PETITES HISTOIRES DE LA FOLIE ORDINAIRE

PETITES HISTOIRES DE LA FOLIE ORDINAIRE de Petr Zelenka , mise en scène du collectif DRAO.

     h2023128281290364039.jpgPetr Zelenka est  est né à Prague en 1967. Il a connu la contrainte et la liberté., liberté ne rend pas forcément la vie facile. Les personnages de ses petites histoires sont lâchés dans une vie à laquelle ils n’étaient pas préparés, eux qui avaient vécu sous des regards inquisiteurs. L’inquiétude a changé de nature puisqu’il s’agit de savoir qui on est et que personne ne vous le dit.
Au cœur de cette folle comédie noire, deux jeunes gens, Pierre et son copain La mouche. L’un, Pierre, n’arrive pas à retenir les femmes qu’il aime, l’autre, La mouche a décidé de se passer des femmes que, pourtant, il collectionnait. La mouche donne des conseils à Pierre comme de couper les cheveux de son amoureuse, de les faire bouillir puis brûler et de répandre les cendres à l’endroit de leur première rencontre, lui se console avec un tuyau d’aspirateur, la conduite d’eau du lavabo ou un mannequin de cire.
Autour de Pierre, des parents et des voisins qui ajoutent à la folie ambiante. Son père fut autrefois une voix célèbre de la radio officielle qui commentait les grands évènements, il occupe maintenant son temps à des expériences étranges avec des ampoules électriques, sa mère inonde Pierre de coupures de presse concernant les évènements dans le monde et se désole d’avoir un fils aussi peu performant.
Ses voisins, Alice et Georges passent le temps entre insultes et scènes d’amour torrides pour lesquelles ils ont besoin d’un témoin. Pierre a aussi un patron qui lui avoue son amour pour les petits garçons. Et il connaît Sylvia la sculptrice qui réalisera le buste de son père. Les objets aussi participent à ce dérèglement, sa couverture s’anime, le mannequin de cire que lui a confié La mouche part se promener. Tout s’accélère, son père s’est remis à dire ses commentaires d’autrefois, sa mère est à l’hôpital psychiatrique et Pierre décide de se consacrer à la poésie avant de s’envoyer lui-même en Tchétchénie dans un grand carton. Fin de cette galerie de portraits de solitaires en mal de regards. Et une interrogation de l’auteur lui-même: la folie ne serait-elle pas plus séduisante que le génie. Un dispositif astucieux, un cercle de voilages qui s’ouvre et se ferme pour nous faire passer d’un espace à l’autre,  et il y a surtout une énergie de troupe autour de Stéphane Facco qui est un Pierre remarquable de poésie loufoque.Le collectif DRAO depuis quelques années, a mis toute son énergie à faire entendre et voir le répertoire contemporain, de Jean-Luc Lagarce à Fausto Paradivino. En nous faisant découvrir Petr Zelenka dont la pièce a fait date dans son pays, il nous donne une image forte et vivante du théâtre qui s’écrit aujourd’hui et qui raconte le monde.

Françoise du Chaxel

Théâtre de La Tempête, Cartoucherie de Vincennes.
Jusqu’au 12 Décembre.T: 01 43 28 36 36.

 Tournée : les 14, 15 et 16 décembre au Théâtre 95 de Cergy-Pontoise.

 

 

 

 


Archive pour 29 novembre, 2010

Hommage à Alain Crombecque.

Hommage à Alain Crombecque.

mercialain.jpg France Culture, le Festival d’Automne à Paris et le théâtre des Bouffes du Nord ont rendu hommage ce dimanche 28 novembre à Alain Crombecque, disparu en 2009. Cette émission, animée par Laure Adler et Jean-Pierre Thibaudat, pour France -Culture, fait suite au premier volet enregistré cet été au festival d’Avignon. Elle relate ses débuts dans le syndicat étudiant UNEF, et ses premières fonctions d’attaché de presse pour Jérôme Savary, ou pour le théâtre Antoine. Puis elle évoque son parcours au festival d’Automne, tout d’abord en 1972 comme attaché de presse de Michel Guy, puis, dès 1974 comme directeur artistique, et enfin comme emblématique directeur général depuis 1992 jusqu’à sa mort. Durant trois heures,  se sont succédé des témoignages en direct ( Jack Ralite, Jack Lang, Michel Piccoli, Serge Toubiana, Charles Gonzalès etc..) ou enregistrés, comme cette  lettre sonore exceptionnelle de Bob Wilson.

