Folies coloniales Algérie, années trente

Folies coloniales Algérie, années trente par la compagnie Passeurs de mémoires, mise en scène par Dominique Lurcel

 

foliescolonialesalger1930theatrefichespectacleune.jpgAh, le passé colonial de la France ! Il y a ceux qui disent que « c’était la culture qui voulait ça et que nous, on ne peut pas comprendre », d’autres qui continueraient à flageller leurs ancêtres et eux-mêmes pour des exactions commises avant leur propre naissance… Bref, les conflits autour de cette mémoire sont présents, et le théâtre est tout à fait à même dans faire son miel.

Ici, il est question de l’Algérie, non pas de la décolonisation, mais de L’Algérie Française vue par les hommes politiques et les intellectuels français entre 1830 et juste avant les premiers heurts de la décennie 1950. Une double singularité donc qui consiste à relater une période plutôt méconnue, et depuis des points de vue que nous connaissons pas ou peu, en définitive. Le traitement se veut convivial, comme pour alléger le poids de l’Histoire a priori, la scénographie s’apparente à un cabaret qu’on aurait posé sur le plateau du théâtre. Si le choix des textes est intéressant et que nombre de discussions sont  éclairantes sur une période, une fois encore plutôt méconnue, il demeure un didactisme que la mise en scène et le jeu un tantinet caricatural n’arrivent à retirer. C’est que cette douce folie ne va pas assez loin : ce n’est pas un vrai cabaret (le quatrième mur, celui qui sépare le public des artistes n’est presque jamais transgressé), les comédiens ne versent pas suffisamment dans l’outrance, la parodie ou la charge.
On voit bien des tentatives en ce sens, mais elles ne sont pas placées à un juste niveau ou arrêtées trop tôt. Si bien qu’un effet d’accumulation  et donc la fatigue se font sentir. Il est vrai que tous les acteurs de cette  période, ont pendant plus d’un siècle, rabâché la même chose, mais est-il avisé de nous le montrer en utilisant uniquement l’effet d’accumulation ? Bref, un spectacle fondé sur une  bonne idée,  mais  dont la mise en scène n’est pas convaincante, malgré toute l’énergie de comédiens talentueux.

Jérôme Robert

 L’Apostrophe, Cergy-Pontoise

 


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