NOTRE TERREUR

NOTRE TERREUR, création collective de la compagnie d’Ores et Déjà, mise en scène Sylvain Creuzevault.

terreur.jpgDans un espace bi-frontal, il y a juste de grandes tables en formica avec des bouteilles de vin, des cartes d’état-major.  Saint Just arrive et se lance dans une violente diatribe contre Robespierre. Avec un éclairage surtout dispensé par des  barres fluo. Sept autres conventionnels entrent en scène et prennent place autour de la table pour débattre des avancées et des difficultés de la révolution .
L’ennemi est aux portes, il faut organiser les combats
, faire livrer des armes, ravitailler Paris, veiller à la pureté et donc épurer. Robespierre apparaît, il a une rigueur morale et une force tranquille étonnante.
Les débats sont vivants et clairs :chaque personnage est nommé par son interlocuteur quand on s’adresse à lui,; en fait, ces dialogues ont été en partie improvisés dans la première partie. Puis la révolution va se dégrader, et les diatribes deviennent de plus en plus violentes.
Saint-Just est envoyé au front pour diriger  l’armée, en revient victorieux  mais ses camarades s’injurient  et l’inéluctable arrive… avec la dislocation du Comité de Salut public.  Robespierre s’en écarte, il est rejeté : sa belle assurance disparaît, et  il revient sans  ses vêtements, s’enduit de blanc.  Les tables perdent leur alignement, le chaos apparaît,  avec des  taches de peinture blanche blanches sur le sol.
Carnot, chef des armées (étonnant Léon-Antoine Lutinier)  se révolte contre l’insoumission de Saint-Just, puis se transforme en Danton sanglant revenu de sa tombe, et  entonne un insolite chant de haute-contre.
La compagnie D’ores et déjà a une bonne maîtrise de l’espace, il y a de belles montées lyriques et une fidélité à l’histoire de la révolution. Le spectacle se termine sur La ballade des pendus de François Villon, chantée par les onze révolutionnaires déchus. Une grande force théâtrale, une véritable équipe dont c’est la dixième création depuis 2002.

Edith Rappoport


Théâtre de la Colline jusqu’au 30 septembre
www.theatredelacolline.fr, en tournée dans toute la France et en Belgique jusqu’au 23 avril 2011.


Archive pour septembre, 2010

Cinq clés

Cinq clés de Jean-Paul Wenzel Lucernaire 

PROFILS ATYPIQUES (129) Mise en scène Khalid Tamer et Julien Favart Lavoir Moderne Parisien 8 septembre 2010
Textes de Nadège Prugnard, Koffi Kwahulé, Louis-Dominique Lavigne, Compagnie Graines de soleil (France), Coopérative les Vivaces (Québec), Collectif Éclats de lune (Maroc)

Trois compagnies se sont associées pour proférer les paroles décapantes de trois auteurs sur l’abandon des sans travail dans le monde. “Comment tenir debout quand on n’a pas de travail ? Comment faire quand on n’entre pas dans les cases ? C’est quoi la norme ? Est-ce que le travail arrache la douleur de vivre ?”. Interprété par cinq comédiens venus de ces trois pays, leur phrasé savoureux donne un humour particulier à ces textes vigoureux qui ne s’engluent pas dans la déploration, le spectacle est un petit régal. Sur le plateau nu du LMP, un fil lumineux et des éclairages soignés cadrent le décor.

