Déshabillez Mots


Déshabillez Mots  de et avec Léonore Chaix et Flor Lurienne, d’après les chroniques réalisées et produites par France Inter, mise en scène de Marina Tomé.

82559deshabillezune.jpg  Cela a été pendant trois étés un court rendez-vous ( trois minutes!   à 9 heures 30 les samedi et dimanche matin ) que les deux complices ont eu avec les auditeurs de France Inter. Léonor Chaix et Flor Lurienne , à l’invitation de Julien Bassouls, le directeur du Théâtre des  Trois Baudets, ont décidé d’adapter à la scène cette rencontre avec les mots.
Avec, à chaque représentation, un invité surprise soliste ou chanteur.
Hier soir, c’était impeccablement raté: un certain Tony Truand  dont on  entendait à peine la voix sourde à cause d’une très mauvaise  balance avec l’ampli de sa guitare électrique. Après deux réglages successifs par le technicien son, le résultat était toujours aussi déplorable, passons…
Ensuite,( nous sommes  dans un studio d’enregistrement avec deux fauteuils rouges et une table ronde), les deux  comédiennes s’interviewent à tour de rôle, en convoquant des mots incarnés par l’une ou l’autre. Il y a comme cela: la Légèreté, la Colère, l’Infidélité, L’Elégance, le Mensonge, la Paresse mais aussi la Décision, La Virilité (tiens pourquoi ce féminin? La langue française a de ces fantaisies! ) mais aussi La Pusillanimité, et pour finir l’Onanisme. C’est un procédé ancien que l’allégorie: chez Virgile déjà,  mais aussi dans l’art roman, le théâtre du Moyen-Age, et plus près de nous dans L’Ode à la joie de Schiller mis en musique dans la neuvième de Beethoven) mais que les deux jeunes femmes rajeunissent avec un humour provocateur et une volonté d’en découdre tout à fait exemplaires.
Après tout, et c’est bien ainsi, c’est toujours dans les vieilles marmites que l’on fait les meilleures daubes ( proverbe du Sud-Cantalien).
Tous les sketches ne sont pas à la même hauteur mais qu’importe, c’est un petit spectacle bourré d’intelligence et de fantaisie , où la poésie rencontre l’absurde, le délirant et le verbe bien cru. Il y a  à la fois du  Desnos, de l’Alphonse Allais, du Raymond Devos, une pointe de François Rabelais , de Roland Dubillard et de Ghérasim Luca: chacun y reconnaîtra les siens mais ce cocktail où elles questionnent et mettent en abyme le langage et l’expression orale -comme , entre autres ,ce rapport entre « ennuyant »et « ennuyeux »-est vraiment jubilatoire.
Et, comme les deux comédiennes ont à la fois un diction et une gestuelle  impeccable, on essaye d’oublier une mise en scène pour le moins approximative ( à revoir de toute urgence: la prestation initiale en première partie d’un chanteur qui n’a rien à faire là, des éléments de décor faiblards, des  costumes un peu vulgaires, un éclairage parfois violent et des plus douteux, des liaisons entre les sketches mal ficelées, deux fausses fins et  un manque de rythme dans la toute dernière partie).

 Mais le spectacle, même s’il est encore brut de décoffrage, revu et corrigé, devrait avoir un beau parcours.En tout cas, Léonore Chaix et Flor Lurienne le méritent.

Philippe du Vignal

Théâtre des trois Baudets 64 Boulevard de Clichy 75018. Métro Pigalle ou Blanche, Attention: c’est uniquement  les mardis et mercredi à 21 heures


Archive pour 3 novembre, 2010

Déshabillez Mots


Déshabillez Mots  de et avec Léonore Chaix et Flor Lurienne, d’après les chroniques réalisées et produites par France Inter, mise en scène de Marina Tomé.

82559deshabillezune.jpg  Cela a été pendant trois étés un court rendez-vous ( trois minutes!   à 9 heures 30 les samedi et dimanche matin ) que les deux complices ont eu avec les auditeurs de France Inter. Léonor Chaix et Flor Lurienne , à l’invitation de Julien Bassouls, le directeur du Théâtre des  Trois Baudets, ont décidé d’adapter à la scène cette rencontre avec les mots.
Avec, à chaque représentation, un invité surprise soliste ou chanteur.
Hier soir, c’était impeccablement raté: un certain Tony Truand  dont on  entendait à peine la voix sourde à cause d’une très mauvaise  balance avec l’ampli de sa guitare électrique. Après deux réglages successifs par le technicien son, le résultat était toujours aussi déplorable, passons…
Ensuite,( nous sommes  dans un studio d’enregistrement avec deux fauteuils rouges et une table ronde), les deux  comédiennes s’interviewent à tour de rôle, en convoquant des mots incarnés par l’une ou l’autre. Il y a comme cela: la Légèreté, la Colère, l’Infidélité, L’Elégance, le Mensonge, la Paresse mais aussi la Décision, La Virilité (tiens pourquoi ce féminin? La langue française a de ces fantaisies! ) mais aussi La Pusillanimité, et pour finir l’Onanisme. C’est un procédé ancien que l’allégorie: chez Virgile déjà,  mais aussi dans l’art roman, le théâtre du Moyen-Age, et plus près de nous dans L’Ode à la joie de Schiller mis en musique dans la neuvième de Beethoven) mais que les deux jeunes femmes rajeunissent avec un humour provocateur et une volonté d’en découdre tout à fait exemplaires.
Après tout, et c’est bien ainsi, c’est toujours dans les vieilles marmites que l’on fait les meilleures daubes ( proverbe du Sud-Cantalien).
Tous les sketches ne sont pas à la même hauteur mais qu’importe, c’est un petit spectacle bourré d’intelligence et de fantaisie , où la poésie rencontre l’absurde, le délirant et le verbe bien cru. Il y a  à la fois du  Desnos, de l’Alphonse Allais, du Raymond Devos, une pointe de François Rabelais , de Roland Dubillard et de Ghérasim Luca: chacun y reconnaîtra les siens mais ce cocktail où elles questionnent et mettent en abyme le langage et l’expression orale -comme , entre autres ,ce rapport entre « ennuyant »et « ennuyeux »-est vraiment jubilatoire.
Et, comme les deux comédiennes ont à la fois un diction et une gestuelle  impeccable, on essaye d’oublier une mise en scène pour le moins approximative ( à revoir de toute urgence: la prestation initiale en première partie d’un chanteur qui n’a rien à faire là, des éléments de décor faiblards, des  costumes un peu vulgaires, un éclairage parfois violent et des plus douteux, des liaisons entre les sketches mal ficelées, deux fausses fins et  un manque de rythme dans la toute dernière partie).

 Mais le spectacle, même s’il est encore brut de décoffrage, revu et corrigé, devrait avoir un beau parcours.En tout cas, Léonore Chaix et Flor Lurienne le méritent.

Philippe du Vignal

Théâtre des trois Baudets 64 Boulevard de Clichy 75018. Métro Pigalle ou Blanche, Attention: c’est uniquement  les mardis et mercredi à 21 heures

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