Du théâtre anglo-saxon

Du théâtre anglo-saxon

  laonziemecapitalecouv.jpgAux Editions Théâtrales,  c’est par les Anglo-Saxons que se renouvelle et s’enrichit le répertoire dramaturgique contemporain. En collaboration avec la maison Antoine Vitez  paraissent en effet deux nouveaux textes…  La Onzième Capitale, de la Britannique Alexandra Wood, est une pièce étrange composée de six tableaux. Chacun d’entre eux met en scène un couple différent : une voisine et une femme de ménage, des voleurs, des fonctionnaires, une fille et un garçon, une femme et un chauffeur, etc. ..
Mais tous ces personnages parlent d’un même individu mystérieux dont le portrait est ainsi dessiné en creux, et tous ont pour point commun des échanges ambigus : les relations entre les personnages sont éminemment suspectes et viciées, minées par le pouvoir, la paranoïa et la peur. Aussi prennent-elles souvent l’allure de rapports de dominants à dominés, ou de victimes à bourreaux. L’univers suggéré est celui d’un ordre moral militarisé et hiérarchique, dont l’atmosphère est pour oppressante et inquiétante. Une immersion dans l’ère du soupçon et de la violence d’un pays qui n’est jamais nommé.
lacartedutempscouv.jpgDans La Carte du temps, l’Américaine Naomi Wallace déroule une partition en trois tableaux (qu’elle nomme « visions ») plantés au Moyen-Orient.  Un état d’innocence met en scène une rencontre entre une palestinienne mère de famille, un jeune soldat et un vieil architecte israéliens dans un zoo à Rafat en Palestine. Petit à petit, les liens entre les différents personnages sourdent et l’on apprend qu’en fait, le soldat est un mort vivant. À cet opus sombre et fantastique en succède un autre,  aussi noir et onirique, Entre ce souffle et toi. Dans une clinique de Tel-Aviv, un père palestinien vient déranger une aide-soignante israélienne dans son travail jusqu’à la limite du harcèlement, comme s’il perdait la tête. On découvre que Mourid, fou de chagrin, ne cherche qu’à retrouver en Tanya son fils. Cette jeune femme, également en sursis, est une transplantée pulmonaire réchappée de la mucoviscidose, or il se trouve que le donneur  est le fils de Mourid. Et dans  Un monde (qui) s’efface, Ali, un jeune Irakien de 25 ans, vient nous parler de sa passion, la colombophilie. Un prétexte pour évoquer métaphoriquement son douloureux passé, les vicissitudes de sa famille, en somme son destin tragique sous le signe de la guerre et de l’embargo.
Dans une langue  poétique et imagée, Naomi Wallace dessine des visions qui ont la fulgurance de nouvelles, à la chute vertigineuse. La dramaturge offre un théâtre politique et placé sous le signe de l’engagement, qui n’exclut pas l’interrogation sur la nature humaine et ses contradictions.

Collection Répertoire contemporain: 

Alexandra Wood, La Onzième Capitale, traduction de Sarah Vermande,  64 p., 11 €
Naomi Wallace,
La Carte du temps, Trois visions du Moyen-Orient, traduction de Dominique Hollier,  64 p., 11 €.

 

Barbara Petit

 

 

 

 


Archive pour 2 novembre, 2010

Du théâtre anglo-saxon

Du théâtre anglo-saxon

  laonziemecapitalecouv.jpgAux Editions Théâtrales,  c’est par les Anglo-Saxons que se renouvelle et s’enrichit le répertoire dramaturgique contemporain. En collaboration avec la maison Antoine Vitez  paraissent en effet deux nouveaux textes…  La Onzième Capitale, de la Britannique Alexandra Wood, est une pièce étrange composée de six tableaux. Chacun d’entre eux met en scène un couple différent : une voisine et une femme de ménage, des voleurs, des fonctionnaires, une fille et un garçon, une femme et un chauffeur, etc. ..
Mais tous ces personnages parlent d’un même individu mystérieux dont le portrait est ainsi dessiné en creux, et tous ont pour point commun des échanges ambigus : les relations entre les personnages sont éminemment suspectes et viciées, minées par le pouvoir, la paranoïa et la peur. Aussi prennent-elles souvent l’allure de rapports de dominants à dominés, ou de victimes à bourreaux. L’univers suggéré est celui d’un ordre moral militarisé et hiérarchique, dont l’atmosphère est pour oppressante et inquiétante. Une immersion dans l’ère du soupçon et de la violence d’un pays qui n’est jamais nommé.
lacartedutempscouv.jpgDans La Carte du temps, l’Américaine Naomi Wallace déroule une partition en trois tableaux (qu’elle nomme « visions ») plantés au Moyen-Orient.  Un état d’innocence met en scène une rencontre entre une palestinienne mère de famille, un jeune soldat et un vieil architecte israéliens dans un zoo à Rafat en Palestine. Petit à petit, les liens entre les différents personnages sourdent et l’on apprend qu’en fait, le soldat est un mort vivant. À cet opus sombre et fantastique en succède un autre,  aussi noir et onirique, Entre ce souffle et toi. Dans une clinique de Tel-Aviv, un père palestinien vient déranger une aide-soignante israélienne dans son travail jusqu’à la limite du harcèlement, comme s’il perdait la tête. On découvre que Mourid, fou de chagrin, ne cherche qu’à retrouver en Tanya son fils. Cette jeune femme, également en sursis, est une transplantée pulmonaire réchappée de la mucoviscidose, or il se trouve que le donneur  est le fils de Mourid. Et dans  Un monde (qui) s’efface, Ali, un jeune Irakien de 25 ans, vient nous parler de sa passion, la colombophilie. Un prétexte pour évoquer métaphoriquement son douloureux passé, les vicissitudes de sa famille, en somme son destin tragique sous le signe de la guerre et de l’embargo.
Dans une langue  poétique et imagée, Naomi Wallace dessine des visions qui ont la fulgurance de nouvelles, à la chute vertigineuse. La dramaturge offre un théâtre politique et placé sous le signe de l’engagement, qui n’exclut pas l’interrogation sur la nature humaine et ses contradictions.

Collection Répertoire contemporain: 

Alexandra Wood, La Onzième Capitale, traduction de Sarah Vermande,  64 p., 11 €
Naomi Wallace,
La Carte du temps, Trois visions du Moyen-Orient, traduction de Dominique Hollier,  64 p., 11 €.

 

Barbara Petit

 

 

 

 

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