La 3e Nuit du Jazz

La Troisième Nuit du Jazz à l’Apostrophe.

Depuis plusieurs années, le festival Jazz au fil de l’Oise fait escale à la scène nationale de Cergy-Pontoise. Pour cette 3e nuit du jazz, le Théâtre des Louvrais accueillait des artistes d’envergure internationale. D’abord le duo formé par le contrebassiste Eddie Gomez, légende vivante du jazz qui a fait partie du trio de Bill Evans, et le pianiste brésilien Cesarius Alvim. Vingt ans après leur première rencontre, ceux-ci se sont retrouvés pour un nouvel opus, Forever, qu’ils venaient faire partager au public. Envoûtant et relaxant.
En seconde partie, le Sky Trio, composé de l’infatigable septuagénaire Charles Lloyd, le saxophoniste de Memphis, au sax alto et soprano, à la flûte, au piano, au taragato et aux percussions, accompagné de Reuben Rogers à la contrebasse et du merveilleux Eric Harland à la batterie et aux percussions.
Deux moments très différents mais aussi passionnés et haletants l’un que l’autre. Le rendez-vous de musiciens d’exception pour une nuit enfiévrée sous le signe de la liberté et de la sensibilité musicale. Avis aux amateurs.

 

Barbara Petit

À L’apostrophe – Scène Nationale de Cergy-Pontoise le 12 novembre dans le cadre de la 15e édition du Festival Jazz au fil de l’Oise (du 5 novembre au 5 décembre).  www.jafo95.com.

 


Archive pour 13 novembre, 2010

Sahel

Sahel  de Franco Catanzariti, mise en scène d’André Perrier.

 


sahel600308150759std.gifSahel, est le fruit d’une longue réflexion par l’auteur franco-ontarien Franco Catanzariti . Visiblement très ému par son séjour au Ghana et son voyage  en Afrique de l’ouest, il a voulu faire comprendre  aux Canadiens  la situation qui sévit dans la région du Sahel, ce territoire situé entre la zone saharienne au Nord et les domaines soudaniens au Sud. Très aride, il subit des crises de famine les plus aigües du continent.
Pour donner vie à cette situation, l’auteur nous présente deux « personnages » : une mère et sa fille, appartenant à une ethnie nomade, les Woodabés.  Nous suivons leurs errances à travers le désert à la recherche de l’eau et de la nourriture. Nous les observons  alors qu’ils s’affaiblissent, mâchent les épines, rêvent d’une autre vie et  meurent de faim, tout doucement. Pour ne pas s’embourber dans un réalisme réducteur, les concepteurs du spectacle font incarner ces deux voix  par des  marionnettes .
Au départ, cette  manipulation conçue par Annie Durocher,  est magnifique. Les visages de ces petits êtres fragiles reflètent des expressions quasi humaines tant elles sont délicates et fines. La souplesse de ces corps émaciés et la délicatesse de leurs  gestes les rendent presque vivants. Les deux  manipulateurs, qui ne se dissimulent pas derrière des costumes noirs,  comme ceux du théâtre Bunraku, sont toujours très présents, prêts à intervenir, à montrer leur solidarité, à  caresser  ces moribonds,  à exprimer leur impuissance, en espérant apporter à ces créatures un peu de réconfort avant que  l’inévitable n’arrive.
Dans cet échange émotionnel, les marionnettes semblent intérioriser la force de ces êtres humains  et deviennent de plus en plus  autonomes dans ces moments de déchéance progressive. Toutefois, assez rapidement un malaise s’installe: on se rend compte que l’œuvre et la mise en scène reposent sur un profond contresens qui devient, au fur et à mesure, presque insupportable.Mourir de faim n’est  pas une expérience poétique. Pourtant, c’est la beauté poétique du spectacle qui nous accapare.
La mise en scène d’André Perrier et  la  conception esthétique  du scénographe,  le paysage sonore: tout est aussi impeccable que le jeu de lumières qui évoque une ambiance de sable brûlant et de bestiaux fantômatiques qui émergent derrière les nuages de poussière. Les corps squelettiques qui errent parmi les dunes sculptées dans le sable font ressentir le rapport difficile avec la terre, rendu encore plus « magique » par les souvenirs d’un passé nostalgique ou bien les rêves de la petite  fille qui entrevoit un avenir meilleur pour sa maman. Mais il n’existe aucun rapport entre la beauté du spectacle et l’immense souffrance qui ronge ces deux créatures évoquées devant nous. À quoi pensait l’équipe artistique?  À quoi pensait l’auteur ? Peut-être à une  forme d’aliénation du réel pour aiguiser notre sens critique… Mais pour cela il aurait fallu éviter cette esthétique du beau et de l’harmonieux.  Il fallait une esthétique d’étrangeté,  de rupture, une représentation visuelle qui rendent  mal à l’aise pour que la souffrance de ces créatures frappe davantage.  La contradiction entre la forme et le contenu était totale ici. On n’était ni ému, ni troublé ni même un  peu triste.  On est frappé par la beauté du spectacle, par la vraisemblance des marionnettes et des formes sculptées,  la couleur des sables et les superbes voix chantantes qui donnaient des frissons et un  magnifique paysage sonore .   Mais rien de tragique dans tout cela. Apparemment, mourir de faim semblait équivaloir  à une expérience du beau! D’autres artistes  ne seraient sans doute pas d’accord…

Alvina Ruprecht


Théâtre de la Vielle 17 à Ottawa.
Sahel continue à la Nouvelle Scène jusqu’au 20 novembre. tel 631-241-27 27

 

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