Tu devrais venir plus souvent


Tu devrais venir plus souvent de Philippe Minyana, mise en scène de Monica Espina.

 

souvent.jpgLe Théâtre de la Ville a proposé à Philippe Minyana de faire découvrir son écriture théâtrale à travers cinq textes inédits de lui, Les Epopées de l’intime.Le premier est une petite forme, comme aurait dit Antoine Vitez: la simple histoire, sous forme d’un  court récit (quelque 35 minutes), d’une femme qui, un peu par hasard et par obligation, retrouve son village et ses habitants, dont elle n’ a pas revu les visages depuis longtemps certains, voire  des dizaines d’années.
 » Le ciel était lavé, les champs se déroulaient, c’était pour l’enterrement de ma tante Clotilde ». « Je revois en pensée Colette qui tricote, je revois en pensée Luc qui joue du trombone… C’est toujours en effet-qui n’ a pas connu cela? – une drôle d’émotion qui vient s’ajouter à celle d’un deuil-  quand on  retrouve les gamins de son enfance avec  des  cheveux gris. Pendant les obsèques ou au cimetière:  les paroles banales, le plus souvent décousues  et pourtant si vraies de la voix de « la parentèle ».
Comme dit cette femme:  » J’a pas peur de mourir, j’ai peur de disparaître » , « Aline , ma cousine, quand elle parle , on voit ses dents » , « La vie, c’est pas joli, joli; oublie ce que je t’ai dit » ou encore  « Comment va M. Nollet? – Figurez-vous qu’il nous a quittés » ; « Je suis en fin de vie « , dit,  d’une voix aigüe,  Madame Charvet.
Bref, la France profonde, comme si on y était… et dont s’amusent souvent nos amis étrangers! Elizabeth Mazev, seule en scène, fait  cela très bien, avec  tendresse ,  et  juste ce qu’il faut de détachement et d’humour, pour raconter ces petits morceaux de vie où les êtres aimés, ou simplement rencontrés sans beaucoup plus d’atomes crochus, font  partie intégrante d’une vie parfois bien lointaine mais toujours aussi présente à la mémoire: le texte de Minyana a les  mêmes fulgurances poétiques qu’on lui connaît  depuis Inventaires.
Elizabeth Mazev est bien dirigée par Monica Espina dont la mise en scène, en revanche,  est peu convaincante, surtout quand elle utilise un petit arsenal technologique dont elle aurait pu faire l’économie: voix off, voix amplifiée par moments  de la comédienne, bruitages, petites projections de visages au plafond et sur les murs de la salle qui n’apportent rien et qui parasitent le texte si juste et si clair de Minyana.

Philippe du Vignal

Théâtre des Abbesses jusqu’au 5 mars.

 


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