Carte Blanche à Pierre Rigal

Carte Blanche à Pierre Rigal.

             prigal.jpgAu théâtre Monfort, le public peut découvrir parmi les formes frontières de spectacles, après « En Somme » de Marion Levy  (voir l’article du Théâtre du Blog du 18/11/2010), la carte blanche d’un chorégraphe dont le travail flirte avec  le théâtre.
Ancien champion d’athlétisme, Pierre Rigal est atypique au sein de l’univers de la danse; il nous donne à voir  trois de ses spectacles, dont le premier Erection fut créé en 2003.C’est un solo de 45  minutes de Pierre Rigal mis en scène par Aurélien Bory qui nous montre la difficile acquisition de la verticalité. Le corps du danseur lutte contre la pesanteur et contre son incapacité à se tenir debout sur ces deux jambes. Corps prisonnier d’un rectangle lumineux au sol parcouru d’ondes sonores que les mouvements font varier (remarquable travail technique). Quand,  enfin, il  y parvient, le corps apparaît figé  comme en apesanteur, par une lumière stroboscopique aveuglante.
Arrêts de Jeu
est un spectacle conçu pour quatre danseurs , également mis en scène par Aurélien Bory et inspiré de la célèbre demi-finale de coupe du monde de football en 1982,  année  funeste ou l’équipe de France fut rattrapée puis battue par celle d’Allemagne. Après avoir entendu les commentaires télévisuels  entrés dans l’histoire, l’on assiste à une représentation du match  pleine d’humour  avec  des gestes chorégraphiés et ritualisés. Puis le spectacle bascule dans un théâtre d’objets onirique.
« Les corps se transforment,  des lucioles lumineuses envahissent la scène, dans une incroyable précision gestuelle. Les corps seront des images, des visages, des jouets, des joies, des angoisses, des rêves puis des cauchemars… Les corps seront tantôt idiots, tantôt solennels, tantôt absurdes, tantôt perspicaces, tantôt agiles, tantôt maladroits »,  souligne Pierre Rigal. Ses spectacles tournent dans le monde entier et c’est justifié.

Jean Couturier

Monfort théâtre: Erection et Arrêts de jeu jusqu’au 6 mars;  puis Asphalte jusqu’au 20 mars.


Archive pour 4 mars, 2011

LE DRAP

LE DRAP  d’Yves Ravey,  mise en scène de Laurent Fréchuret.


Yves Ravey raconte avec une distance étonnante, le voyage vers la mort de son père, ouvrier métallurgiste, mort d’avoir accepté les pires tâches dans son usine, en refusant les protections indispensables. Hervé Pierre, sur un petit plateau blanc surélevé, avec juste une chaise de cuisine où il s’assied parfois,  raconte l’inéluctable acceptation de cette agonie, on peut dire une passion presque christique, assistée par sa mère qui l’aide de son mieux.   L’auteur évoque aussi ses souvenirs d’enfance à Baume-les-Dames, le voyage du père pour récupérer sa mère après la guerre dans un pays voisin, la motocyclette qu’il enfourche pour aller chercher le médecin, le refus du père:  “Moi malade, non jamais. Demain, je dois retourner à l’usine !”Puis  après son hospitalisation, ce sera le retour à la maison et les derniers mois  où sa mère dort dans le petit lit de sa sœur. Enfin, la toilette mortuaire que la mère tient à faire elle-même, aidé par son fils, témoin attentif.   Hervé Pierre est simplement sublime dans ce récit pudique et douloureux.

Edith Rappoport

 Théâtre du Vieux-Colombier jusqu’au 9 mars.

Les Rêves de Margaret

 Les Rêves de Margaret de Philippe Minyana, mise en scène de Florence Giorgetti.

margareth.jpg C’est le premier opus des Epopées de l’intime,  cinq pièces inédites de Philippe Minyana qui vont se poursuivre jusqu’au 19 mars dans ce même théâtre. Les Rêves de Margaret, c’est  comme une sorte de conte moderne, de fable  qui se passe dans l’atelier de Margaret, tapissière à Malakoff , ville de la toute proche banlieue de Paris . Il y a a de grandes baies vitrées coulissantes qui donnent directement sur un carrefour puis sur une forêt avec des animaux qui deviennent des personnages.
Margaret vit avec son vieux papa qui élève une poule; elle n’est pas riche,  et accepte de la nourriture que lui apportent des voisins. Elle se lie avec un couple de SDF , apparemment une mère et son fils qui, de temps à autre, viennent prendre une douche chez elle. » Je veux explorer, dit Florence Giorgetti, toutes les teintes du merveilleux qui donne une substance et une saveur unique à ce nouveau texte, et peindre l’infinie fantaisie dans nos solitudes; je veux opérer par touches, vignettes, sens du détail touchant, et faire des allers retours entre réel et irréel « .  Telle est la base de départ du spectacle. de ce qui pourrait s’apparenter, façon 2011, aux contes et légendes de notre enfance …
Et à l’arrivée? Pas grand chose de bien intéressant! Il y a de temps à autre une voix qui commente l’action mais le texte est d’une telle pauvreté que tout se passe comme si Florence Giorgetti le tirait  tant bien que mal au maximum pour qu’il remplisse une  heure vingt  mais, comme  à l’impossible nul n’est tenu, on s’ennuie très vite..
Les acteurs, dont elle dans le rôle de la tapissière, font leur boulot,  mais ce récit et ces pauvres dialogues agrémentés de quelques plates chansonnettes ne peuvent faire illusion. Et l’on n’est pas du tout, mais alors,  vraiment pas du tout, dans ces transports vers l’extra-ordinaire comme le souhaitait la metteuse en scène.
Soyons honnêtes: à l’extrême fin,  quand les humains/animaux de la forêt arrivent derrière les baies vitrées, un frémissement de spectacle existe alors!  Mais c’est  trop tard, et l’on sort de là quelque peu désemparés…
Alors à voir? Nous ne vous le conseillons  pas,  sinon, au cas où vous iriez , nous  recevrions  des tonnes de courriels assez méchants!

 

Philippe du Vignal

 

Théâtre des Abbesses jusqu’au 12 mars.

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