LE DINDON

Le Dindon de Feydeau, mise en scène Philippe Adrien.

 

 Ce Dindon, c’est une belle mécanique théâtrale, la ronde absurde des adultères bourgeois du début du XXe siècle mise en scène avec une  incontestable maîtrise par Philippe Adrien. L’intrigue repose sur les amours de Lucienne Vatelin, poursuivie jusque chez elle par Pontagnac, séducteur impénitent qui se trouve être, comme d’habitude, le grand ami de son époux.
Mais la jeune femme a juré de ne jamais céder aux avances de Rédillon, ami de la famille,  qu’une fois assurée de l’infidélité de son mari. Pontagnac, lui,  est poursuivi par son épouse dévorée par la jalousie. Quant à Vatelin, il  se laisse aller à une aventure avec une Anglaise qui l’a rattrapé  en France.
Tout ce petit monde se retrouve dans un chassé croisé cauchemardesque dans un hôtel où rien ne sera consommé, et où les époux légitimes se retrouveront enfin. Le plateau tournant à double révolution imaginé par Jean Haas imprime un absurde tournis aux chassés croisés amoureux.
Eddy Chignara campe un tonitruant Pontagnac, Alix Poisson, une fine Lucienne et Pierre-Alain Chapuis, un tranquille Vatelin, au sein d’une distribution de douze acteurs  un peu inégale où certains surjouent…
Mais on ne boude pas son plaisir, les mises en scène de Philippe Adrien ne déçoivent jamais…

Edith Rappoport

 Théâtre de la Tempête


Archive pour 17 septembre, 2010

Jeux de scène

   Jeux de scène de Victor Haïm, mise en scène de l’auteur.

dsc0176.jpg La pièce de Victor Haïm fut créée il y a quelques dix ans; c’est  du théâtre dans le théâtre, une fois de plus! Mais bon… On assiste donc à la première répétition de la nouvelle pièce d’une auteure très connue (qui joue aussi le personnage de l’auteure) avec une jeune star. Elles  ont eu autrefois une histoire d’amour et se connaissent donc très bien. Cela se passe sur une scène un peu encombrée par les accessoires de la pièce de Shakespeare qui  précède ( ce qui n’est pas très crédible) ; il y a juste  une table ronde et deux chaises,  dont les deux personnages  ne décollent guère, ce qui donne un côté statique à la mise en scène.
Il y a donc sur le plateau ces deux actrices mais pas de metteur en scène, et  un technicien lumière invisible auquel l’auteure s’adresse. sans que l’on puisse y croire une seconde. De leurs  amours d’autrefois,  ne reste plus qu’une certaine connivence et l’obligation de travailler ensemble. Et très vite, on s’en serait douté, les tensions vont s’exacerber entre l’écrivain , plus âgée et plus sûre d’elle, et la jeune femme qui ne demande qu’ une chose: être vue et admirée. Jusqu’à la brouille finale, vite  suivie par une réconciliation obligatoire., assez peu crédible.
La pièce de Victor Haïm a du mal à démarrer et est souvent  bavarde, jusqu’au moment où, enfin, la confrontation entre les deux femmes devient impitoyable: perfidies, vacheries sournoises, plaisir sadique à voir l’autre souffrir: le dialogue est alors tout à fait remarquable. Malheureusement, Victor Haïm a voulu prendre les choses en main et assurer la mise en scène. Qu’il sache ce que dit la pièce, comme il l’écrit lui-même, est une chose dont on ne doute heureusement pas, mais il patauge, et dans sa mise en place, et dans sa direction d’acteurs,  et dans la scénographie ( non signée) , ce qui fait quand même beaucoup, et mieux vaut ne pas s’étendre sur le surlignage des apartés par un coup de projecteur: ce genre de trouvailles frise l’amateurisme distingué!
Katherine Mary  rame en vain pour  jouer l’auteur: elle n’ a pas du tout l’expérience nécessaire  pour affronter ce genre de rôles. Quant à Valérie Zarouk, c’est une jeune actrice qui possède une belle personnalité, et a un jeu précis et intelligent, mais, comme ici, elle n’est pas dirigée, elle ne semble pas très à l’aise, et essaye de s’en sortir tant bien que mal.  Donc, dans ces conditions, comment croire à ce règlement de comptes entre les deux femmes ?
Tout se passe en fait, comme si l’auteur avait regardé les choses se faire au lieu d’imposer une ligne directrice solide, et  ce n’est  pas à Victor Haïm, vieux routier du théâtre que l’on va apprendre qu’une mise en scène se construit et que ce n’est pas aux comédiens de le faire.. Comme chacune des deux actrices joue de son côté,  la pièce déjà longuette, malgré  toute la force de son dialogue, n’en finit pas de finir…  Jeux de scène se joue depuis une semaine mais on ne voit pas bien comment les choses pourraient s’améliorer . Peut-être d’abord avec quelques coupes au début, un recadrage drastique du jeu et de la mise en scène; mais en général,  on sait que c’est c’est bien difficile. Dommage !
Alors à voir ? Non, même si le théâtre du Ranelagh ne manque pas de charme.

Philippe du Vignal

 Théâtre du Ranelagh  jusqu’au 20 novembre.

WATCH THE SPACE

WATCH THE SPACE  Festival de rue du National Theatre de Londres (UK)

Depuis onze ans, le National Theatre,une sorte de Comédie Française britannique installée à Southbank, au sein d’un magnifique ensemble culturel: Royal Festival Hall, Queen Elizabeth Hall, National Film Theatre, Hayward Gallery au bord de la Tamise, organise pendant quatorze semaines un festival de rue où sont conviées des troupes venues d’Espagne, d’Australie, de Finlande, de Pologne, du Canada, de Lituanie, de Nouvelle-Zélande, de Belgique, de France et d’Allemagne. Trois compagnies chaque semaine sur la pelouse installée dans l’enceinte du National Theatre habillé de banderoles colorées pour l’occasion, et des ateliers, et de nombreuses initiatives en lien avec d’autre lieux culturels de Londres, pendant que les trois salles du National continuaient à jouer tout l’été. Et cette semaine-là il y avait le Thames Festival organisé par la ville de Londres sur dix kilomètres de quais avec des centaines de stands d’artisans, de nourritures du monde entier, des défilés carnavalesques, des démonstrations de take-kwondo coréens, des concerts pendant ces deux jours.

Lunapark de la trope flamande De Stilje Want, malgré une jolie accroche foraine du bonimenteur qui vous taxait de 50 pence, m’a paru une arnaque : on entre dans une cabane pour s’enfiler à trois dans une grosse chambre à air très inconfortable et jouer les autos tamponneuses contre trois autres groupes…. Uberfluss de la compagnie allemande Bängditos,  après avoir vainement tenté d’ouvrir les eaux sur une grande vasque pyramidale, déclenche un énorme feu d’artifice, puis c’est la joie avec d’énormes jets qui inondent les environs proches et tout particulièrement une petite tribune où les spectateurs sont heureusement armés de parapluies. C’est plus une performance technique impressionnante qu’une vraie réussite artistique.

Edith Rappoport

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