Trois folles journées ou la Trilogie de Beaumarchais

Trois folles journées ou la Trilogie de Beaumarchais, d’après Beaumarchais, adaptation de Frédéric Cherboeuf et Sophie Lecarpentier, mise en scène de Sophie Lecarpentier.

spectaclec2982.jpgPourquoi jouer Le Barbier de Séville, Le Mariage de Figaro et La Mère coupable dans une même soirée? Sophie Lecarpentier a eu l’idée de monter une adaptation de cette  épopée en trois épisodes, écrite sur quelque vingt ans ( 1775, 1785, et 1792) où l’on retrouve dans chacune de ces pièces le même et célèbre personnage de Figaro, d’abord dans sa jeunesse à 27 puis à 30 ans et enfin  à 50 ans, c’est à dire un âge pour l’époque beaucoup plus avancé que maintenant. La metteuse en scène s’appuie sur les mots mêmes de l’auteur qui, dans la préface de La Mère coupable, écrivait: « J’approuve l’idée de présenter, en trois séances consécutives, tout le roman de la famille Amalviva, dont les deux première époques ne semblent pas, dans leur gaieté légère, offrir de rapport bien sensible avec la profonde et touchante moralité de la dernière; mais elles ont , dans le plan de l’auteur, une connexion intime ».
Et c’est vrai qu’il y a quelque chose de tentant  à mettre en scène cette saga familiale  où l’on croise des hommes et femmes d’âge différent: jeunes , d’âge mur et à l’entrée de la vieillesse, dans deux comédies d’abord, dont Figaro  est sans doute la plus célèbre du répertoire français, qui convergent comme le dit  Beaumarchais vers cette ouvrage terrible qu’est La Mère Coupable. La dernière de ces pièces  étant la moins connue et rarement jouée,  qui a pour sous-titre L’autre Tartuffe et qui se passe cette fois en France et non plus du côté de Séville. Figaro et Suzanne sont toujours au service d’Almaviva  et de Rosine. Il n’aime guère Léon, le fils de Chérubin qui s’est tué. Par ailleurs, on apprend au cours de cette intrigue compliquée que  Florestine , la pupille du comte serait en réalité sa fille, et qu’elle ne pourra donc pas épouser Léon, le fils de Chérubin. .. Bref,  ce qui formait la trame des intrigues des deux premières pièces devient  d’un coup ici assez noir et  sordide. Seule petite note d’espérance, il se révèlera que Florestine n’est pas en fait la fille d’Almaviva… Mais le climat,  en vingt ans, s’est singulièrement alourdi.
Maintenant que fait-on, quand on veut  mettre en scène cette trilogie dans la même soirée, en quelque trois heures? Aucune autre solution possible: « faire le choix de l’intégrité et non de l’intégralité », comme le dit Sophie Lecarpentier. Plus facile à dire qu’à faire; il faut pratiquer des coupes draconiennes, et  si Le Barbier de Séville garde à peu près- et encore- sa cohérence, les raccourcis opérés dans le texte du Mariage de Figaro ont vite fait de le dénaturer et de lui faire perdre et sa fraîcheur et sa virulence. Et l’aspect politique de la célèbre pièce, avec  ce couple incroyable du maître et du serviteur, en est amoindri.
Reste une intrigue un peu squelettique où les acteurs ont du mal à trouver leur place… et on peut les comprendre…Seul, Frédéric Cherbœuf , qui est quand même le co-responsable de cette adaptation,réussit comme comédien, à tirer son épingle du jeu dans quelques scènes. Quant à La Mère coupable, qui a un côté préchi-précha  nous avouons avoir décroché assez vite. La pièce est peut-être la conclusion de cette trilogie mais, encore une fois, ce n’est pas parce que Beaumarchais l’a pensé qu’il faut le croire! Autrement, comment expliquer que cette trilogie n’ait été jouée qu’une seule fois depuis l’écriture de ces trois pièces?
Non, « cette adaptation n’invente pas un nouveau scénario, dont le sédiment est le souvenir » , comme le croit un peu naïvement Sophie Lecarpentier. Désolé, on n’ a jamais  construit un spectacle avec des sédiments, ou alors cela se saurait…Et là, très franchement, le compte n’y est pas!  Par ailleurs, mieux  vaudrait que Sophie Lecarpentier s’adresse à un( e) véritable scénographe. Ces châssis de bois à lamelles,  ce canapé blanc que l’on croirait sortis d’un  sous-Ikéa et qui veulent faire contemporain  sont d’une laideur proverbiale, encombrent l’espace au lieu de le servir et ne sont pas du tout efficaces. Ce qui n’arrange rien!
Alors à voir? Non, pas vraiment;cette contraction pâlichonne des  trois pièces ,mise en scène et jouée sans beaucoup de rythme n’a vraiment rien de séduisant. On a du mal à trouver des raisons de vous y envoyer…Sophie Lecarpentier s’est plantée: cela arrive, mais le grand Beaumarchais mérite mieux que cela.

 

Théâtre de l’Ouest Parisien. Boulogne-Billancourt jusqu’au 26 janvier , puis au Théâtre des Deux Rives à Rouen du 1 er au 5 février.