 

Compagnie Dorénavant avec Thibaut Vinçon, Lou Wenzel, Jade Duviquet, Jean-Paul Wenzel
Quatre petites pièces mettant en scène des couples qui ont besoin d’une clef. D’abord un jeune couple échouant dans une première étreinte amoureuse, le jeune homme s’est fabriqué une clef pour pénètre dans un local à l’abandon qu’il a aménagé, rien ne marche comme prévu. Puis une jeune fille dépenaillée fuyant son partenaire brutal qui fait irruption chez une bourgeoise plus âgée qui la force à un échange de vêtements pour s’enfuir ensuite de chez elle, lui laissant ses hauts talons et sa jupe droite. Ensuite des retrouvailles à la Duras au bord de la mer, le mari est parti 17 ans auparavant, laissant sa femme qui venait d’accoucher. Elle a refait sa vie, lui s’est abandonné en Afrique, il regrette sans vouloir se l’avouer. Enfin un amour impossible entre un soldat tueur des Balkans et une pure jeune fille qui a su survivre et qui veut lui porter assistance. C’est à nous de trouver la cinquième clef. Lou Wenzel et Jade Duviquet apportent leurs belles sensibilités dans la peinture de ces personnages quelque peu égarés.

Edith Rappoport

Solness le constructeur

 Solness le constructeur d’ Henrik Ibsen, mise en scène d’ Hans Peter Cloos

solness.jpgLa postérité a essentiellement retenu d’Henrik Ibsen ses pièces les plus sombres et les plus désespérées dans la lignée de Strindberg ou de Bergman, comme Maison de Poupée, Les Revenants ou Hedda Gabler. Ce serait faire tort au poète norvégien que d’oublier qu’il a expérimenté diverses voies dramaturgiques (voir la fantaisie de Peer Gynt) et qu’il est l’auteur de nombreuses autres pièces parmi lesquelles Solness le constructeur avec dans le rôle de Solness, le cinquantenaire séducteur et fatigué, Jacques Weber ; dans celui de l’épouse aimante et inquiète, Edith Scob ; et dans celui de l’agent provocateur, cette jeune femme trop jeune et trop jolie, Mélanie Doutey.
Ici, pas d’intrigue au sens propre. Nous avons plutôt affaire à une tranche de vie jusqu’au jour où un élément vient perturber un engrenage en apparence bien huilé. Solness est un homme ambitieux parvenu au faîte d’une gloire sociale puisqu’il est aujourd’hui un architecte reconnu. Mais c’est aussi un homme frustre et malhonnête, qui enfile les maîtresses (qui sont parfois ses employées) comme d’autres les perles. La générosité et l’humanité ne semble pas le submerger, lui qui refuse d’accorder à son vieil employé mourant ses dernières faveurs. Aurait-il besoin d’un nouveau départ, puisqu’il se fait construire une nouvelle maison pour sa femme et lui ?
Arrive Hilde, vingt ans, belle à croquer (et court vêtue) qu’il a connu dix ans auparavant, et à laquelle il avait promis de bâtir un royaume. Or, ce qui n’était pour lui qu’un baratin et l’occasion d’un baiser est devenu l’idée fixe de la petite fille , qui en grandissant ne songe qu’à être cette princesse rêvée. Sans valise, sans argent, Hilde demande à être hébergée chez son prince charmant, lui, le « constructeur ». La femme de Solness, Edith, vit dans l’ère du soupçon, mais sa bonne éducation lui fait avant tout se préoccuper d’accueillir chez elle cette belle plante.
Hilde joue le rôle du révélateur, ce personnage qui invite les autres à libérer la parole. Et les choses se révèlent finalement plus complexes qu’elles n’apparaissaient.
Solness et sa femme partagent un passé lourd (ils ont perdu leurs jumeaux en bas âge dans un incendie) et ils portent le poids d’une culpabilité aussi immense que vertigineuse (d’ailleurs, l’architecte a le vertige, un handicap qui lui sera funeste). Notre Casanova est écartelé entre son désir pour Hilde qui l’attire comme un aimant et sa peur de la jeunesse, cette peur qui lui fait voler aux autres leur joie de vivre.
Aline, la femme, oscille entre le remords et l’angoisse qu’elle projette sur mon mari (il est « malade »). Quant à Hilde, qu’est-elle réellement, une ingénue ou une charmeuse perverse ? Cette valse-hésitation est à l’image du spectacle dans son entier, dont on ne sait jamais vraiment si c’est une tragédie ou une comédie. On se demande parfois ce que sont venus chercher les personnages, ce qu’ils veulent vraiment. Si  le dramaturge souhaitait sonder, pour mieux les exhiber, les troubles de l’âme, il faut bien avouer que sur scène,  cela  rend la représentation par moments ennuyeuse.
Rendons toutefois à César ce qui lui appartient. La pièce a pour mérite de poser certaines questions existentielles : l’éternel dilemme entre le devoir et le désir, et la place qu’il reste pour le bonheur et la liberté personnels ; l’héritage d’un passé dont on ne parvient pas à s’échapper , et la culpabilité qui ronge la conscience.
La scénographie est plutôt astucieuse  avec le cabinet de l’architecte, avec des trompe-l’œil, et des lego géants. Les costumes de Marie Pawlotsky aux couleurs chatoyantes et chamarrées sont  remarquables. Et les comédiens s’en donnent à cœur joie.:Hans Peter Cloos sait  faire résonner la petite musique d’un mélodrame universel.

