Pyrame et Thisbé. Festival d’Aurillac

 Pyrame et Thisbé par la Compagnie Gérard Gérard.

C’est une petite forme , comme aurait dit le cher Antoine Vitez sur une petite place du vieil Aurillac pour une petite jauge ( 100 personnes maximum). C’est , sur le thème de la fameuse histoire d’amour reprise par Shakespeare dans Le Songe d’une nuit d’été, joué par deux jeunes acteurs, Julien Bleitrach et Alexandre Moisescot. Quelques bouts de costume, une grande malle, quatre accessoires et quelques compères dissimulés dans le public: c’est tout et une demi-heure à peine, un petit moment de théâtre aussi  bête que jubilatoire,  c’est à dire intelligent et fin. Diction et gestuelle impeccable, sens du rythme et de la parodie; même si le travestissement a beaucoup servi, les deux compères savent s’y prendre pour que ce ne soit jamais vulgaire, même si c’est gros comme une ficelle, et  c’est surtout terriblement efficace…La Compagnie Jolie Môme joue aussi à une vingtaine de mètres: c’est dire que la concurrence vocale des chansons est là mais le public restait très attentif et  était visiblement heureux de cette bouffée d’air frais.
La Compagnie jouait aussi  dans la soirée son remarquable Roméo et Juliette qui l’a lancée il y a quelques années mais que nous n’avons pas pu revoir. Dans les centaines de compagnies dites « invitées », les Gérard Gérard qui résident à Perpignan ont su marquer leur territoire. Après tout, le Festival d’Aurillac , malgré la médiocrité de plupart des spectacles du off sert aussi à celà…Et chacun sait que le Théâtre du rue est une des plus rudes écoles qui soient!

Philippe du Vignal

25 et  26 aout à PARIS.Festival Les Arenes de Montmartre, Belleville, à PARIS.le 25 aout : 17h30 et 19h30le 26 aout : 17h30 et 20h »

le 29 aout à Herve (Belgique).Festival Rue du Bocage à 14h30 et 17h30.


Archive pour 24 août, 2010

Le Goût de l’Opéra

Le Goût de l’Opéra

Textes choisis et présentés par Sandrine Fillipetti

opera.jpgQu’est-ce que l’opéra ? « L’art de corrompre les cœurs par des chants lascifs et par des spectacles agréables : (…) Les spectacles de l’opéra sont bien contraires à ceux de l’Église, pernicieux aux bonnes mœurs et féconds en mauvais exemples : ou sous prétexte de représentations et de musiques, on excite les passions les plus dangereuses, et par des récits profanes et des manières indécentes, on offense la vertu des uns et l’on corrompt celle des autres ». Voilà qui est lancé. Et Richard Wagner ? « L’artiste de la décadence (…), une névrose (…) qui rend malade tout ce qu’il touche. (…) Dans son art, on trouve mêlé de la manière de la manière la plus troublante ce que le monde recherche le plus ardemment aujourd’hui : ces trois grands stimulants des épuisés que sont la brutalité, l’artifice et la naïveté (l’idiotie). » Ces jugements impitoyables de Louis Ladvocat et Friedrich Nietzsche montrent à quel point l’opéra suscite des réactions passionnées.

Tempéraments à fleur de peau, fins connaisseurs aux opinions tranchées, sensibilités exacerbées, fous furieux enflammés ou simples amateurs enthousiastes, tous se retrouvent dans cette petite mais riche et précieuse anthologie intitulée bien à propos Le Goût de l’Opéra. Oui, c’est bien de goût dont il s’agit, dans ces spectacles sollicitant les sens pour les délecter… ou les décevoir, parfois.

L’ouvrage regroupe des textes de compositeurs, d’écrivains (dramaturges), librettistes, musicologues, organisés de manière chronologique : « âge classique », « âge d’or », « époque moderne ». Ainsi verra-t-on s’exprimer tour à tour Rousseau, Bellini, Berlioz, Saint-Saëns, Proust, Schoenberg, et bien d’autres, jusqu’au jeune Pascal Dusapin, qui a travaillé avec Olivier Cadiot. Parti pris, récit d’échecs ou de succès, vindicte personnelle ou fait divers, propos mûrement réfléchi, les petits passages ici rassemblés sont aussi variés dans leur forme que sur le fond. Mais tous ont pour point commun cette affection pour l’opéra, qui s’exprime comme un bouillonnement intérieur ou une fièvre ardente.

D’ailleurs, hier comme aujourd’hui, les problématiques sont les mêmes : au XVIIIe siècle déjà, le poète Francesco Algarotti parle de « sujet inféodé à l’économie du spectacle », une considération qui n’est pas sans nous rappeler la fameuse « rentabilité » tristement assénée par notre ministère de la Culture. Le spectacle est-il ennuyeux ? Beaumarchais pense que « de la part du public, il n’y a point d’erreur dans ses jugements au spectacle, et qu’il ne peut y en avoir. Déterminé par le plaisir, il le cherche, il le suit partout.(…) Le spectateur a raison ; c’est le spectacle qui a tort. » 

Un petit recueil pour les amoureux non seulement de l’opéra mais aussi du théâtre et de la musique. Une plongée dans tout un héritage littéraire et artistique, auprès de spécialistes exaltés.

Barbara Petit

Mercure de France, collection « Le Petit Mercure », 128 pages, 6,50 euros.

 

 

 

 

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