GRAND PRIX DE LITTERATURE DRAMATIQUE 2010

GRAND PRIX DE LITTERATURE DRAMATIQUE 2010  

Gérard Watkins a obtenu le 10 Juin dernier le Grand Prix de Littérature Dramatique, décerné par un jury d’auteurs, à l’initiative du Ministère de la Culture et de la Communication et sous la houlette d’ANETH ( Aux Nouvelles Ecritures Théâtrales), pour son texte publié à la toute jeune maison d’ édition » Voix Navigables ».
Après quelques textes foisonnants et passionnants ( La Capitale Secrète, Dans la Forêt Lointaine. entre autres..) Gérard Watkins, que l’on connaît aussi comme acteur chez les plus grands, donne la mesure de son engagement dans le monde d’aujourd’hui, avec  » Identité », une pièce énigmatique, drôle et terrible à la fois.
Un couple, André et Marion Klein, un couple à bout d’argent et de désir, qui ne possède plus que deux bouteilles fauchées dans un fête, une boîte de thon et un portable en fin de forfait, un couple dont on comprend que chacun porte une histoire lourde qui ne s’efface pas, finit de se désintégrer, miné par une question posée par un jeu auquel André répond et qui leur fait miroiter de l’argent, une question qu’on dirait inventée par le Ministère de L’Identité Nationale: »Vos parents sont-ils vraiment vos parents? ». Une question pour voir si on est éligible , si on peut participer à un test pour gagner de l’argent.
Cette question réveille chez Marion d’étranges réminiscences qui la précipitent à la bibliothèque où elle découvre que le 18 octobre 1940 on lisait dans le journal officiel: « Est regardé comme juif, pour l’application de la présente loi, toute personne issue de trois grands parents de race juive ou de deux grands-parents si son conjoint lui même est juif ». Et les parents? Oubliés!
Ils reçoivent les tests, pour 6 personnes, eux deux et leurs parents, 6 enveloppes dans lesquelles ils doivent glisser des ongles coupés, des cheveux, des mégots, des tâches de sang, de sperme etc… Iront-ils voir leurs parents? Sauront-ils qui ils sont?
Les jours passent, André n’est plus sûr de pouvoir répondre aux tests, Marion qui fait la grève de la faim se perd de plus en plus dans ses réflexions métaphysiques. A chacun son cocon, à chacun ses hallucinations, à chacun ses parents dont ils parlent enfin: André et son père malade qui a toujours eu peur de lui, Marion et ses parents qui s’aiment trop.
« Je vais partir, je ne sais pas qui tu es » dit André. « J’étais amoureuse d’André Klein et j’étais très heureuse pendant un temps » dit Marion, en écho à la Mary Tyrone du »Long voyage vers la nuit » d’Eugene O’Neill.Une écriture d’une grande économie mais seulement en apparence tant elle est chargée de passé, de références, de colères. Des dialogues qui nous entraînent du côté du théâtre de l’absurde mais un absurde d’aujourd’hui où se glissent soudain Tarzan, Lady Di ou Coluche . Une parole qui se lâche parfois lorsqu’André puis Marion sont seuls avec leur passé.
Une pièce intime et politique, révoltée contre le sort fait aux hommes, contre la bêtise criminelle des lois, contre le mépris. Ecrite en 2008, elle a été mise en scène par Gérard Watkins, à la Comète 347 à Paris ( voir le Théâtre du Blog). Elle tournera la saison prochaine et sera donnée au Théâtre de la Bastille.

 

Françoise du Chaxel

 

 


Archive pour 16 juin, 2010

GRAND PRIX DE LITTERATURE DRAMATIQUE 2010

GRAND PRIX DE LITTERATURE DRAMATIQUE 2010  

Gérard Watkins a obtenu le 10 Juin dernier le Grand Prix de Littérature Dramatique, décerné par un jury d’auteurs, à l’initiative du Ministère de la Culture et de la Communication et sous la houlette d’ANETH ( Aux Nouvelles Ecritures Théâtrales), pour son texte publié à la toute jeune maison d’ édition » Voix Navigables ».
Après quelques textes foisonnants et passionnants ( La Capitale Secrète, Dans la Forêt Lointaine. entre autres..) Gérard Watkins, que l’on connaît aussi comme acteur chez les plus grands, donne la mesure de son engagement dans le monde d’aujourd’hui, avec  » Identité », une pièce énigmatique, drôle et terrible à la fois.
Un couple, André et Marion Klein, un couple à bout d’argent et de désir, qui ne possède plus que deux bouteilles fauchées dans un fête, une boîte de thon et un portable en fin de forfait, un couple dont on comprend que chacun porte une histoire lourde qui ne s’efface pas, finit de se désintégrer, miné par une question posée par un jeu auquel André répond et qui leur fait miroiter de l’argent, une question qu’on dirait inventée par le Ministère de L’Identité Nationale: »Vos parents sont-ils vraiment vos parents? ». Une question pour voir si on est éligible , si on peut participer à un test pour gagner de l’argent.
Cette question réveille chez Marion d’étranges réminiscences qui la précipitent à la bibliothèque où elle découvre que le 18 octobre 1940 on lisait dans le journal officiel: « Est regardé comme juif, pour l’application de la présente loi, toute personne issue de trois grands parents de race juive ou de deux grands-parents si son conjoint lui même est juif ». Et les parents? Oubliés!
Ils reçoivent les tests, pour 6 personnes, eux deux et leurs parents, 6 enveloppes dans lesquelles ils doivent glisser des ongles coupés, des cheveux, des mégots, des tâches de sang, de sperme etc… Iront-ils voir leurs parents? Sauront-ils qui ils sont?
Les jours passent, André n’est plus sûr de pouvoir répondre aux tests, Marion qui fait la grève de la faim se perd de plus en plus dans ses réflexions métaphysiques. A chacun son cocon, à chacun ses hallucinations, à chacun ses parents dont ils parlent enfin: André et son père malade qui a toujours eu peur de lui, Marion et ses parents qui s’aiment trop.
« Je vais partir, je ne sais pas qui tu es » dit André. « J’étais amoureuse d’André Klein et j’étais très heureuse pendant un temps » dit Marion, en écho à la Mary Tyrone du »Long voyage vers la nuit » d’Eugene O’Neill.Une écriture d’une grande économie mais seulement en apparence tant elle est chargée de passé, de références, de colères. Des dialogues qui nous entraînent du côté du théâtre de l’absurde mais un absurde d’aujourd’hui où se glissent soudain Tarzan, Lady Di ou Coluche . Une parole qui se lâche parfois lorsqu’André puis Marion sont seuls avec leur passé.
Une pièce intime et politique, révoltée contre le sort fait aux hommes, contre la bêtise criminelle des lois, contre le mépris. Ecrite en 2008, elle a été mise en scène par Gérard Watkins, à la Comète 347 à Paris ( voir le Théâtre du Blog). Elle tournera la saison prochaine et sera donnée au Théâtre de la Bastille.

 

Françoise du Chaxel

 

 

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