LA DERNIÈRE INTERVIEW

LA DERNIÈRE INTERVIEW  dialogue imaginaire entre Dieudonné Niangouna et Jean Genet, conception et mise en scène de  Catherine Boskowitz

Catherine Boskowitz, après avoir découvert la dernière interview de Jean Genet donnée à la BBC en 1985, a proposé à Dieudonné Niangouna, comédien, auteur, metteur en scène de Brazzaville d’inventer avec elle un dialogue avec le poète disparu dont on fête le centenaire de la naissance. Depuis une dizaine d’années, l’écrivain congolais s’est imposé en France, notamment avec Les Inepties volantes au Festival d’Avignon 2009.
Gageure  séduisante pour Catherine Boskowitz, engagée dans une vraie recherche de théâtre populaire, et, par ailleurs, très bonne connaisseuse de l’Afrique où elle va souvent et où elle a des attaches familiales. Mais la metteuse en scène n’a pas ,du moins en ce soir de première, atteint son but. Quelques  panneaux blancs posés au hasard, un fond sonore continu de bruitages télévisés,: un dialogue lent, entrecoupé de silences,  s’établit entre une  journaliste à peine audible et l’artiste, tour à tour Jean Genet et Niangouna. Le ton monte par moments, il quitte le plateau pendant plusieurs minutes, etl’on pourrait croire que le spectacle est fini, mais Niangouna revient pour fracasser une table dont les morceaux s’éparpillent au risque de blesser les spectateurs ! La déception en ce soir de première était à la mesure de l’attente.

 

Edith Rappoport

 

 Confluences jusqu’au 11 décembre.

resa@confluences.net


Archive pour 28 novembre, 2010

Cadmus et Hermione

Cadmus et Hermione, tragédie de Jean-Baptiste Lully, mise en scène Benjamin Lazar

495c03cef65111df94c9ed5d2c545735.jpgÀ température hivernale, besoin de réconfort. Et l’on peut dire que Vincent Dumestre, le maître de la musique baroque, sait s’y prendre pour nous réchauffer le cœur et l’âme. Depuis un moment déjà, le directeur musical du Poème harmonique s’est associé avec Benjamin Lazar pour commettre de splendides mises en scène (comme ce Pyrame et Thisbé monté l’an dernier à l’Athénée, voir notre article dans Le Théâtre du blog).
Et pour une semaine, l’Opéra Comique a programmé une reprise de cette production créée en janvier 2008. Cette tragédie en un prologue et cinq actes (poème de Philippe Quinault d’après Les Métamorphoses d’Ovide), est le tout premier opéra français, et que Lully y pose les bases de l’art lyrique. Les danseurs, chœur et orchestre du Poème Harmonique se sont emparés avec talent de ce livret pour nous offrir un petit joyau, digne de la cour du roi Soleil.
Ce régal pour les yeux et l’esprit étant très prisé, à défaut de pouvoir y assister, nous ne saurions trop vous recommander de profiter des « rumeurs » que l’Opéra comique propose jusque fin décembre autour de ce spectacle, et qui, peu ou prou, sont élaborées avec les mêmes équipes. Ainsi, les 13 et 14 décembre, Benjamin Lazar proposera sa dernière création, Cachafaz, tragédie-barbare en deux actes de Copi (partition d’Oscar Strasnoy), sous la direction musicale de Geoffroy Jourdain, avec notamment l’ensemble 2E2M et les Cris de Paris. Les 22 et 23 décembre, Vincent Dumestre, Cécile Roussat et le Poème Harmonique invitent avec un spectacle :Arts du cirque, musiques et danses à Rome au XVIIe siècle , pour découvrir acrobates, mimes, chanteurs et musiciens dans l’esprit festif et masqué de la comedia dell’arte du traditionnel Carnaval romain. Les 14, 16 et 18 décembre, la compagnie Divertimenty offrira un spectacle didactique autour de la danse baroque, Belles lettres de danse. Et les 22 et 23 décembre, Louise Moaty, accompagnée de Bertrand Cuiller au clavecin, mettra en scène La Lanterne magique de M. Couperin, un concert optique, poétique et magique.
Il n’y a pas d’âge pour pénétrer l’univers baroque, comme en témoigne cette programmation riche et éclectique, et qui s’adresse à tous. Mais hâtez-vous, car le but d’un bruit, c’est de courir…