Intervention courte mais marquante de Valère Novarina, qui a parlé du « sens de la présence muette », d’Alain Crombecque, un sens qui se perd actuellement dans un monde où tout est communication… . Valère Novarina a dénoncé les « ingénieurs culturels » que sont devenus nos directeurs de structures artistiques. Mais on a aussi  souligné aussi le goût pour le rire et les facéties d’Alain Crombecque, comme en témoigne cette photo prise en 2003 au musée d’Orsay.  Les témoignages étaient entrecoupés de passages musicaux enregistrés ou en direct.  Cet homme  peu bavard,  avait consacré  sa vie à créer les conditions de rencontres artistiques en France et dans le monde. La fin de cette émission restera symbolique: l’image projetée d’Alain Crombecque  dans le cadre de scène du théâtre des Bouffes du Nord, comme pour mieux souligner son silence définitif.

Jean Couturier

Théâtre des Bouffes du Nord ce dimanche 28 novembre. Cet hommage sera diffusé sur France Culture le dimanche 19 décembre à 20h.

La Chienne dans les orties

La Chienne dans les orties, texte et mise en scène de Marc-Michel Georges.

lachiennedanslesortiesphotomichelbocage101d64.jpgHenriette est seule, accompagnée seulement par sa chienne et ses « petits ». Elle parle de façon crue et sans complaisance, elle se raconte. On ne comprend tout d’abord pas par quel bout prendre son monologue et le lieu dans lequel elle se situe est aussi imprécis. Plusieurs canisses tracent des sentiers et deux escaliers, l’un contre le mur en avant-scène, l’autre étalé par terre dans un coin, complètent le décor.
Pourtant, la solide présence de l’actrice Chantal Péninon happe le spectateur, qui comprend peu à peu, à force de répétitions et de recoupements qu’Henriette se trouve juste à côté de son épicerie, maintenant presque à l’abandon – l’image des jambons envahis par les mouches l’obsède. Son mari est mort, ce qui n’est pas une grosse perte vu le calvaire qu’il lui faisait vivre.
En face, il y a la maison de Madame Clabert, l’amante de son mari. C’est à elle que s’adresse la plupart du temps Henriette, rejetant sur ce personnage imaginaire toutes les imprécations et la haine qu’elle semble avoir contenu . Dans le dénuement le plus total, il ne lui reste plus que sa chienne auprès d’elle. Dans un langage brut de décoffrage, elle est tour à tour drôle et tragique.
Elle s’adresse parfois à nous, ou alors est-ce à Madame Clabert qu’elle parle, et par des gestes simples et évocateurs elle se dévoile, comme lorsqu’elle se rapproche de sa chienne, représentée par une chaine qu’elle manipule bruyamment derrière une canisse ; ou encore lorsqu’elle monte dans le bus qui va l’emmener à la plage : elle grimpe sur l’escalier dans le coin de la scène et aidée par la musique, elle évoque la route cahotante.
Il y a quelques longueurs dans ce texte dense, et on regrette qu’il n’y ait pas davantage de rythme dans la mise en scène, mais la performance de Chantal Péninon, avec son phrasé clair et juste , mérite d’être remarquée.

 

Davi Juca

Théâtre Aire Falguière, les vendredis et samedis à 20h45, les dimanches à 15h30, jusqu’au 19 décembre.

Klaxon, trompette et pétarades

 Klaxon, trompette et pétarades, texte de Dario Fô, traduction de Marie-France Sidet, adaptation et mise en scène de Marc Prin.

