Le Centaure et l’animal

Le Centaure et l’animal, conception et mise en scène de Bartabas, chorégraphie de Ko Murobushi et Bartabas, musique de Jean Schwarz, texte de Lautréamont extraits des Chants de Maldoror dits par Jean-Luc Debaticce.

 bartabas4.jpg Le grand plateau de la salle Jean Vilar est couvert d’une poudre noire, avec des pendrillons tout aussi noirs, et une longue allée de tissu blanc à l’avant-scène où avance lentement Ko Murobushi, 63 ans ,le grand maître de la danse butô dite « danse des ténèbres » qu’il a fait connaître en France avec Carlotta Ikeda il y a déjà quelque trente ans. Murobushi , d’abors installé sur un piano, absolument immobile comme une statue antique, semble ensuite dérouler son beau corps nu enduit d’un maquillage argenté, rampe ,se redresse avec une précision gestuelle absolue. Sur une musique faite de voix rauques, grognements et autre chants à bouche fermée.
  Et il y aussi les chevaux , que Bartabas, habillé d’une longue cape prolongée par une sorte de grande cagoule tenue par des bâtons, sans rênes, conduit avec une impeccable maîtrise. Ces chevaux, magnifiques, ont pour nom: Horizonte, Soutine, Pollock et Le Tintoret, référence évidente à la peinture que veut être avant tout ce spectacle.
Et il y a en effet des images fabuleuses, comme ce cheval qui tombe par deux fois sur le côté avec son cavalier, ou cet autre cheval, en fond de scène, absolument immobile, comme celui d’une statue équestre. Ou encore ces chutes de sable éclairées d’un pinceau lumineux sur le corps de Murobushi . Le plus souvent dans un silence complet. Rien à dire: la prestation est de toute beauté, et a dû demander un énorme travail…

  Il y a aussi ces extraits des fameux Chants de Maldoror de Lautréamont, dits en voix off,  qui occupent aussi  dans le spectacle une place importante et que l’on aime toujours retrouver, même si on ne les a pas lus depuis longtemps.
Reste maintenant à savoir si le rapport chorégraphie/ art équestre/ musique/ lecture de poème arrive à fonctionner… Sans doute, au début, surtout pour un public qui n’a jamais vu de danse buto, ni de danse butô associée à un spectacle équestre, et qui est visiblement impressionné par ces images poétiques construites avec beaucoup de calme et de sérénité.

  Mais assez vite, on a l’impression que Bartabas ne sait pas très bien où il veut nous emmener et l’ennui s’installe, irrémédiable, à cause de ce placage d’éléments artificiellement réunis.Le public est moins attentif, toussote souvent, bref on voit que cette beauté plastique évidente ne peut  tenir lieu de dramaturgie et le temps parait long , alors que le spectacle ne dure qu’une heure vingt.
  Alors à voir? Si vous êtes un fan absolu de Bartabas, vous y trouverez peut-être votre compte, mais nous sommes ressortis de Chaillot bien déçus…

Philippe du Vignal

Théâtre national de Chaillot jusqu’au 23 décembre inclus.


Archive pour 20 décembre, 2010

Le Centaure et l’animal

Le Centaure et l’animal, conception et mise en scène de Bartabas, chorégraphie de Ko Murobushi et Bartabas, musique de Jean Schwarz, texte de Lautréamont extraits des Chants de Maldoror dits par Jean-Luc Debaticce.

 bartabas4.jpg Le grand plateau de la salle Jean Vilar est couvert d’une poudre noire, avec des pendrillons tout aussi noirs, et une longue allée de tissu blanc à l’avant-scène où avance lentement Ko Murobushi, 63 ans ,le grand maître de la danse butô dite « danse des ténèbres » qu’il a fait connaître en France avec Carlotta Ikeda il y a déjà quelque trente ans. Murobushi , d’abors installé sur un piano, absolument immobile comme une statue antique, semble ensuite dérouler son beau corps nu enduit d’un maquillage argenté, rampe ,se redresse avec une précision gestuelle absolue. Sur une musique faite de voix rauques, grognements et autre chants à bouche fermée.
  Et il y aussi les chevaux , que Bartabas, habillé d’une longue cape prolongée par une sorte de grande cagoule tenue par des bâtons, sans rênes, conduit avec une impeccable maîtrise. Ces chevaux, magnifiques, ont pour nom: Horizonte, Soutine, Pollock et Le Tintoret, référence évidente à la peinture que veut être avant tout ce spectacle.
Et il y a en effet des images fabuleuses, comme ce cheval qui tombe par deux fois sur le côté avec son cavalier, ou cet autre cheval, en fond de scène, absolument immobile, comme celui d’une statue équestre. Ou encore ces chutes de sable éclairées d’un pinceau lumineux sur le corps de Murobushi . Le plus souvent dans un silence complet. Rien à dire: la prestation est de toute beauté, et a dû demander un énorme travail…

  Il y a aussi ces extraits des fameux Chants de Maldoror de Lautréamont, dits en voix off,  qui occupent aussi  dans le spectacle une place importante et que l’on aime toujours retrouver, même si on ne les a pas lus depuis longtemps.
Reste maintenant à savoir si le rapport chorégraphie/ art équestre/ musique/ lecture de poème arrive à fonctionner… Sans doute, au début, surtout pour un public qui n’a jamais vu de danse buto, ni de danse butô associée à un spectacle équestre, et qui est visiblement impressionné par ces images poétiques construites avec beaucoup de calme et de sérénité.

  Mais assez vite, on a l’impression que Bartabas ne sait pas très bien où il veut nous emmener et l’ennui s’installe, irrémédiable, à cause de ce placage d’éléments artificiellement réunis.Le public est moins attentif, toussote souvent, bref on voit que cette beauté plastique évidente ne peut  tenir lieu de dramaturgie et le temps parait long , alors que le spectacle ne dure qu’une heure vingt.
  Alors à voir? Si vous êtes un fan absolu de Bartabas, vous y trouverez peut-être votre compte, mais nous sommes ressortis de Chaillot bien déçus…

Philippe du Vignal

Théâtre national de Chaillot jusqu’au 23 décembre inclus.

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