I Demoni (suite)

 I Demoni de Fedor Dostoïevski,(seconde partie)  adaptation et mise en scène de Peter Stein.

 La journée s’est à peine écoulée que la représentation du spectacle a repris hier à 18 heures. Peter Stein refait sa  petite présentation en conseillant d’être vraiment à l’heure après chaque pause de façon à ce que l’on ne dépasse pas minuit… Il y a eu une certaine évaporation de spectateurs  mais ceux qui sont revenus sont toujours aussi attentifs.
Von Lembke, le nouveau gouverneur et son épouse s’adresse à la population dans un jardin public , puis il reçoit Piotr Stépanovitch qui accuse Chatov de fomenter un complot, et il persuadera ses camarades que Chatov  est en fait un espion. Mais Stavroguine  et Piotr vont se bagarrer, parce que Stavroguine ne veut pas être impliqué dans les intrigues de son camarade. Autre action en parallèle: Vavrara ne veut plus loger Stépane et luin propose de l’argent pour qu’il aille ailleurs mais il refuse. Liza aura une crise nerveuse quand elle apprend qu’il déclare avoir épousé  maria la Boiteuse il y a cinq ans. Situation sociale difficile et Voin Lembke effectue une répression sur les ouvriers. Quant à Stavroguine, très psychiquement  perturbé , il va  se confesser au Père Tikhone d’un crime odieux: le viol d’une enfant de onze ans qui se pendra ensuite;il  lui déclare qu’il veut faire imprimer cette histoire. C’est une belle scène très sobre, traitée par Stein avec  beaucoup de vérité et de sensibilité.
Réception chez von Lembke qui, la vodka aidant, tourne au désastre à cause d’une provocation politique de quelques membres du Cercle, alors qu’on apprend que des incendies ont éclaté dans la ville, ce qui fait fuir tout le monde. Liza , dans le fond, se rhabille: on voit qu’elle vient de faire l’amour avec Stravoguine auquel Piotr, le fils de Stepane  apprend que que Fedka a tué Lebidakine et Maria la boîteuse.
Liza qui a compris la situation s’enfuit pour aller voir les cadavres mais accusée par la foule, elle est tuée. Les membres du Cercle révolutionnaire discutent du sort de Chatov et Pïotr décide de l’exécuter; quant à Maria l’ex amante de Stavroguine, elle revient chez son époux Chatov… pour accoucher. Piotr lui arrive chez Kirilov pour lui faire endosser la responsabilité du meurtre politique en lui réclamant la lettre promise; ce qu’il refuse mais Kirilov finalement se suicide.
1337972252.jpgPar ailleurs Stravroguine, ravagé, revoit Dacha mais décide de la quitter  et se suicidera peu après d’un coup de revolver. Quant au pauvre Stépane, on le retrouve agonisant ou presque dans les ruines; Varvara le fait allonger; il s’avouent leur amour  mais Stépane meeur aussitôt Stépane meurt aussitôt.
II y a une grande  différence de qualité avec  la première partie, comme si Peter Stein avait mieux situé les enjeux. Et, à part le début , pendant la réunion dans le jardin public qui traîne, le reste des scènes est beaucoup plus fluide, et dramatiquement beaucoup plus intéressant. Les scènes d’amour en particulier sont très  bien traitées et il y a comme un crescendo :  liaison entre Liza et Stravoguine, accouchement brutal de Maria, assassinats politiques, mort de Stépane et enfin suicide de Stravoguine.
Certes, bien des scènes auraient mérité un élagage. Mais Peter Stein semble beaucoup plus à l’aise,  et en particulier les éclairages  sont beaucoup plus fins. Cela dit, il aurait pu nous dispenser des mètres cubes  de fumigènes éclairés de rouge sang pour figurer l’incendie, ce qui fait vraiment vieux théâtre. Mais la dernière heure quarante est vraiment de tout premier ordre. Il y a enfin! un véritable rythme dramatique qui se met en place. Et les comédiens  comme chauffés sont encore plus fabuleux , avec un côté jeu de cinéma tout à fait séduisant et singulièrement efficace. Là , on retrouve le grand Peter Stein.

Alors que faire? To go or not to go? Si vous êtes un fana inconditionnel  de Dostoïevski, pourquoi pas… Avec  de très grandes réserves sur la première partie qui ne méritent pas vraiment le déplacement. (On vous aura prévenu).
Pour la seconde, pourquoi pas, en sachant que cela dure plus de six heures: alors, mieux vaut avoir raiment envie d’y aller et ne pas être fatigué si l’on veut suivre le scénario quand même compliqué.
Ou encore, si vous n’êtes pas certain de tenir le coup, arrivez à 21 h 45 après la pause, pour la dernière partie et demandez gentiment (ou ne demandez rien) s’il ne reste pas une petite place. Vraiment les dernières scènes sont très belles… Mais on les aura  bien méritées!

Philippe du Vignal.


Odéon-Ateliers Berthier ; encore deux intégrales samedi 25 et dimanche 26 de 11 heures à 23 h 30 environ. Puis, un peu partout en octobre, dans plusieurs villes italiennes:Prato, Reggio d’Emilie, Pordenone et Turin Voir le site: www.idemoni.org

 


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