 

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Archive pour 17 janvier, 2011

Trois folles journées ou la Trilogie de Beaumarchais

Trois folles journées ou la Trilogie de Beaumarchais, d’après Beaumarchais, adaptation de Frédéric Cherboeuf et Sophie Lecarpentier, mise en scène de Sophie Lecarpentier.

spectaclec2982.jpgPourquoi jouer Le Barbier de Séville, Le Mariage de Figaro et La Mère coupable dans une même soirée? Sophie Lecarpentier a eu l’idée de monter une adaptation de cette  épopée en trois épisodes, écrite sur quelque vingt ans ( 1775, 1785, et 1792) où l’on retrouve dans chacune de ces pièces le même et célèbre personnage de Figaro, d’abord dans sa jeunesse à 27 puis à 30 ans et enfin  à 50 ans, c’est à dire un âge pour l’époque beaucoup plus avancé que maintenant. La metteuse en scène s’appuie sur les mots mêmes de l’auteur qui, dans la préface de La Mère coupable, écrivait: « J’approuve l’idée de présenter, en trois séances consécutives, tout le roman de la famille Amalviva, dont les deux première époques ne semblent pas, dans leur gaieté légère, offrir de rapport bien sensible avec la profonde et touchante moralité de la dernière; mais elles ont , dans le plan de l’auteur, une connexion intime ».
Et c’est vrai qu’il y a quelque chose de tentant  à mettre en scène cette saga familiale  où l’on croise des hommes et femmes d’âge différent: jeunes , d’âge mur et à l’entrée de la vieillesse, dans deux comédies d’abord, dont Figaro  est sans doute la plus célèbre du répertoire français, qui convergent comme le dit  Beaumarchais vers cette ouvrage terrible qu’est La Mère Coupable. La dernière de ces pièces  étant la moins connue et rarement jouée,  qui a pour sous-titre L’autre Tartuffe et qui se passe cette fois en France et non plus du côté de Séville. Figaro et Suzanne sont toujours au service d’Almaviva  et de Rosine. Il n’aime guère Léon, le fils de Chérubin qui s’est tué. Par ailleurs, on apprend au cours de cette intrigue compliquée que  Florestine , la pupille du comte serait en réalité sa fille, et qu’elle ne pourra donc pas épouser Léon, le fils de Chérubin. .. Bref,  ce qui formait la trame des intrigues des deux premières pièces devient  d’un coup ici assez noir et  sordide. Seule petite note d’espérance, il se révèlera que Florestine n’est pas en fait la fille d’Almaviva… Mais le climat,  en vingt ans, s’est singulièrement alourdi.
Maintenant que fait-on, quand on veut  mettre en scène cette trilogie dans la même soirée, en quelque trois heures? Aucune autre solution possible: « faire le choix de l’intégrité et non de l’intégralité », comme le dit Sophie Lecarpentier. Plus facile à dire qu’à faire; il faut pratiquer des coupes draconiennes, et  si Le Barbier de Séville garde à peu près- et encore- sa cohérence, les raccourcis opérés dans le texte du Mariage de Figaro ont vite fait de le dénaturer et de lui faire perdre et sa fraîcheur et sa virulence. Et l’aspect politique de la célèbre pièce, avec  ce couple incroyable du maître et du serviteur, en est amoindri.
Reste une intrigue un peu squelettique où les acteurs ont du mal à trouver leur place… et on peut les comprendre…Seul, Frédéric Cherbœuf , qui est quand même le co-responsable de cette adaptation,réussit comme comédien, à tirer son épingle du jeu dans quelques scènes. Quant à La Mère coupable, qui a un côté préchi-précha  nous avouons avoir décroché assez vite. La pièce est peut-être la conclusion de cette trilogie mais, encore une fois, ce n’est pas parce que Beaumarchais l’a pensé qu’il faut le croire! Autrement, comment expliquer que cette trilogie n’ait été jouée qu’une seule fois depuis l’écriture de ces trois pièces?
Non, « cette adaptation n’invente pas un nouveau scénario, dont le sédiment est le souvenir » , comme le croit un peu naïvement Sophie Lecarpentier. Désolé, on n’ a jamais  construit un spectacle avec des sédiments, ou alors cela se saurait…Et là, très franchement, le compte n’y est pas!  Par ailleurs, mieux  vaudrait que Sophie Lecarpentier s’adresse à un( e) véritable scénographe. Ces châssis de bois à lamelles,  ce canapé blanc que l’on croirait sortis d’un  sous-Ikéa et qui veulent faire contemporain  sont d’une laideur proverbiale, encombrent l’espace au lieu de le servir et ne sont pas du tout efficaces. Ce qui n’arrange rien!
Alors à voir? Non, pas vraiment;cette contraction pâlichonne des  trois pièces ,mise en scène et jouée sans beaucoup de rythme n’a vraiment rien de séduisant. On a du mal à trouver des raisons de vous y envoyer…Sophie Lecarpentier s’est plantée: cela arrive, mais le grand Beaumarchais mérite mieux que cela.

 

Théâtre de l’Ouest Parisien. Boulogne-Billancourt jusqu’au 26 janvier , puis au Théâtre des Deux Rives à Rouen du 1 er au 5 février.

 

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