Les rêves dansants

Les rêves dansants (sur les pas de Pina Bausch), documentaire d’Anne Linsel et Rainer Hoffmann en VO sous titrée

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  Aventure humaine et artistique, mais aussi  émouvant témoignage sur le mode de travail et l’esprit qui pouvaient entourer toute création de Pina Bausch.Ce documentaire retrace le travail que Pina Bausch et deux de ses danseuses, Joséphine Ann Endicott et Béatrice Billet ont réalisé avec 40 jeunes de plus quatorze ans en 2008, sur une durée de douze mois pour la recréation de la célèbre pièce Kontakthof, à Wuppertal. Kontakthof, ( lieu de contact), parle  des rapports humains dans leur violence mais aussi leur tendresse.
Créée en 1978, par la troupe et ces deux danseuses, c’est une pièce maîtresse du répertoire de la compagnie qui a été jouée ensuite par des amateurs « dames et messieurs de plus de 65 ans » en l’an 2000. Les deux répétitrices vont pas à pas, faire découvrir à ce groupe de jeunes, les éléments de la chorégraphie initiale et le plaisir de la danse. En même temps, c ‘est à un tournant fondamental de la vie, que ces jeunes filles timides et ces garçons maladroits vont être confrontés, la découverte de leurs corps et de ceux de leurs partenaires, ainsi que la révélation du « lâcher prise », sous les regards des autres, si difficile à vivre à cet âge.
Cette expérience artistique et de vie qui se déroule sous nos yeux, est accompagnée par la présence, le regard, les mains et la parole de Pina Bausch. Cette  » personne tout à fait normale », dont parle Joséphine Ann Endicott aux élèves, avant leur première rencontre avec la chorégraphe, apparaît malgré tout comme un être à part, que l’on croise rarement dans une  vie… .Pina Bausch donne à ces élèves un ultime conseil qui devrait résonner sur toutes les scènes du monde :  » C’est au naturel que vous êtes le mieux ».L’image finale à découvrir est très bouleversante, Pina est là, présente, et elle n ‘est déjà plus là… .Une phrase dite par un des élèves, sur son expérience, résume ce film unique, et traduit notre manque à tous: « une fois que l’on est dedans on n ‘a plus envie de partir ».

 Kontakthof sera présentée dans sa version « seniors », les 3, 4, 6, 7 février 2011 à St Nazaire à la base sous-marine Le life, et dans sa version « adolescents », les 24, 25, 26 février 2011 au Théâtre National de Bretagne à Rennes.

Jean Couturier

 


4 commentaires

  1. Cinema Paris dit :

    Un grand remerciement pour cet article ! Trop hâte de découvrir ce film !

  2. Valerie dit :

    Très belle critique! si cela vous intéresse vous pouvez lire la mienne.
    à bientôt
    Valérie

  3. Nous attendons avec gourmandise d’aller voir le film; Pina Bausch, que je ‘nai rencontrée qu’une fois dans son théâtre de Wüppertal ne vivait que pour la danse. Et ce qu’elle aura apporté au spectacle vivant, en cassant pas mal de barrières dans un milieu de la danse très codé, m’a paru être toujours de la plus haute importance. Et, à chaque fois, elle avait plusieurs points d’avance avec le théâtre habituel, sauf sans doute Gruber, Kantor, Wilson, Meredith Monk,Vaccaro, Foreman,et guère de Français de cette dimension…
    Je me souviens encore d’elle arrivant épuisée avec deux énormes sacs pleins de livres et ne doutant pas un instant qu’elle allait monter l’escalier avec. Bien entendu, je l’en ai tout de suite délivrée. Mais je peux vous assurer que, pour ses épaules, cela représentait bien le poids d’un sac de ciment pour moi.Et on avait l’impression que rien n’aurait pu lui résister. Elle a répondu très courtoisement à mes questions mais j’avais tout de suite compris que ce n’était pas une grande parleuse, m^me sielle avait beaucoup de choses à dire
    Mais jamais je n’ai regretté ce long voyage et le fabuleux spectacle qu’elle avait présenté; d’autant plus que j’étais allé à Wüppertal pour remplacer Laurence Louppe indisponible qui l’admirait beaucoup, et qui, heureusement n’a jamais appris son décès . Méritai-je cette rencontre; peut-être pas. Mais ce fut une belle rencontre et de toute façon si l’on n’avait que ce que l’on mérite, on n’aurait pas grand chose… C’est un des beaux cadeaux que la vie de critique réserve parfois et qui ne vous quitte jamais.

    Ce qui m’avait tout de suite fasciné chez elle, c’était son regard d’acier,et sa volonté sans limites, dès qu’il s’agissait de sa passion pour la danse. Mais aussi bien sûr, cette intelligence théâtrale qu’elle avait réussi à introduire dans le ballet et dans le théâtre contemporains. Aussi pillée que Kantor et Wilson, elle fut aussi une grande pionnière dans le domaine de l’enseignement.
    Avec l’adhésion de toute une troupe, elle accomplit un travail de tout premier ordre. Et rendons hommage à Gérard Violette qui l’a invitée chaque année au Théâtre de la Ville.

  4. Edith Rappoport dit :

    Bravo pour cet article des plus judicieux sur ce film bouleversant, surtout pour quelqu’un qui a eu la chance de découvrir Pina Bausch avec Café Müller à Nancy en 1977.

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