Prometheus Landscape II concept

Prometheus Landscape II concept, mise en scène et  scénographie de Jan Fabre. (en anglais surtitré).

    gtv11fabre01.jpgUne fois de plus, Jan Fabre aurait pu entretenir des discours polémiques sur  sa dernière création , d’autant qu’il y a un bref salut nazi au début .
Artiste provocateur, il a été invité régulièrement depuis 1990 au Théâtre de la Ville.   Cette fois, il adapte à sa façon le Prométhée d’Eschyle qui  raconte l’histoire de Prométhée volant le feu aux dieux pour le donner aux hommes et qui fut condamné à être enchaîné sur le mont Caucase, le foie dévoré par un aigle pour l’éternité.
Le spectacle a  déjà été joué en Europe et aux Etats Unis,  mais Jan Fabre semble avoir perdu de sa virulence…  Ce Prometheus landscape II concept débute, non sans humour, par une annonce rappelant aux spectateurs les consignes de sécurité en cas d’évacuation urgente: le feu comme les haches, seaux de sables et extincteurs pour le maîtriser  sont des éléments récurrents de cette scénographie. «  Où sont nos héros,… , nous voulons des héros » cette sentence de Jan Fabre est répétée une dizaine de fois avant que les dix danseurs/performeurs n’envahissent la scène.  Dont le centre est dominé en permanence dans une belle esthétique par un Prométhée ligoté et suspendu sur un fond où est projeté  le soleil ou  la lune. Mais il faudra attendre soixante quinze minutes avant  l’apparition  de mouvements de danse.  Auparavant, on assiste à un catalogue illustré de petites perversions sexuelles régulièrement éteintes par des projections de sables ou des jets d’extincteurs commandés par des personnages en habits religieux  hébraïques.
L’esthétique du spectacle est évidente, et Jan Fabre  démontre (non sans prétention !) son savoir-faire de la scène. Ces simulacres de violence ou de sexe sont bien joués et rôdés comme des jeux du cirque moderne, mais il  manque une véritable  émotion et une touche d’humour qui aurait  donné une autre dimension au spectacle….

Jean Couturier

Au Théâtre de la ville jusqu’au 8 avril, et  le 18 et 19 mai au CNDC d‘Angers


Archive pour 5 avril, 2011

La Maison, d’après La Vie matérielle

La Maison, d’après La Vie matérielle, de Marguerite Duras, mise en scène Jeanne Champagne

  D’un bon pa60780.jpgs, au fil des résidences, Jeanne Champagne (artiste associée à la Scène nationale de Châteauroux) poursuit son chemin durassien, et construit sa trilogie intime avec L’Eden cinéma Écrire et La Maison.
Cette Maison est construite , si-on-peut-dire, à partir d’un chapitre de La Vie matérielle, dont Margurite Duras précise qu’il ne s’agit ni d’un roman, ni d’un journal, ni d’un essai, mais d’un « livre de lecture », à partir aussi  d’autres textes, intimes, d’autres bouts d’écriture comme des recettes de cuisine.
C’est qu’il s’ agit bien de cela : comment une auteure intimidante, au point que quelques facétieux inventent sa marionnette en Marguerite Duraille, parle (à Jerôme Beaujour, et, du coup, à nous) et écrit de la « vie matérielle ». Ici, M.D., comme elle se nomme parfois, s’installe sans complexes dans le féminin, le foyer, la maison, sans idée de parité mais assurément en toute liberté et égalité, assise fermement sur la différence et la séparation des sexes. « La maison, c’est la maison de famille, c’est pour y mettre les enfants et les hommes », phrase inaugurale du texte.
(voir l’article de Philippe du Vignal l’automne dernier dans le Théâtre du Blog).
Tania Torrens, comédienne fidèle à Jeanne Champagne, commence à préparer une soupe, car s’il n’y a pas de soupe « il n’y a rien », et , partout où elle a joué avant d’arriver au Lucernaire, le public mangeait la soupe après le spectacle, la pure et authentique soupe de légumes;  attablée à préparer une soupe, donc, elle va droit au texte, comme elle va droit à sa tâche. Passent alors le sérieux de M.D. dans ses observations : par exemple , elle  ne connaît aucun homme qui ait lu Une chambre à soi , les bonheurs matériels à faire la cuisine l’après-midi, quand les invités, les autres, sont allés se promener ou faire la sieste, mais aussi sa tendresse, son orgueil de matriarche et sa modestie de ménagère. Il y a chez elle l’idée que sa maison, c’est soi-même, et qu’il y a une métaphysique de l’intérieur.
Et ce texte spécial, si physique n’est pas si étranger que cela aux autres textes de M.D.:on y trouve le même souci d’exactitude, et, sous une autre forme, le même rapport au corps. On en vient à se dire, à l’inverse, qu’il existe une écriture des gestes féminins à la maison bien intéressante elle aussi. On sourit, on a passé un moment ensemble, comme dit M.D. dans sa préface. Mais ce moment a été trop court.

Christine Friedel

Au Lucernaire 18h30 01 45 44 57 34, jusqu’au 21 mai -

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