Comme dans du verre brisé

Comme dans du verre brisé, premier volet du triptyque Intérieur(s) Couple, d’ Agnès Marietta, mise en scène de Michel Marietta.

  verre.jpg L’écrivain et critique d’art Michel Leiris envisageait la littérature comme une tauromachie. Dans son corps à corps avec l’écriture, on peut dire d’Agnès Marietta qu’elle envisage la dramaturgie comme une éviscération. Une exploration des profondeurs de nos entrailles à la recherche de ce qui gît, tapi, et ne laisse pas l’âme tranquille. Son spectacle Comme dans du verre brisé est une mise à nu de nos pensées, un miroir tendu à notre for intérieur, un questionnement sur le désir, sur le sentiment d’insatisfaction qui taraude, ce manque que l’on cherche à combler.
Trouverons-nous un jour enfin la sérénité ? Pour servir cette interrogation universelle, Agnès Marietta met sur scène trois personnages, tous en quête : un jeune homme (Christophe Hardy), père de famille stressé, submergé par ses responsabilités et rongé par l’angoisse ; une jeune femme (Tara Holmey), mariée et mère de famille qui, en apparence, a tout pour être heureuse mais, pourtant toujours dans l’attente ; enfin, un homme mûr (Jean-Claude Bataillé) aigri, avec un sentiment de supériorité, dans le jugement permanent d’autrui, et pensant que les autres lui sont redevables.
Chacun des comédiens prend la parole tour à tour, déclamant face public, dans un décor aussi délicat et sensible que le texte qu’ils nous donnent à entendre : une palissade blanche bordée de géraniums rouges, avec  un portique envahi de roses pourpres. Scènes de reproches ou disputes conjugales, introspection à cœur ouvert sur les aspirations ou les frustrations, sur le besoin des autres et sur la solitude: les propos ne versent jamais dans le cliché ni dans la facilité.
Agnès Marietta met habilement en question les schémas sociaux préétablis, les « kits pour le bonheur », la vie idéale et réussie. Un discours très juste, plein de vérité, et surtout incarné par des comédiens au jeu impeccable. Les dialogues sont crédibles du début à la fin, et on est tenu en haleine durant toute la représentation. Le temps pour le spectateur d’accompagner un cheminement intérieur, un moment de ce voyage qu’est la vie.

 

Barbara Petit

À L’apostrophe – Scène Nationale de Cergy-Pontoise les lundis 8, 15 et 22 novembre dans le cadre du Festival Théâtral du Val d’Oise.
Ce premier volet sera suivi de deux autres : Suite parentale et Cœur de cible, jusqu’en janvier 2011, dans les théâtres de Cergy et Éragny (95).

 

 


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