Traces Festival d’Aurillac

  FESTIVAL D’AURILLAC

 » Traces  » Le Petit Théâtre de Pain, écriture par la troupe et Aurélien Rousseau,   mise en scène de Fafiole Palassio. 

    traces.jpgCela se passe dans la cour de l’institution Saint-Joseph, pas très loin de la gare. Devant des bâtiments d’une rare banalité, la maire de l’endroit, le promoteur immobilier assisté de son fils et d’un collaborateur de l’entreprise démontrent au bon peuple les bienfaits de la réhabilitation totale de leur quartier avec des arguments imparables du genre : « L’avenir appartient à ceux qui ont des ouvriers qui se lèvent tôt ». Ils jonglent brillamment avec des chiffres colossaux, enfilent les perles: « On ne peut pas faire plus, on fait déjà beaucoup », ou bien citent Valéry: « Le vent se lève, il faut tenter de vivre ».   C’est plutôt drôle et bien enlevé, même si cela n’a rien de très original, et les quatre compères se débrouillent bien. Mais l’on a un peu / beaucoup de mal à croire aux déclarations d’un perturbateur qui les met en accusation. Puis l’on nous prie de nous diriger vers une sorte de mini-cirque aux gradins en bois. Il y a, suspendus à des mâts, quelques fils avec des crochets, des chaises métalliques, et toute une collection de costumes accrochés en fond de plateau (dont étrangement il ne sera pas fait usage).
Le vent se lève, et il ne fait plus chaud du tout… mais le spectacle continue: rapidement, l’on passe de petites tranches de vie d’habitants du quartier à celles de gens ordinaires, aux profils très divers et aux problèmes banals : une mère célibataire avec son enfant qui n’arrive pas à joindre les deux bouts, un jeune étranger orphelin de père qui n’arrive pas à s’en remettre, un couple qui perd son enfant, un père de famille à ses dernières heures et dont le passé semble louche, etc. Au final, ce qui se passe ici sous nos yeux pourrait se dérouler n’importe où. Et l’on comprend que les travaux de rénovation initiaux n’étaient qu’une amorce, et que la veine de vie perturbées par les décisions politico-économiques ne sera pas creusée.

Quid du fil conducteur ? Quid de l’intrigue ? Quid du propos ? C’est malheureusement la pierre d’achoppement de ce spectacle. Si les acteurs (qui sont aussi musiciens et chanteurs) sont dans l’ensemble plutôt convaincants et font preuve d’énergie, ils ne parviennent pas à masquer l’absence de discours, le manque de profondeur d’un spectacle au final bien superficiel et qui sent trop l’improvisation.
Du coup, les deux heures semblent bien longues.
Le dialogue assez faiblard est bourré de bons sentiments qui, comme chacun le sait, n’ont jamais donné du très bon théâtre; tout est bien qui finit bien, et le méchant promoteur n’était en fait qu’une victime de la shoah.
« La mise en commun des propositions et le souci de réinventer un théâtre vivant et métissé » ( sic) se révèlent un peu courts. Et « aller vers un théâtre populaire, jouer là où le théâtre est absent » exige sans doute davantage de consistance et d’exigence, à la fois dans le scénario, les dialogues, et la mise en scène.
Le froid devient plus vif et le spectacle qui s’étire, se termine plutôt qu’il ne finit… Alors à voir? Non, pas nécessairement….

Barbara Petit/ Philippe du Vignal
A l’institution Saint Joseph d’Aurillac jusqu’au 21 août.


Archive pour 18 août, 2010

Traces Festival d’Aurillac

  FESTIVAL D’AURILLAC

 » Traces  » Le Petit Théâtre de Pain, écriture par la troupe et Aurélien Rousseau,   mise en scène de Fafiole Palassio. 

    traces.jpgCela se passe dans la cour de l’institution Saint-Joseph, pas très loin de la gare. Devant des bâtiments d’une rare banalité, la maire de l’endroit, le promoteur immobilier assisté de son fils et d’un collaborateur de l’entreprise démontrent au bon peuple les bienfaits de la réhabilitation totale de leur quartier avec des arguments imparables du genre : « L’avenir appartient à ceux qui ont des ouvriers qui se lèvent tôt ». Ils jonglent brillamment avec des chiffres colossaux, enfilent les perles: « On ne peut pas faire plus, on fait déjà beaucoup », ou bien citent Valéry: « Le vent se lève, il faut tenter de vivre ».   C’est plutôt drôle et bien enlevé, même si cela n’a rien de très original, et les quatre compères se débrouillent bien. Mais l’on a un peu / beaucoup de mal à croire aux déclarations d’un perturbateur qui les met en accusation. Puis l’on nous prie de nous diriger vers une sorte de mini-cirque aux gradins en bois. Il y a, suspendus à des mâts, quelques fils avec des crochets, des chaises métalliques, et toute une collection de costumes accrochés en fond de plateau (dont étrangement il ne sera pas fait usage).
Le vent se lève, et il ne fait plus chaud du tout… mais le spectacle continue: rapidement, l’on passe de petites tranches de vie d’habitants du quartier à celles de gens ordinaires, aux profils très divers et aux problèmes banals : une mère célibataire avec son enfant qui n’arrive pas à joindre les deux bouts, un jeune étranger orphelin de père qui n’arrive pas à s’en remettre, un couple qui perd son enfant, un père de famille à ses dernières heures et dont le passé semble louche, etc. Au final, ce qui se passe ici sous nos yeux pourrait se dérouler n’importe où. Et l’on comprend que les travaux de rénovation initiaux n’étaient qu’une amorce, et que la veine de vie perturbées par les décisions politico-économiques ne sera pas creusée.

Quid du fil conducteur ? Quid de l’intrigue ? Quid du propos ? C’est malheureusement la pierre d’achoppement de ce spectacle. Si les acteurs (qui sont aussi musiciens et chanteurs) sont dans l’ensemble plutôt convaincants et font preuve d’énergie, ils ne parviennent pas à masquer l’absence de discours, le manque de profondeur d’un spectacle au final bien superficiel et qui sent trop l’improvisation.
Du coup, les deux heures semblent bien longues.
Le dialogue assez faiblard est bourré de bons sentiments qui, comme chacun le sait, n’ont jamais donné du très bon théâtre; tout est bien qui finit bien, et le méchant promoteur n’était en fait qu’une victime de la shoah.
« La mise en commun des propositions et le souci de réinventer un théâtre vivant et métissé » ( sic) se révèlent un peu courts. Et « aller vers un théâtre populaire, jouer là où le théâtre est absent » exige sans doute davantage de consistance et d’exigence, à la fois dans le scénario, les dialogues, et la mise en scène.
Le froid devient plus vif et le spectacle qui s’étire, se termine plutôt qu’il ne finit… Alors à voir? Non, pas nécessairement….

Barbara Petit/ Philippe du Vignal
A l’institution Saint Joseph d’Aurillac jusqu’au 21 août.

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