Le Silence de Jason
Le Silence de Jason de David Léon mise en scène par Cécile Fraisse
La compagnie Nagananda portée par la metteure en scène Cécile Fraisse nous avait précédemment enthousiasmé avec A tous ceux qui de Nöelle Renaude.
Cette fois, la compagnie monte un texte original pour le jeune public signé David Léon, qui comme il se doit quand cela est réussi, est en réalité une pièce qui peut intéresser aussi les parents.
Servie par quatre comédiennes et comédiens des plus talentueux qui sont au générique de toutes les pièces de la compagnie, il est question d’un voyage initiatique au sein d’un « territoire enterré » proposé à des enfants pour les sevrer des manques ou d’addictions qui les taraudent dans le monde réel. Bref, le propos politique anticonsumériste – même s’il n’est jamais abordé de front – est suggéré avec une grande habileté, et de façon courageuse, compte-tenu de l’âge moyen de l’assistance.
Cette pièce évite les affres du didactisme et du moralisme à bon compte, en dépeignant des personnages allégoriques qui, en se rencontrant, permettent en toute légèreté, de croiser des thématiques assez complexes, éloquentes pour les plus jeunes d’entre nous. L’histoire se déroule dans un univers aux contours et aux formes à peine suggérées par une scénographie épurée, et des lumières qui découpent tout à la fois l’espace et le temps – en permettant de savantes ellipses.
« Attention talent! », serions-nous tentés de scander si ce type de slogan n’apparaissait pas comme trop publicitaire.
Jérôme Robert
Au Figuier Blanc à Argenteuil
