VILLÉGIATURE

VILLÉGIATURE d’après La Trilogie de la villégiature de Goldoni, mise en scène de Thomas Quillardet et Jeanne Candel. 

 

Jeanne Candel et Thomas Quillardet avaient déjà collaboré pour leurs premières mises en scène, notamment pour Le baiser sur l’asphalte de Nelson Rodrigues en 2005 au Théâtre Mouffetard dont nous gardons un bon  souvenir. Cette Villégiature rassemble les pièces de La Trilogie de la villégiature écrite  par Goldoni en 1761. et qui est ici  interprétée par une équipe de huit comédiens pleins d’humour, et plusieurs rôles sont doublés avec efficacité, notamment les domestiques par Marion Vestraeten et les veuves par Elizabeth Mazev, toutes deux sémillante. Cette Villégiature brosse le tableau féroce d’une bourgeoisie vénitienne frivole et endettée, qui maltraite ses domestiques.
Les deux jeunes premières, Maloue Fourdrinier (Vittoria) et Claire Lapeyre-Mazerat (Giacinta) qui rivalisent sur le front de la mode et de l’amour , se sacrifieront sur l’autel des convenances, l’une épousant l’amant de l’autre qui a signé trop tôt une promesse de mariage avec un autre prétendant, sous la pression d’une irrésistible veuve.
Une seule ombre à cette  belle soirée : le décor en contre-plaqué du premier acte qui bascule sur le plateau pour laisser la place aux lieux de la villégiature du deuxième acte, manque singulièrement de poésie.

Edith Rappoport

Bien vu; il faudrait seulement ajouter que Thomas Quillardet aurait intérêt à s’entourer d’un dramaturge: à force de cisailler dans le texte, le début n’est pas d’une clarté limpide. et  du coup semble un peu poussif.. Il lui faudrait aussi recruter d’urgence un(e) scénographe: ce qui est sur scène est trop laid et trop médiocre, y compris les accessoires, et nuit au jeu des acteurs quand le plateau dans la seconde partie est encombré des béquilles qui maintiennent le mur de la première partie.
Le travail de Tomas Guillardet  mérite mieux. Sa mise en scène et sa direction d’acteurs sont vraiment de très grande qualité: tous les acteurs sont justes et tout à fait crédibles en particulier Elizabeth Mazev dans un double rôle de veuve, Marion Verstraeten qui  joue les  domestiques , Oliver Achard (le père): il faut une sacrée dose d’intelligence théâtrale pour jouer ce personnage de père à la fois finaud, et pas très clairvoyant, et qui peine à s’imposer sans sa maison .
Il y a aussi Claire Lapeyre Mazerat ( Giacinta): il faut la voir d’abord joyeuse, espiègle mais à la fin résignée et consciente de s’être fait flouer dans ce jeu d’amour qui tourne mal, en partie à cause d’elle, trop jeune et trop naïve pour affronter les coups tordus…
Le conte cruel de Goldoni  aurait  pu  être  signé par  ce formidable explorateur de la société que fut aussi  Eric Rohmer. Et le public , où il avait des gens de tout âge  qui a fait une ovation au travail de Thomas Quillardet.

Philippe du Vignal

Théâtre de Vanves Jusqu’au 13 décembre.

  Et à la Maison de la Poésie à Paris, reprise du Repas de Valère Novarina qu’avait mis en scène l’an passé Thomas Quillardet avec beaucoup de bonheur  et où jouent aussi plusieurs des comédiens de La Villégiature ( voir le Théâtre du Blog) du 19 janvier au 16 février.

 


Un commentaire

  1. Minyu dit :

    Je suis entièrement d’accord avec vous.
    L’une des « béquilles », d’ailleurs, est tombée lorsque j’ai vu la pièce, laissant cinq secondes de silence stupéfait… et encombrant la scène. Lors du passage dansé, je craignais vraiment que l’un des comédiens se prenne les pieds dedans !

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