HIVER

HIVER de ZINNIE HARRIS, mise en scène: Guy- Pierre Couleau.

Un pays entre deux guerres, quelque part dans le monde.

La guerre, ce qu’elle provoque chez ceux qui la font, ce qu’elle fait subir à ceux qui ne la font pas mais qu’elle affame et jette aussi dans la barbarie. La guerre comme décor de l’histoire que nous conte Zinnie Harris. Au coeur de l’histoire, un enfant muet que l’on troque, séduit, brutalise, sauve. Et enveloppant le tout le mensonge qui travestit la réalité des hommes et des évènements.

Dans un village assiégé, libéré au moment où commence la pièce, une femme, Maud, qui ne sait pas encore que la guerre est finie, échange une carcasse de cheval contre un enfant » qui remplacera celui qu’elle a perdu », dit-elle au grand-père de Sirin, l’enfant affamé. Le grand-père lui laisse l’enfant pour le sauver.

Un homme apparaît, un soldat que tout le monde croyait mort , surtout Maud sa femme, qui avait reçu pour preuve de sa mort, sa montre et l’alliance de sa mère qu’il portait au cou. L’homme est infecté, comme tous ses camarades, par un parasite qui le rend presque aveugle. Il reconnaît cependant Maud comme sa femme et l’enfant qu’elle a rebaptisé Isaac comme son fils.

Mais Maud n’est pas Maud, elle est Magda soeur jumelle de celle qui était la femme véritable de l’homme, morte pendant cette guerre avec son enfant, Isaac. L’homme découvre la vérité. Il veut cependant éduquer l’enfant, mais bientôt la violence le submerge et il brutalise l’enfant. Maud/Magda ne supporte pas cette violence, elle chasse l’homme après l’avoir rendu aveugle définitivement, elle choisit l’enfant, la paix, sa maison.

Cette pièce énigmatique est écrite dans une langue économe, brutale, qui convient à cette histoire de guerre et de mensonge, de trouble des identités. On pense au très beau roman de Sofi Oksanen « Purge ». On pense surtout à ce que doit Zinnie Harris à son grand aîné Edward Bond, qui n’imagine pas l’écrivain autrement qu’engagé contre tout ce qui oppresse l’homme. Mais cette pièce nous emmène aussi du côté de David Harrower dont Claude Régy avait monté magistralement » Des couteaux dans les poules », où une femme découvrait le pouvoir des mots. »Hiver » fait partie d’une trilogie écrite pour la Royal Shakespeare Company .
Guy-Pierre Couleau a choisi le versant optimiste de cette pièce barbare, il a mis au centre de la pièce l’enfant malmené mais finalement sauvé. Anne Le Guernec est Maud, elle donne à son personnage une douceur têtue qui éclate parfois et devient révolte contre la dictature de la violence. Son corps raconte la vie plus forte que la mort. Philippe Cousin, le soldat, l’ homme perdu incapable de résister à la violence est tout en force blessée.. Philippe Mercier , grand-père déroutant, tantôt attaché à son petit fils, tantôt prêt à l’oublier, lui donne une cocasserie inattendue . Et l’enfant, David Boissel, est vraiment le coeur de la pièce par sa présence silencieuse et toujours juste.
La pièce garde cependant ses mystères comme ses personnages dont la guerre a brouillé les identités .

Françoise du Chaxel.

 Théâtre de La Tempête, jusqu’au 13 Février.

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