Pinocchio

Pinocchio d‘après Carlo Collodi, texte et mise en scène de Joël Pommerat.

pinocchio.jpgNous  vous avions dit en janvier 2009 dans le Théâtre du Blog(1) beaucoup de bien de ce merveilleux Pinocchio ; depuis le spectacle a beaucoup été joué et s’est encore bonifié. Il nous a semblé que le rythme s’était   resserré, qu’on entend mieux le beau texte de Joël Pommerat dont les répliques coulent dans la bouche des ses comédiens avec une aisance  hors du commun, qui ont une présence fabuleuse.Ils font tous un travail comme on aimerait en voir plus souvent sur les scènes françaises.Pierre-Yves Chapalain, le présentateur, glaçant de vérité, parfois même très inquiétant… Jean-Pierre Costanzziello, Daniel Dubois, Anne Rotger, Maya Vignando: tous sont absolument crédibles et justes. Et il y a une unité de jeu absolue qui donne une vérité aux personnages et au conte, avec comme le dit Daniel Loyaza, « un éclairage qui n’appartient qu’à Joël Pommerat. » Et l’on sent parfaitement que ce Pinocchio, librement réinventé où l’imagination enfantine se mesure à la dureté des grandes personnes, part donc de la question de la paternité et de la pauvreté. Comme dans cette admirable scène tout à fait poignante où l ‘enfant comprend que son père a vendu son seul  manteau pour acheter un livre, véritable sésame pour aller à l’école, et que Pinocchio vendra pour assister à une attraction de fête foraine. Mais s’il va à l’école , c’est aussi pour gagner beaucoup d’argent et délivrer son père de la misère. C’est un conte mais qui reste, à chaque minute absolument crédible. Que dire des images qui avec les lumières et la scénographie admirable d’Eric Soyer sont d’une telle qualité poétique qu’on entre dans ce conte comme un enfant: nous avons eu même un peu peur ( eh! oui) dans cet univers souvent assez noir où François , Grégoire Leymarie et Yann Priest ont créé un univers sonore à la fois précis et envoûtant . Il y a une belle citation de Kantor avec ses petits enfants/ mannequins assis en rang, et ces rangées d’êtres hybrides à têtes d’animaux absolument fabuleuses. Rine n’est jamais laissé au hasard et il n’y pas la moindre petite hésitation , que ce soit dans le jeu comme dans la mise en scène. Sans doute le meilleur spectacle depuis la rentrée 2010, et le meilleur aussi du théâtre pour enfants souvent  si approximatif. En fait, ce qui fait la beauté et l’unité de ce spectacle, servi par toute une équipe c’est sans doute l’engagement profond du metteur en scène qui ne triche jamais; on retrouve les figures les plus connues du conte que le petit garçon va rencontrer dans cette sorte de quête initiatique mais qu’il a su replacer à l’époque contemporaine avec une sensibilité et une intelligence exceptionnelle

Vraiment, on ne vous le dire pas trois fois, courez y et emmenez-y les enfants  comme les adultes qui vous sont proches) car c’est des grandes qualités de ce spectacle de pouvoir être lu par des spectateurs de tout âge ( mais pas avant huit ans précise le programme et c’est une bonne recommandation). Un dernier mot: il faut signaler que c’est Dominique Goudal, la directrice du centre culturel de Brétigny qui, la première , a tout fait, pour aider Joël Pommerat à ses débuts et on ne peut que la remercier pour sa lucidité et son engagement.

 

Philippe du Vignal

(1)http://theatredublog.unblog.fr/2009/01/23/pinocchio/

Théâtre de l’Odéon-Ateliers Berthier jusqu’au 19 décembre

 

 


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