On connaît bien en France depuis quelque quarante ans Dario Fô  (notamment son  fameux Mistero Buffo, Couple ouvert à deux battants, Faut pas payer; cette dernière pièce  avait obtenu un beau succès l’an passé dans ce même théâtre etc..) . Quant à cette pièce, elle  fut mise en scène et  jouée par Dariô Fô en 1981…  » C’est une pièce ancrée dans une actualité spécifique: l’ Italie des  » années de plomb » 1970 avec ses luttes sociales violentes, les séquestrations comme et l’assassinat d’Aldo Moro, nous dit Marc Prin. Quand, nous découvrions tous horrifiés les photos de son corps dans le coffre arrière d’une voiture, dans un pays très proche aux liens séculaires avec le nôtre…
Cette époque , se demande le metteur en scène, a-t-elle quelque chose à voir avec la nôtre. Oui, dit-il dans la mesure où elle annonce l’avènement d la prédominance et de l’omnipotence du pouvoir économico-financier sur la « chose politique ».  Et il ne craint pas de parler de théâtralité joyeuse et irrévérencieuse, véritablement populaire, en quête ce rire acéré qui aiguise la lucidité du spectateur »…
Bon,bon mais que voit-on sur le plateau? En vérité pas grand chose!  Une comédie à l’argument des plus minces, qu’il dit avoir adaptée et resserrée ( qu’en serait-il été si elle n’avait  été resserrée!) mais où l’on s’ennuie ferme pendant une heure quarante. Le thème: Antonio, l’un des ouvriers d’ Agnelli le tout puissant patron de la FIAT ; il roule avec sa  132 dans les faubourgs  de Turin quand il assiste à un horrible accident: une voiture, celle justement d’Agnelli percute un bas-côté de la route et a pris feu. N’écoutant que son courage, il cherche à sauver ses occupants bloqués à l’intérieur de la voiture; il en enveloppe un dans sa veste; l’homme- évidemment c’est Agnelli !- a le visage brûlé et  est dirigé d’urgence à l’hôpital où les chirurgiens vont lu refaire un visage correspondant à la photo qui est dans la veste que l’on croit la sienne. Sa femme et sa petite amie viennent rendre visite à cet Antonio qui n’est pas le bon.
Sur cette improbable confusion d’identité,quiproquos en rafales, gags usés jusqu’à la corde, etc… Ce qui pourrait à l’extrême rigueur faire l’objet d’une petite farce vite expédiée, étirée sur une heure quarante devient très vite quelque chose d’à peine supportable. D’autant plus que la mise  en scène, sans parler de ce qui fait office de scénographie  et  la direction d’acteurs sont misérables: cabotinage, criailleries permanentes, courses dans la salle. Dix minutes après le début, on a compris qu’il n’y avait plus rien à espérer, et la pièce se traîne lamentablement jusqu’à une fin qui n’en est pas une. Rien à sauver , tous aux abris. Pathétique… Aussi pathétique qu’un des petits textes du programme dont nous ne voudrions pas  priver nos lecteurs:  » La voix de la dissidence, une fois débondée, interdit-elle la dissension? (…) Entre le comédien et le personnage, entre la salle et la scène, entre la représentation et le réel, la farce remet du jeu, transforme en jeu la dénonciation elle-même. La destruction a ainsi son pendant positif de recomposition: ce que la dissidence farcesque défait du corps social qu’elle démembre en le représentant, elle le recompose dans l’ici et le maintenant de la représentation. Elle construit en direct l’utopie concrète d’une pratique lucide du spectacle qui vaut saisie lucide du réel ». ( sic)
Deux questions: Que pouvait être cette pièce de Dario Fô, à l’origine et non adaptée en 81? Comment et pourquoi Jean-Louis Martinelli , qui a d’habitude des choix plus rigoureux, a-t-il programmé ce  texte indigent et qui n’aurait sans doute pas attiré grand monde, s’il n’avait  été signé Dario Fô? On ne lui fera pas l’injure de croire qu’il ne l’avait pas lu? Le mystère reste entier.

 

Philippe du Vignal

Théâtre Nanterre-Amandiers jusqu’au 18 décembre.

http://www.dailymotion.com/video/xfkb75

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