AU-DEHORS

 AU-DEHORS  d’Alain Ubaldi, mise en scène de l’auteur.

    Au-dehors avait été créé pour le Festival d’Avignon 2008 . Alain Ubaldi, auteur d’une dizaine de textes depuis 1991, a repris Au-dehors pour trois représentations, à l’invitation de Lilas-en-scène, lieu chaleureux animé par Claire Acquart, niché au flanc de Jipanco,  entreprise de construction de décors, qui fait bouillir la marmite.
Au dehors, c’est un soliloque autour d’un licenciement, prononcé par un patron invisible depuis dix ans,  d’ un employé consciencieux arrivé pour la première fois avec dix minutes de retard.
La première partie se joue derrière un transparent avec des projections: l’homme est prostré, son texte proféré par sa voix enregistrée procure une bizarre distance. Il émerge au-devant du plateau dans la deuxième partie, pour crier  sa révolte avec des accents de folie parfois gênants, puis retombe dans la résignation.
Stéphane Schoukroun, effrayant par moments, fait bien passer l’actualité brûlante de ce texte en cette période de dégraissage national.

Edith Rappoport

www.myspace.com/ciekit

Lilas en scène

 


Archive pour 3 février, 2011

La Voix du danseur dans tous ses états.

La Voix du danseur dans tous ses états.

 Comme le remarque Dominique Dupuy, on peut retrouver la parole des danseurs et chorégraphes dans différents documents ( les  archives de l’INA) notamment audio ou audiovisuels. Mais cette parole reste muette, peu diffusée, moins que celle d’autres artistes. Et pourtant qui n’ a pas eu envie d’écouter la voix si particulière de Serge Lifar,  de Martha Graham, etc… Qui sont,  comme le dit Claude Sorin,  » autant de traces de convictions où s’appuient leurs gestes chorégraphiques ». Cependant elle existe, elle étonne ceux qui l’entendent, elle renseigne ceux qui s’intéressent de près à la danse.
Mais c’est vrai aussi qu’elle a  été et demeure souvent partenaire dans tous les domaines de la création contemporaine, y compris bien entendu le théâtre qui s’est beaucoup rapproché de la danse dans les années 60, en particulier avec Eugenio Barba, Grotowski,Le Théâtre laboratoire Vicinal de Bruxelles, etc..
Une journée  d’étude sera consacrée, le  13 février prochain, à ces » paroles en action », initiée et animée par Dominique Dupuy , et ARCADI, avec , entre autres: Emmanuelle Hynh, Blandine Masson, Joëlle Vellet, Claude Sorin,Claude Rabant….
Cette rencontre sera ponctuée de diffusions d’archives sonores et visuelles que l’on n’a pas la chance d’entendre ni de voir si souvent.

 Ph. du V.

 L’entrée est libre sur réservation obligatoire sur www.arcadi.fr
Fondation Biermans-Lapôtre,  Cité Internationale de de Paris 9 A Bd Jourdan 75014 Paris ( Entrée fléchée par le 17 Bd Jourdan).

Entre Ciel et Chair

Entre Ciel et Chair, d’après Une Passion de Christiane Singer, avec  Birgit Yew (violoncelle), mise en scène de Clara Ballatore.

  photoentrecieletchair.jpgC’est l’histoire d’Héloïse et Abélard, amants mythiques du XII ème siècle dont l’amour interdit entrainera leur séparation tragique., et qui avait déjà été jouée l’an passé ( voir la  chronique de Barbara Petit ,5 juin 2010). On se trouve  dans la cellule monacale d’Héloïse, entrée dans les ordres et,  devenue à la fin de sa vie, abbesse de Paraclet.
Le récit est à la première personne: Héloïse raconte donc son histoire, l’éducation que lui donna son oncle Fulbert, exceptionnelle pour une jeune fille d’alors, sa rencontre avec Abélard, illustre clerc devenu son précepteur, et la relation amoureuse où ils se livrèrent corps et âme. L’adresse est généralement faite au public, mais aussi à Abélard, qu’elle évoque, et qui se glisse dans ses mots: Héloïse lui reproche ses choix et surtout de ne pas prendre garde à son oncle, qui donna l’ordre d’émasculer Abélard.
Suivra leur entrée mutuelle dans les ordres, et leur séparation définitive. Clara Ballatore a écrit une adaptation du roman Une Passion de Christiane Singer, qui a l’originalité de donner la parole à Héloïse, et qui propose une vision féminine de cet univers masculin du Moyen-âge. Certains moments  en sont emblématiques, comme lorsqu’Héloïse avoue son immense amour , à son oncle Fulbert, une fois sa relation avec Abélard  démasquée. Son oncle, selon ses dires, la traite alors brutalement, comme une servante.
Deux chaises, occupées par le musicien et la comédienne: le plateau est nu, juste servi par la création lumière toute en nuances de Franck Vidal. Le spectacle repose donc  sur la comédienne et son alter ego musical; ce soir ,nous avons entendu le captivant violoncelle de Birgit Yew, ( en alternance avec Michel Thouseau, contrebassiste) toujours en harmonie et à l’écoute de cette voix qui porte le texte. Christelle Willemez, vêtue d’une sobre robe blanche, est une comédienne remarquable : elle possède une voix grave et claire avec une large gamme de modulations qui nous transmettent l’émotion, la saveur et les nuances. du texte. Une respiration bien en place et discrète, qui donne de la souplesse à son phrasé.
La comédienne possède aussi une forte présence ; elle porte un texte poétique très dense,  et donne sans cesse à voir son regard dans un jeu dirigé vers le public. Cette mise en scène épurée entraîne une économie de mouvements que l’on peut parfois regretter, car elle demande une écoute plus soutenue du public, confronté à un texte exigeant. Mais la présence de la comédienne est toute en nuances, dans une sorte d’ effacement physique. Elle passe tour à tour de simple narratrice à la voix grave et posée, à la jeune fille tiraillée par les événements, et jusqu’à un apaisement mystique à la  fin, dualité entre « ciel » et « chair » s’il en est.

 Davi Juca

 

Au Théâtre du Lucernaire, du 2 février au 26 mars 2011, du mardi au samedi à 18h30.

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