Entre ciel et chair

Entre ciel et chair, mise en scène de Clara Ballatore d’après Une passion – Entre ciel et chair de Christiane Singer.

laine1.jpgParis, Île-Saint-Louis, XIIe siècle. Héloïse, une jeune élève brillante de dix-huit ans, rencontre son précepteur, Abélard, un philosophe réputé. Ils se reconnaissent instantanément et s’éprennent l’un de l’autre. Leur passion est aussi intense que fulgurante.
Mais Héloïse tombe enceinte, et les amants décident de se marier secrètement. Malheureusement, il ne leur sera plus permis de se voir : plein de rage et de haine, Fulbert, l’oncle et tuteur d’Héloïse, décide de faire châtrer Abélard. Et tandis que lui voit sa carrière ecclésiastique ruinée à jamais,  elle doit se retirer au couvent et prendre le voile. Cette histoire d’amour contrarié et tragique n’aurait peut-être pas autant marqué les esprits sans la cruauté démesurée de la punition, ni sans la correspondance des deux amants qui l’a définitivement ancrée dans la littérature.
Il y a quelques années, c’est Christiane Singer, écrivain dont l’œuvre est baignée de spiritualité, qui donnait la parole à l’Héloïse au soir de sa vie. La mise en scène de Clara Ballatore restitue l’austérité toute monacale autour de l’Abbesse du Paraclet : point de décor hormis deux chaises. En simple robe de bure blanche, Héloïse se confesse et sa voix trouve un écho auprès du contrebassiste. Amante abandonnée par un homme qui se retira et se réduisit au silence, elle fait retour sur son existence, aujourd’hui où elle est enfin soulagée par l’abnégation.
Héloïse est celle dont le désir de jouissance, si atypique pour une femme bercée par la scolastique, n’était en fait que le symptôme de son amour de Dieu. Une femme exceptionnelle dont le talent et l’érudition trouvèrent leur source dans la sensualité. Si le texte est magnifique, il n’est toutefois peut-être pas assez vivace et suffisamment adapté à la scène pour maintenir le public  en haleine durant une heure quinze. Christelle Willemez, qui campe une bien belle Héloïse, surjoue un peu son personnage. Un hommage sincère à l’alliance du sacré et de l’érotisme, pour le meilleur et surtout, pour le pire.

 

Barbara Petit

Théâtre Aire Falguière, jusqu’au 1 er juin.

 


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