Bach en balles

Bach en balles jonglerie musicale d’Éric Bellocq et Vincent de Lavenère
musique d’ Éric Bellocq.

bachenballes1.jpgIl y a quelques années Le Chant des balles venait illuminer la planète Cirque à travers un dialogue épuré entre Éric Bellocq, luthiste et Vincent de Lavenère, jongleur musical, tous deux virtuoses en leur domaine. Avec Bach en balles, la promesse  figurait d’emblée dans le titre, avec, pour  pari, au mieux  la traduction de Bach en balles, et au moins , son illustration.  Avec toute leur si plaisante complicité, le duo reste un cran en deçà de notre attente.
Le jeu musical est virtuose, la performance de cirque est peut-être, et c’est bien ainsi, de ce côté-ci du plateau: ces Suites pour luth de Bach sont réputées injouables telles qu’elles ont été écrites, mais Eric Bellocq nous démontre largement le contraire… Mais la dextérité dontne parvient pas à laisser la place à l’émotion musicale proprement dite. La jonglerie, experte, tout à la fois ludique et gracieuse,  nous laisse contemplative.  Dans ce  spectacle,  pourtant écrit sous forme de tableaux avec des habillages de lumière magnifiques qui les scandent, cette jonglerie finit par lasser et nous laisser en retrait par rapport à ce qui se joue sur le plateau. Même les ruptures musicales –
une chanson régionale et une musique extrême-orientale- n’y suffisent pas. Et comme le luthiste et le jongleur ne campent ni l’un ni l’autre un véritable personnage.. Il y là donc  là aussi un manque.
On l’aura compris, la promesse était peu trop grande pour ce spectacle encore jeune que nous avons pourtant eu plaisir à voir. Nous le conseillons à un public qui y viendrait sans à priori, pour découvrir des  artistes talentueux mais plongés dans des exercices de style; il aura pourtant l’assurance de vivre un bon moment…que l’on rêvait être plus à la hauteur de l’ambition.

 

Jérôme Robert


Compagnie Chant de Balles.

Spectacle vu au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers le 12 novembre 2010. ( Compagnie Chant de balles



Archive pour 16 novembre, 2010

Rêve d’automne

Rêve d’automne de Jon Fosse, texte français de Terje Sinding, mise en scène de Patrice Chéreau

  revesdautomne.jpg Chéreau est le grand invité du Louvre cette année, et parmi d’autres manifestations artistiques, met en scène cette pièce écrite en 1999 ; Jon Fosse est venu  voir cette mise en scène qui commence  dès l’entrée du Louvre, sous la Pyramide. Le public emprunte l’aile Denon, croise la Victoire de Samothrace, monte à l’étage des collections de peintures : David, Ingres, dont son Odalisque.
Dans le salon Denon, on a installé des gradins. Et la parquet de chêne fait office de scène avec des ouvertures sur les trois côtés et, si les toiles ont été décrochées pour l’occasion, celles des salles attenantes sont visibles. On aperçoit notamment au fond un tableau avec un enfant Jésus dans les bras de Marie et  un Saint-Sébastien martyr. Et il  y a juste deux bancs et  trois chaises, dont l’une  est renversée.  La scène d’ouverture, ou le prologue muet, est sublime : le fantôme de la grand-mère (Michelle Marquais) arpente les lieux d’un pas léger, vêtue d’une chemise de nuit aussi blanche que ses cheveux, un bouquet de fleurs.à la main. Elle se dirige vers les  légendes des tableaux que l’on a enlevés, et  dont on comprend qu’ils représentent des pierres tombales. La grand-mère dépose les fleurs  et se retire.
L’histoire, c’est celle de la rencontre entre un homme et une femme dans un cimetière un soir d’automne. Ils se sont connus autrefois et, le désir les fait vaciller, mais d’autres personnages, tous liés à la vie de l’Homme, hantent les lieux. Il y a des explications familiales entre l’Homme et ses parents, puis survient son ex-femme, alors qu’il n’a toujours pas présenté sa compagne à ses parents. Dans Rêve d’automne, on peut le deviner, il est autant question de désir que de mort.
Patrice Chéreau s’est emparé de l’espace symbolique que constitue cette salle du Musée du Louvre et a bien maîtrisé la temporalité éclatée de la pièce de Jon Fosse. La musique est sans doute l’aspect le plus étrange de cette mise en scène , dont les morceaux  entre kitsch et mélodrame, semblent sortir tout droit d’un mauvais film
et envahissent   le jeu des acteurs.
Mais l’Homme et la Femme, dans la mise en scène de Chéreau,ne sont pas vraiment convaincants.  Pascal Greggory exprime, lui,  son inquiétude par une posture voûtée et une gesticulation excessive de la tête et des mains. Et  il y a chez Valeria Bruni Tedeschi une désespoir qu’elle traduit  par un souffle court et
une voix un peu voilée qui parvient tout juste jusqu’à nous. Mais il n’y a pas vraiment d’évolution dans leur interprétation.   Ce sont plutôt les  interprètes des personnages secondaires qui semblent portent le texte :Bulle Ogier en  Mère au verbe dur et sonore, ou encore Bernard Verley en Père fragile  qui a une belle présence.
Malgré  ces réserves, on est heureux  de retrouver  l’écriture  singulière de Jon Fosse  que Chéreau a su bien mettre en valeur dans le cadre exceptionnel du salon Denon  qui mérite  aussi le détour… 

Davi Juca

Au Louvre jusqu’au 18 novembre à 20 heures 30 et ensuite au Théâtre de la Ville du 4 décembre au 25 janvier.

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