TECHNIQUE DE L’EXIL

TECHNIQUE DE L’EXIL.Projet théâtral de Serge Tranvouez, sur des textes et chansons de Léo Ferré, conçu et réalisé par Serge Tranvouez et Stéphane Leach Serge Tranvouez.

Compagnon de Didier-Georges Gabily dans Violences et Les cercueils de Zinc entre autres, Serge Tranvouez s’était imposé en 1995 avec Le Partage de midi. Après plusieurs spectacles, notamment Jazz de Koffi Kwahulé au Lavoir moderne Parisien, il s’était beaucoup impliqué dans la pédagogie et avait monté un remarquable Gibier du temps de Gabily, avec les élèves du Conservatoire.
Cette fois, il revient lui-même sur scène pour ce “projet” qui semble totalement abouti. Il dit les textes splendides et mal connus de Léo Ferré, sur des musiques composées et accompagnées par Stéphane Leach au piano, à la guitare et sur un étrange instrument lumineux de la famille de l’orgue de Lasry-Bachet, il chante aussi ses chansons inoubliables, comme Les anarchistes et Ni Dieu ni maître. Une belle présence qui porte une trentaine de textes importants. On ne voit pas bien comment ce projet pourrait encore progresser, si ce n’est par l’accueil de structures professionnelles qui semblent de plus en plus sourdes…

Edith Rappoport

Théâtre de la Bastille

 

 


Archive pour 9 avril, 2011

LE BONHEUR DES UNS

LE BONHEUR DES UNS mise en scène de Philippe Delaigue, d’après Working, Histoires orales du travail aux États Unis de Studs Terkel, avec le Quatuor Debussy

Arrivée en retard, nous avons manqué le meilleur monologue du spectacle qui précède un beau quatuor à cordes, perché en haut d’une structure métallique. Au pied de  laquelle cinq personnages viennent témoigner de leurs métiers, deux call-girls devenues prostituées, un fossoyeur, un chef d’entreprise, une femme au foyer…. Entre chaque témoignage, le Quatuor donne Steve Reich, Phil Glass, George Crumb… Les acteurs sont malheureusement souvent dissimulés sous les 32 lampadaires qui surplombent le plateau, et qui cachent la vue des derniers rangs de cette salle complètement pleine.
On ne comprend pas bien le dispositif ni les éclairages et le spectacle s’étire en longueur ! Bizarrement, pour les amoureux du théâtre documentaire dont je fait partie, la mayonnaise semble ratée. Nous avions  gardé un beau souvenir des Derniers jours de l’humanité de Karel Kraus, que Philippe Delaigue avait joué au Théâtre de la Bastille, il y a une quinzaine d’années, avant qu’il ne prenne la direction du CDN de Valence qu’il vient de quitter.

 

Edith Rappoport

Théâtre 71 de Malakof

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Pieds nus, traverser (Z) mon cœur

Pieds nus, traverser (z) mon cœur,  de et par Michèle GuiGon, coécriture et dramaturgie de Suzy Firth, mise en scène d’Anne Artigau.©Vincent Serreau

  Michèle Guigon voilà deux ans avait déjà créé un remarquable solo, La Vie va où... C’est la vie où elle racontait avec beaucoup d’humour et de distance,  l’épreuve , en l’occurrence un grave cancer, qui l’avait atteinte et qui  lui avait redonné le juste sens des choses et de la vie.
Elle réitère cette fois avec un autre solo qu’elle a écrit et qu’elle vient de créer à la Comédie de Caen. “ Le titre, dit-elle, s’est imposé à moi. comme si je devais traverser mon cœur , en faire la visite de fond en combles pour avancer, évoluer. car après avoir énoncé que l’artiste est transformateur, j’ai ressenti le besoin de me mettre en conformité avec l’artiste en moi, que je sens précurseur de mon humanité. Monter ma vie au niveau de mes compréhensions d’artiste. Faire se rejoindre mes idées et mes actes, ce que je suis et ce que je pense”.

  Mais le spectacle va bien au delà de cette auto-proclamation un poil prétentieuse! Elle est seule sur scène ; il y a juste une chaise et une petite table débordante de feuilles de papier qui sont tombées un peu partout sur le plateau, comme un témoignage, un passage entre l’écrit et la scène. La cinquantaine arrivée, avec une belle lucidité, elle nous dit à la fois sa joie de revivre après les rudes traitements qu’elle a subis et elle nous livre des pans entiers de sa vie mais avec beaucoup de pudeur. Dans une sorte de grand écart entre l’écriture intime (comme elle dit: écrire sur l’intime. mais, écrire c’est intime!) et l’expression de cette intimité sur  le plateau. ce qu’elle réussit parfaitement aidée par  Suzy Firth et  Anne Artigau,  ses deux amies et collaboratrices de longue date.
  Elle raconte ainsi sa soumission absolue et quotidienne  aux indispensables médicaments qui sont passés de la salle de bains… à la cuisine, les rapports qu’elle entretient avec les médecins et son kiné qui lui dit: “ Vieillir c’est encore ce que l’on a trouvé de mieux pour ne pas mourir(…).  J’ai donc pour projet de vieillir ! Je sais que ce n’est pas très à la mode. Le botox, lui, est plus à la mode!  (…) Bien, quand on est jeune, on est surtout de jeunes cons, tout le travail consiste à ne pas devenir de vieux cons.
  Et elle fait un retour sur le passé de sa famille. Comment elle a retrouvé les brouillons des lettres que sa grand-mère avait écrit mais en vain pour faire libérer son grand-père dénoncé pour faits de résistance et fusillé par le Allemands au fort de Besançon. Il avait trente trois ans et son père  treize  . Son père qui ne rêvait que de tuer du Boche mais ne l’a jamais fait, fut ouvrier puis devint contre-maître, puis ingénieur et enfin  directeur d’une usine à Strasbourg. Mais,  emporté en six mois, comme elle dit, il n’avait pas su canaliser son énergie et il  est parti à  qurante ans seulement; elle en avait onze! Comme si l’histoire familiale s’était mise à bégayer.
  Le texte est d’une belle écriture, tout à fait maîtrisée, et même si le spectacle est encore un peu brut de décoffrage, et si la mise en scène flotte encore un peu. Il faudrait sans aucun doute revoir les éclairages vraiment trop parcimonieux surtout au début et la scénographie bien conventionnelle. Il faudrait aussi que Michèle GuiGon cesse de sourire tout le temps, ce qui tourne vite  au procédé et n’a rien de  convaincant…
  A ces réserves près, ces cinquante-cinq  minutes passent très vite  et Michèle GuiGon sait constamment préserver le fragile équilibre entre écriture et interprétation personnelle et trouve encore mieux que dans son dernier spectacle,  comment passer de la pensée à l’écriture, puis, comme elle  le dit finement,  de l’intime du “je” au jeu scénique. Les monologues ou “solos”,  selon l’expression actuelle, masculins ou féminins, sont un mode désormais très répandu mais il y en a peu qui aient cette qualité d’écriture et cette densité d’interprétation…

