Le Musée de la mer

Le Musée de la mer de Marie Darrieussecq, traduction de Sjon, mise en scène d’Arthur Nauzyciel.

Après deux spectacles présentés à Reykjavk depuis 2007, Arthur Nauziciel a été invité par le Théâtre national d’Islande à y créer une mise en scène et il a demandé à la romancière Marie Darrieussecq,  avec  laquelle il avait déjà collaboré pour Ordet d’écrire une pièce à cette occasion et qui l’a effectivement été cette même année 2007, soit peu de temps avant que l’Islande ( 320.000 habitants) ne connaisse un  traumatisme exceptionnel due à une terrible crise financière et donc économique qui  a eu des répercussions presque immédiates sur la plupart des grandes banques européennes qui avaient investi dans ce pays , fleuron du capitalisme pur et dur, reconnu    comme étant à la pointe du revenu par habitant et en terme de progrès social.
Donc Marie Darrieussecq , fascinée par ce pays de l’extrême où elle est allée souvent, a écrit cette sorte de conte qui devait- c’était la contrainte imposée par Nauziciel- être traduite en Islandais pour être créée à Reykjavik , avec la collaboration donc de Sjon, le parolier de Björk qui en assuré la traduction  et du compositeur Bardi Johansson, et de la chorégraphe Erna Omarsdottir.
C’est l’histoire d’un couple Lizz et Will qui se réfugient, parce qu’ils ne trouvent plus un litre d’essence, chez un autre couple May et Man qui vivent très pauvrement dans un pays en état de guerre. Ils gèrent un aquarium/musée de poissons, dont ils sacrifient quelques uns pour se nourrir. Il y a aussi  un poulpe,  et Bella qui est une sorte de monstre
museemer3.jpg, comme une sorte de veau marin. Et l’on assiste à une sorte de cohabitation pacifique entre les deux couples et les deux enfants. mais on entend au loin des cris et des bombardements… La guerre est bien là, qui semble  préluder aux graves difficultés que va connaître l’Islande un an après.
Marie Darrieussecq, romancière expérimentée qui avait publié Truismes, son premier livre en 96 , universitaire avertie  et qui doit  quand même avoir quelques idées sur le dialogue théâtral,  dit pourtant assez naïvement, qu’il n’ a rien à voir avec un dialogue de roman (sic).  » Une phrase pensée pour le théâtre doit pouvoir être dite, et même elle doit trouver sa justification sur scène: c’est à dire répondre à une exigence venue de la bouche d’un autre personnage ou venue de la scène elle-même, de la présence des corps. »
Merci pour cette merveilleuse découverte… qui ne nous éclaire pas beaucoup sur ses intentions en ce qui concerne ce Musée de la mer dont l’écriture reste tout de même assez pathétique. La mise en scène  rigoureuse d’Arthur Nauzyciel, tout comme le jeu précis des acteurs  du Théâtre national Islandais, ne peuvent rien rattraper. Et ce qui aurait pu faire l’objet d’une nouvelle, essaye de flotter ici dans un univers qui se voudrait dramatique mais auquel on ne croit pas une seconde.
Et l’ennui, malgré une  réalisation soignée , est vite au rendez-vous. En fait, ce qui manque le plus, c’est une vraie vie, un véritable dialogue qui induirait une relation forte ente ces personnages fantomatiques dont la vie nous est, du coup, absolument indifférente.Et la guerre,  ses bombardements, et  la terreur qui s’empare de toute une population qui a faim: désolé, on connaît bien , Marie Darrieussecq, et  c’est quand même autre chose, que  cette piécette  écrite « dans une langue très elliptique (…) qui appelle une mise en scène pour exister ».( sic)! Tous aux abris!
Et ce ne sont pas quelques belles images qui peuvent donner le change.   Arthur  Nauzyciel ni un autre metteur en scène ne pouvait rien sauver de ce désastre programmé; il suffisait de bien  lire la chose  qui sert de texte pour s’en convaincre.   A l’impossible , nul n’est tenu, comme disaient nos grands-mères… Reste un mystère: pourquoi Nauzyciel s’est-il lancé dans cette opération et pourquoi Pascal Rambert a-t-il accueilli ce Musée de la mer?

 

Philippe du Vignal

 

Spectacle créé au Centre dramatique d’Orléans;  au Théâtre de Gennevilliers,  vendredi 4 à 20h 30; samedi 5 à 15h et 20h30; dimanche 6 à 15 heures et mardi 8 à 19h 30. t: 01-41-32-26-10


Archive pour 4 février, 2011

Le Musée de la mer

Le Musée de la mer de Marie Darrieussecq, traduction de Sjon, mise en scène d’Arthur Nauzyciel.