Barbara Petit

 

C’est proprement  fait mais sans beaucoup d’âme; Hans Peter Cloos  a laissé la bride sur le coup à Jacques Weber qui s’installe, et comme il est pratiquement tout le temps en scène, il a une  tendance à cabotiner et à s’écouter jouer. Et c’est vite insupportable, Jcaus Weber fait du Webr mais on a bien du mal à croire en son personnage.Et Mélanie Doutey, prise dans le tourbillon, en rajoute, elle aussi, une bonne louche; seule , Edith Scob est beaucoup plus discrète mais du coup est un peu en décalage, comme Thibault Lacroix, en jeune architecte juste et sobre, tout à fait remarquable. mais, bref, il y a un sacré mou dans la direction d’acteurs. on n’a pas bien non  plus  compris le décor encombré de Jean Haas où les acteurs se déplacent comme ils peuvent , c’est à dire de façon artificielle.  A voir? A la rigueur mais il ne faut quand même pas être trop exigeant.On a vu des Solness mieux inspirés, et Ibsen mérite mieux que ce faux modernisme; à 45 euros la place au parterre, on est en droit demander plus! Ce qui explique sans doute que la salle soit loin d’être pleine après un mois d’exploitation…

Philippe du Vignal

Au Théâtre Hébertot 78 bis boulevard des Batignolles 75017 à 21h00 du mardi au samedi, matinées le samedi à 17h30 et le dimanche à 16h00.

STUDIO-THEATRE DE VITRY

Depuis 2002, des ateliers gratuits et ouverts à tous sont proposés aux habitants de Vitry, du Val-de-Marne et de la région parisienne, un jeudi sur deux, de 19h30 à 23h. Il s’agit de réunir un groupe de personnes curieuses, avec ou sans expérience préalable du théâtre, le temps d’une ou de plusieurs séances.Chaque séance constitue un module de recherche qui est pensé pour trois heures trente.C’est un atelier, c’est-à-dire que nous y traitons de ce qui nous occupe au moment où nous le proposons : un auteur, une pièce, un thème, une forme dramatique… C’est une invitation à venir vous poser des questions sur le théâtre en le pratiquant avec nous. Nous y faisons des exercices, des improvisations, des lectures de textes suivies de discussions…- Toute personne de plus de 16 ans peut participer à ces ateliers qui s’adressent aux amateurs.- On peut y venir une fois ou à chaque fois, la seule condition que nous posons est d’arriver avant 19h30 et de rester jusqu’à la fin de la séance, c’est-à-dire 23h.
– Les séances sont gratuites.

  Chaque séance est indépendante, ce qui permet d’y participer en fonction de ses disponibilités.

Informations
STUDIO-THEATRE DE VITRY
18, av. de l’Insurrection
94400 Vitry-sur-Seine
01 46 81 75 50

www.studiotheatre.fr

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