette énumération n’est pas exhaustive, elle témoigne du fort courant de danse qui envahit et pour longtemps les gradins de ce théâtre National,  même si les directeurs sont amenés à changer.
Signalons que cette présentation a été traduite en langue des signes tout le long de la soirée, une autre forme de chorégraphie du corps. 

Jean Couturier

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...