Barbara Petit

 

Festival Cadmus et Hermione jusqu’au 23 décembre.
Renseignements et programme www.opera-comique.com

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Debout

Debout ! de Carole Thibaut d’après une idée et mise en scène d’ Agnès Desfosses en collaboration avec DKbel

   debout.jpg« Debout ! » nous dit Carole Thibaut (auteure engagée de théâtre contemporain travaillant aussi la mise en scène avec la Cie Sambre), traduisant l’intention initiale d’Agnès Desfosses qui porte ce projet artistique avec sa Compagnie Acta en collaboration avec DKbel, compagnie chorégraphique locale.

Le projet est ambitieux, à la hauteur de l’enjeu : pour Carole Thibaut recueillir la parole d’habitants de – la très médiatiquement stigmatisée – Villiers-le-Bel et la traduire de façon allégorique et non caricaturale en un grand poème théâtral pour comédiens amateurs et professionnels réunis autour de monologues, de dialogues et en chœur.
Pour Acta, il s’est agi d’animer des ateliers de théâtre par tranches d’âge (allant d’enfants à un groupe d’adultes) afin de s’assurer de la bonne représentativité de ce qui se jouerait sur le plateau, une microsociété tendant à représenter le plus fidèlement possible celle de la ville.
Ensuite, à partir du magnifique texte de Carole Thibaut, Acta et DKbel ont respectivement mis en scène et en chorégraphie les quarante artistes amateurs et professionnels qui ont fait vibrer le plateau de leur élan, de leur panache,  accompagnés par un remarquable travail de réglages d’entrées et sorties, des plus complexes dans un tel dispositif. Le plateau est un cercle dessiné au sol, à la manière d’une piste de cirque, et le public est placé dans une configuration tri-frontale. D’habiles découpes lumières ajoutées à un travail de projections d’images de la ville et de ses habitants (non décoratives, résolument signifiantes) viennent servir une scénographie qui oscille entre épure et foisonnement.
« Debout ! », nous disent-ils, avec leurs corps habiles – il en est de même pour la présence de plusieurs comédiens handicapés qui, jouant sur des fauteuils roulants – tout en portant le verbe haut. Ils nous racontent que cette ville est un melting pot, que la vie n’y est pas toujours rose, mais  pas toujours noire non plus, et appellent à ce qu’on pourrait qualifier d’un « sursaut citoyen » pour reprendre l’estime de soi et le faire vivre collectivement dans l’espace public. Ils nous disent aussi la violence de la stigmatisation, la honte parfois d’avoir été à ce point pris en otage par une représentation caricaturale de la situation locale par les medias, tout en fustigeant des formes de violence qui ne sont ps niée et qui existent dans la ville.
C’est bien un texte poético-politique exhortant à améliorer le cadre de vie – en l’illustrant aussi par de très jolis moments vécus par les habitants – qui nous est adressé. Trois destinataires en somme, les médias pour qu’ils arrêtent d’écrire n’importe quoi, les habitants, pour qu’ils soient pleinement acteurs d’une existence collective plus apaisée, et les publics étrangers à la ville, pour leur exposer une toute autre vision du vivre-ensemble dans cette cité, toute en nuance.
Ce projet  artistique, dont la forme, très visuelle (on reconnaît les talents de plasticienne et de photographe d’Agnès Desfosses) est bien servi par un texte poétique  qui fait varier sonnets (c’est à vérifier en lisant le texte, mais c’est l’impression dégagée), des formes plus incisives (presque des haïkus japonais) et des dialogues « plus théâtraux »; les comédiens amateurs et professionnels jouent des rôles, non leurs propres rôles dans cette société. Nous sommes dans la distanciation.
Le propos doit aussi être interprété comme une volonté d’artistes, inscrits depuis longtemps dans ce paysage local (tout en ayant une reconnaissance nationale et internationale, soulignons-le) d’utiliser leurs compétences propres pour agir comme acteurs du social (et pas comme travailleurs sociaux !). C’est aussi cela que parvient à nous dire cette association d’artistes, comme un hymne à un  théâtre politique non dogmatique.
Vous l’aurez compris, c’est fou ce que cela fait comme bien !

 Jérôme Robert

  Au centre Marcel Pagnol de Villiers-le-Bel Spectacle vu le 28 novembre 2010

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