Philippe du Vignal

 Spectacle vu à la création  en mars à la Comédie de Caen; puis au Théâtre de l’Ouest Parisien, Boulogne-Billancourt les 17 et 18 mai 2011.
Au Lucernaire, Théâtre Rouge, du 22 juin au 23 octobre à 20h du mardi au samedi, et le dimanche à 17h, à partir du 11 septembre.

Les Serments indiscrets

Les Serments indiscrets, de Marivaux, mise en scène de Anne-Marie Lazarini.

 

arton273385462.jpg          Lucile et Damis sont promis l’un à l’autre mais tous deux, attachés aux libertés du célibat, sont résolus à ne point se marier. Pourtant, à la première rencontre, chacun tombe sous le charme de l’autre. Mais pas question de se l’avouer sans risquer de perdre de sa superbe… Et de leur côté, Lisette, suivante de l’une, et Frontin, valet de l’autre, joignent leurs efforts pour séparer les deux jeunes gens et garder ainsi l’emprise qu’ils ont sur eux. C’est sur ce rien, sur ces légers plis d’orgueil, que se bâtit l’ intrigue un peu labyrinthique de la pièce qui n’est sans doute pas une des meilleures de Marivaux.
Et malheureusement la mise en scène et la scénographie n’allègent pas les choses. De longs pans de toile de plastique blanc, créant des effets de résonance pas très agréables, et le sol, aussi recouvert de plastique est parsemé de fausse grosses pierres lisses (des sculptures de David Dreiding) sur lesquelles les acteurs s’assoient parfois avec maladresse, et qui ont la particularité de s’illuminer lorsque le noir se fait, entre chaque acte, sans aucune pertinence. Sur la blancheur du décor, encore renforcée par la luminosité et la couleur crème des robes, se détache une épinette toute peinte de rouge, à laquelle les actrices viennent parfois s’asseoir munies de partitions, sans toucher jamais au clavier. La motivation profonde de tout cela reste obscure. On ne comprend pas non plus pourquoi un perroquet est soudain apporté sur scène en guise de touche finale. Et cette torpeur générale qui nous prend est accentuée aussi par le jeu des acteurs, uniforme et sans couleur. Merci toutefois à Jacques Bondoux (Orgon, père de Lucile), et à Dimitri Radochévitch (Ergaste, père de Damis), et Cédric Colas (Frontin) qui ont souvent su trouver le ton juste et surtout Frédérique Lazarini (Lisette) pour sa vitalité et son énergie comique.
Un spectacle finalement assez fastidieux…

 

Élise Blanc

 

Théâtre Artistic Athévains, jusqu’au 24 avril.

 

 

Pina : dansez, dansez sinon nous sommes perdus

 

Pina : dansez, dansez sinon nous sommes perdus, en 3D de  Wim Wenders

pina.jpgTout amateur du travail de Pina Bausch peut  quand même voir ce film  de Wim Wenders réalisé après  son  décès , même s’il a un aspect d’hommage posthume qui se situe à l’opposé de l’élan vital incarné par la compagnie depuis sa création.
La 3D qui donne une dimension jusque là méconnue au travail chorégraphique, le spectateur a la sensation de se trouver  au milieu des danseurs qui dansent «  Le Sacre du printemps », « Café Müller », «  Konthakhof » ou « Vollmond ». Et on découvrira Wüppertal, qui nous transporte dans la vie de la compagnie. Loin d’un certaine agitation parisienne qui l’accueillait  à chaque venue au Théâtre de la Ville celle ci, il faut avoir vu cette troupe dans cette  ville d’Allemagne pour y découvrir une partie de son âme.Les rêves dansants remarquable témoignage sur la transmission d’une chorégraphie nous transportait déjà dans cet univers (voir Théâtre du blog  du 28/10/2010).

Que dire sur Pina Bausch ? Tout a été dit et écrit. Que retenir  d’autre que les larmes qu’ entraînent les images de ses spectacles sur le visage de  femmes et d’hommes du monde entier. Comme en a si bien témoigné le cinéaste Pedro Almodovar dans le film presque prémonitoire  Parle avec elle .

Jean Couturier

 

 

Pina, dansez, dansez, sinon nous sommes tous perdus : en salle dans toute la France.
Les rêves dansants  d’Anne Linsel et Rainer Hoffman et  Parle avec elle  de Pedro Almodovar  édités en DVD.

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