L’avenir, seulement

L’avenir, seulement, texte et mise en scène de Mathieu Bertholet

 

  mathieubertholet.jpg Elle, c’est Rosa Luxembourg, figure de la Révolution, refusant les arrangements réformistes et partisans. Lui, c’est le soldat-jardinier avec qui elle parle de communisme, et qui n’entend pas : si tout est à tous, qu’est-ce que j’aurai, moi ? Et puis le rideau s’ouvre sur l’immense perspective de la double scène de Gennevilliers, ( la petite salle n’étant séparée que par un mur rideau de la grande). Avec de chaque côté le public.
Sur une allée qui sera le lit du courant de l’histoire, une rangée de bureaux kafkaïens, qui deviendront au cours du spectacle le vestiaire des petites et grandes métamorphoses des comédiens ; de l’autre côté, une rampe lumineuse. À partir de ce moment, la mécanique de la troupe se met littéralement en marche. L’auteur metteur en scène a distribué au gré de chacun les 488 (en chiffres, il y tient) fragments qui constituent son texte. Peu importent les lieux : ils sont annoncés et répétés comme le texte lui-même. Peu importe la chronologie : la seule chose qui compte, c’est le temps même du spectacle, structuré comme une partition musicale, avec des thèmes très rigoureux repris en variations jusqu’au désordre final. La chorégraphie s’emballe, le mouvement ne s’arrête jamais, et, du piétinement perpétuel de ces quatre filles et sept garçons,  naît une énergie, une vibration porteuse de toute l’impatience d’une Rosa Luxembourg : L’avenir, seulement !, comme un slogan.
Rosa et son optimisme, Rosa et sa solitude en prison, Rosa assassinée, Rosa démultipliée sur le plateau : elle est la figure, non pas abstraite, mais motrice d’une révolution à faire, au-delà du plateau.
Si Mathieu Bertholet a voulu faire de L’avenir seulement  une expérience révolutionnaire de la mise en scène en “autogestion“, s’il invente une forme forte, efficace, le spectacle fonctionne évidemment sur qu’il dit : par exemple, il n’est pas indécent de parler de Karl Marx, il est urgent de considérer le capitalisme pour ce qu’il est, mangeur d’hommes et de femmes, et  l’espoir,  c’est le  travail.
On ne sort pas du spectacle le poing en l’air : à quoi bon ? Mais bien décrassé de la mollesse ambiante, forme et fond, qui ne sont – plus que jamais – qu’une seule et même chose.

Christine Friedel

T2G Gennevilliers 01 41 32 26 26 jusqu’au 29 janvier

 

http://www.dailymotion.com/video/xgf4x2

 


Un commentaire

  1. amelie dit :

    toute la culture.com a bien aimé cette forme en mirroir, interressant d’avoir la révélation alors que le spectacle est deja installé.
    En tout cas, pour le découvrir et se faire son avis sur ce spectacle qui divise, on offre des places, nous serions ravis que les lecteurs du théâtre du blog en profitent:

    http://toutelaculture.com/2011/01/gagnez-10×2-places-pour-lavenir-seulement-au-t2g-le-mardi-25-janvier/

    bons spectacles!

    Amélie

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