Après deux spectacles présentés à Reykjavk depuis 2007, Arthur Nauziciel a été invité par le Théâtre national d’Islande à y créer une mise en scène et il a demandé à la romancière Marie Darrieussecq,  avec  laquelle il avait déjà collaboré pour Ordet d’écrire une pièce à cette occasion et qui l’a effectivement été cette même année 2007, soit peu de temps avant que l’Islande ( 320.000 habitants) ne connaisse un  traumatisme exceptionnel due à une terrible crise financière et donc économique qui  a eu des répercussions presque immédiates sur la plupart des grandes banques européennes qui avaient investi dans ce pays , fleuron du capitalisme pur et dur, reconnu    comme étant à la pointe du revenu par habitant et en terme de progrès social.
Donc Marie Darrieussecq , fascinée par ce pays de l’extrême où elle est allée souvent, a écrit cette sorte de conte qui devait- c’était la contrainte imposée par Nauziciel- être traduite en Islandais pour être créée à Reykjavik , avec la collaboration donc de Sjon, le parolier de Björk qui en assuré la traduction  et du compositeur Bardi Johansson, et de la chorégraphe Erna Omarsdottir.
C’est l’histoire d’un couple Lizz et Will qui se réfugient, parce qu’ils ne trouvent plus un litre d’essence, chez un autre couple May et Man qui vivent très pauvrement dans un pays en état de guerre. Ils gèrent un aquarium/musée de poissons, dont ils sacrifient quelques uns pour se nourrir. Il y a aussi  un poulpe,  et Bella qui est une sorte de monstre
museemer3.jpg, comme une sorte de veau marin. Et l’on assiste à une sorte de cohabitation pacifique entre les deux couples et les deux enfants. mais on entend au loin des cris et des bombardements… La guerre est bien là, qui semble  préluder aux graves difficultés que va connaître l’Islande un an après.
Marie Darrieussecq, romancière expérimentée qui avait publié Truismes, son premier livre en 96 , universitaire avertie  et qui doit  quand même avoir quelques idées sur le dialogue théâtral,  dit pourtant assez naïvement, qu’il n’ a rien à voir avec un dialogue de roman (sic).  » Une phrase pensée pour le théâtre doit pouvoir être dite, et même elle doit trouver sa justification sur scène: c’est à dire répondre à une exigence venue de la bouche d’un autre personnage ou venue de la scène elle-même, de la présence des corps. »
Merci pour cette merveilleuse découverte… qui ne nous éclaire pas beaucoup sur ses intentions en ce qui concerne ce Musée de la mer dont l’écriture reste tout de même assez pathétique. La mise en scène  rigoureuse d’Arthur Nauzyciel, tout comme le jeu précis des acteurs  du Théâtre national Islandais, ne peuvent rien rattraper. Et ce qui aurait pu faire l’objet d’une nouvelle, essaye de flotter ici dans un univers qui se voudrait dramatique mais auquel on ne croit pas une seconde.
Et l’ennui, malgré une  réalisation soignée , est vite au rendez-vous. En fait, ce qui manque le plus, c’est une vraie vie, un véritable dialogue qui induirait une relation forte ente ces personnages fantomatiques dont la vie nous est, du coup, absolument indifférente.Et la guerre,  ses bombardements, et  la terreur qui s’empare de toute une population qui a faim: désolé, on connaît bien , Marie Darrieussecq, et  c’est quand même autre chose, que  cette piécette  écrite « dans une langue très elliptique (…) qui appelle une mise en scène pour exister ».( sic)! Tous aux abris!
Et ce ne sont pas quelques belles images qui peuvent donner le change.   Arthur  Nauzyciel ni un autre metteur en scène ne pouvait rien sauver de ce désastre programmé; il suffisait de bien  lire la chose  qui sert de texte pour s’en convaincre.   A l’impossible , nul n’est tenu, comme disaient nos grands-mères… Reste un mystère: pourquoi Nauzyciel s’est-il lancé dans cette opération et pourquoi Pascal Rambert a-t-il accueilli ce Musée de la mer?

 

Philippe du Vignal

 

Spectacle créé au Centre dramatique d’Orléans;  au Théâtre de Gennevilliers,  vendredi 4 à 20h 30; samedi 5 à 15h et 20h30; dimanche 6 à 15 heures et mardi 8 à 19h 30. t: 01-41-32-26-10

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