Conservatoire;journées de juin: classe de Sandy Ouvrier:Platonov de Tchekov.

Conservatoire; Journées de juin, classe de Sandy Ouvrier : Platonov de Tchekov.

 

   consso.jpg Sandy Ouvrier a encore frappé; nous vous avions dit l’an passé à la même époque tout le bien que l’on pouvait penser de son travail pédagogique. Mais cette fois-ci, avec ces scènes de Platonov, elle a encore fait très fort. Et l’on entend, comme rarement, le fameux texte que Tchekov écrivit à vingt ans.
  La pièce , redécouverte vint ans après sa mort,  préfigure déjà les grands chefs-d’œuvre que ce soit Ivanov surtout, mais aussi la Cerisaie déjà. Défigurée par Pol Quentin, quand Vilar l’avait monté (on n’y comprenait rien), elle a depuis été souvent mise en scène en particulier par Georges Lavaudant,  puis par  Eric Lacascade avec beaucoup de bonheur.
  C’est l’histoire d’un jeune instituteur, ami d’une jeune veuve. Déjà engagé socialement, puisque marié et père d’un enfant, Platonov, malheureusement, ne boit pas que de l’eau et ce perdant qui a mal à sa vie, et qui perd son temps, semble cependant fasciner les femmes qui s’attachent vite à lui. Mais il se conduit de façon irresponsable, à la fois charmant  et inetlligent mais souvent odieux et cynique, et surtout incapable d’aimer vraiment quelqu’un.
   Comme si la vie était trop lourde, il semble déjà avoir renoncé au bonheur et éprouve un certain plaisir masochiste à se laisser posséder, quitte à tout faire pour ensuite se faire pardonner, quand il réalise lucidement tout le gâchis provoqué. autour de lui, chez ses amoureuses et dans sa famille. « Je ne voulais de mal à personne et j’en fais à tout le monde ». Et  les phrases courtes, dans la belle traduction de Françoise Morvan et André Marcovicz tapent sec:  » Ce que je veux, ce n’est pas la vie devant moi mais c’est la vie maintenant » . « Les bons amis, c’est bien, les bons comptes,  c’est mieux ». « Que nous reste-t-il à faire aujourd’hui? Enterrer les morts et réparer les vivants ».   . Comme le dit justement Eric Lacascade, c’est une pièce d’humanité, qui nous incite à chercher le vivant et  à exalter le vivant à travers l’acteur.
   C’est ce qu’a  vite compris Sandy Ouvrier  qui a bien choisi, et la pièce dont les personnages (comme son auteur) ont à peu près l’âge des élèves, et les scènes, mais en  ne cherchant pas à évacuer le style » travail d’élèves ». Il y a même les  formidables scène 3 et 4 qui sont jouées deux fois.
   so990.jpgC’est bien ainsi, puisqu’il s’agit en effet d’un travail présenté comme tel mais intelligemment mis en scène. On a droit à un très court film en couleurs, muet où on voit tous les élèves à la campagne, faisant du vélo ou courant dans l’herbe : c’est gentil et cela ne mange pas de pain mais les choses « sérieuses » commencent ensuite.
   Scène nue,  avec juste ce qu’il faut comme accessoires, banquette, table de nuit, chaises… et un long praticable qui traverse la salle. Les scènes se succèdent,  entre Platonov et Anna Petrovna, Sofia et  Maria, ou sa femme Sacha; bien entendu, les élèves filles et garçons jouent la plupart des mêmes rôles mais ce n’est jamais gênant. On remarque plus  les filles -brillantes comme d’habitude-et  surtout: Clara Mayer, Vanessa Fonte, Anna Lena Strasse , les garçons, eux,  semblent moins à l’aise, (à part Valentin de Carbonnières, dans le rôle difficile de Platonov qu’il ont à peine le temps d’endosser ):  il y quelques beaux intermèdes dansés et réalisés  avec beaucoup d’humour, très pinabauschiens,  sur la scène, sur le long praticable ou dans la salle  par tous ceux qui ne participent pas à la scène sur musique de fanfare, avec des lumières rasantes raffinées signées Lauriano de la Rosa..
   C’est à la fois précis et juste: l’unité est au rendez-vous, puisqu’il s’agit de scènes de la même pièce, avec ce qu’il faut d’humour et de second degré, tout en restant émouvant. La mise en scène de l’ acte IV est moins évidente, moins nette dans son approche à cause de la multiplication des rôles, et l’énergie un peu défaillante mais, pour le reste, quelle intelligence,quel bonheur de théâtre!
   On ne voudrait pas dire ; tant pis, on le dit quand même: nous n’avons pas pu tout voir  , en particulier les journées de Philippe Duclos et ceux de Daniel Mesguish mais c’est sans doute le meilleur des travaux du Conservatoire auxquels nous avons  assisté …

 

Philippe du Vignal

 

Séance du dimanche 27 juin à 20h 30.

 

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