Petit mal

Petit mal par Race Horse/Compagny Circo Aereo

Dans le petite monde du cirque contemporain (tout de même 950 spectacles, environ, sont à l’affiche dans l’hexagone en ce  moment) les artistes scandinaves ont fait une percée notoire, apportant un génie, une touche qu’on leur connaissait jusqu’alors en littérature et au cinéma : une certaine esthétique du loufoque voire de l’absurde. Les trois jeunes acrobates de Race Horse se sont attachés la collaboration de Maksim Komaro, co-fondateur avec Jani Nuutinen de la compagnie « Circo Aereo » en 1996 et dont on avait pu voir les talents aux côtés de Jérôme Thomas comme  des Objets volants dans l’excellente pièce Espresso, pour ne citer qu’un exemple.Dans un terrain vague formant un huit-clos réussi, ils nous dépeignent tout à la fois les solidarités, les violences et les tentatives – avortées – d’émancipation  de  leur modeste condition. Bref, ils « zonent » parce qu’ils n’arrivent pas à en sortir….
Mais le propos est à peine lisible à travers le traitement formel proposé et en dehors de qualités physiques exceptionnelles, point de dramaturgie véritable. Il ne se passe rien, ou plutôt, ou suivant une écriture rythmique qui ferait pâlir d’envie les meilleurs cirques traditionnels. Les numéros individuels et les tableaux collectifs s’enchaînent suivant un conformisme assez déroutant (le numéro au mât chinois est d’un classicisme stupéfiant), reléguant en prétexte «façon fil rouge , un propos qui tenait déjà sur un simple petit aide- mémoire.
Alors oui, les corps paraissent engagés dans l’action, mais la violence est à peine suggérée et les corps ne sont jamais habités par l’interprétation dramatique que nous étions en droit d’escompter au regard du propos suggéré.Oui encore, le foisonnant et le loufoque viennent de temps en temps briser la monotonie des tableaux qui nous sont proposés.
Oui enfin, certains numéros -comment les appeler autrement ?- sont plus forts que d’autres (au trampoline comme la scène des ballons qu’on ne dévoilera pas ici. On ne leur retirera pas une chose qui peut suffire à certains spectateurs : il est agréable de les voir s’envoyer en l’air comme ils le font et on ne boude  pas devant le plaisir qu’ils éprouvent. Mais cela semble un peu court au regard du dispositif proposé.
Présenté par nombre de professionnels, qui avaient pu voir ce spectacle à l’étranger , comme une sorte du cirque Archaos des années 2000, ce spectacle est d’un ennui profond traversé par quelques fulgurances… 

 Jérôme Robert

Du jeu. 7 au sam. 9 avril à 21h et le dim. 10 avril à 17h – Grande halle / Salle Charlie Parker

Dans le cadre du festival Hautes Tensions au Parc de La Villette

Pour en savoir plus : http://www.villette.com/agenda/hautes-tensions-2011.htm

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Archive pour 10 avril, 2011

Nour

Nour par Le GdRA

       7503gdra.jpgLe GdRA, fondé en 2007 par Christophe Rulhes, Julien Cassier et Sébastien Barrier , nous a ébloui lors de sa première création intitulée Singularités ordinaires qui a même été invitée au  Festival in d’Avignon, excusez du peu pour une première… L’attente était donc grande pour cette nouvelle création.La compagnie est pluridisciplinaire et met en œuvre  une esthétique du foisonnant, qui rappelle le rêve – et qui  l’atteint par bien des aspects – celle d’un théâtre total.
Si leur attachement à la forme est une chose, la notion de propos demeure la pierre angulaire d’un  travail qui débute une fois encore par une démarche de type ethnographique, suivant l’école d’une sociologie du sujet, du singulier, et qui réfute une sociologie globalisante et déterministe. Elle enterre la démarche bourdieusienne, en quelque sorte.
Ils s’appuient donc sur la théorie des réseaux rhizomiques et sur leur décryptage pour explorer la figure d’une personne unique. La démarche est donc oxymorique en apparence : une lecture du complexe pour étudier le singulier. Voilà le programme intellectuel, plutôt stimulant, du reste.Le dispositif scénique marque « la patte » de la compagnie : l’omniprésence d’un blanc tranché par un sol rouge, une scénographie qui s’élève telle une petite pièce d’architecture et qui masque un trampoline en fond de scène, des coulisses à vue permettant aux artistes de s’asseoir et de changer de costumes,  et qui contribue  utilement à marquer l’ambiguïté entre réel et fiction.
La personne singulière s’appelle Nour. Une jeune femme issue d’une famille de  neuf enfants dont les parents sont d’origine algéro-marocaine, qui ont immigré dans la région de Boulazac. Elle a vécu chez ses parents mais a passé beaucoup de temps chez sa tante à l’instigation de sa mère qui cherchait à la protéger d’un contexte familial peu évident. Elle a tissé un réseau de relations représentées par des figures emblématiques qui nous sont présentées sous forme de documentaires relayés par les jeux des comédiens. Chacun nous livre une facette du kaléidoscope qu’est Nour, éclairant ainsi sa trajectoire émancipatrice (incarnée par sa passion pour la danse hip-hop).
Cette pièce est parfaitement léchée, les artistes se livrent à de multiples niveaux de jeu   avec la voix comme avec les corps, appuyés par un musicien polyinstrumentiste et véritable performeur vocal.Tout est parfait ? Hélas, non. Et à peu près à tous les étages.  D’abord, s’il ne fait aucun doute que les documentaires aient pu nourrir le propos de la compagnie, et qu’ils sont agencés suivant un ordre qui sert la compréhension de la vie de Nour, le choix qui consiste à « doubler » les dires des personnes interrogées par les artistes sur le plateau apparaît artificiel dans la mesure où cela n’apporte rien, ni au fond, ni au traitement formel. On voit bien l’intention de faire le pont entre le réel supposé et la fiction, mais  cela paraît quelque peu  plaqué …Et toute la phase introductive du spectacle consiste en un propos très revendicatif sur l’intérêt – et l’importance – d’une approche du singulier, du retour à la personne pensée dans un système plutôt que d’une étude improbable et peu féconde d’un système globalisant.
Cet exposé avec lequel on peut être assez rapidement d’accord présente une conséquence directe quant à la  réception du spectacle : celle d’une attente d’une mise en application assez scrupuleuse de ladite conception à partir d’une méthode scientifique, donc. Et ce, quand bien même la forme de la restitution ne serait pas celle d’une thèse de doctorat en sciences sociales et humaines, cela va de soi. Mais au-delà de « l’exposé des motifs » et des effets de la méthode promise comme féconde, que nous est-il dit ? Quelle est la force du décryptage promis ? Que la vie est plus complexe qu’il n’y paraît ? Qu’il est possible de vaincre les lois présumées universelles du déterminisme social ? Que bien des problématiques – qui sont évoquées mais qui ne sont jamais articulées les unes aux autres, chose qu’on attend précisément d’un tel travail – traversent cette histoire, s’agençant entre elles pour créer  des pistes de compréhension de cette trajectoire de vie ? Mais à quoi bon lever ces lièvres assez connus, si ce travail reste à effectuer par le spectateur ?
Enfin, un hiatus apparaît entre la forme aseptisée de la scénographie et l’implication des corps et des voix des personnages, plus en lien avec l’esprit revendicatif du propos. Comme si la nécessité de faire apparaître la patte formelle  de la compagnie avait été surestimée. Impression en l’occurrence,  un peu gênante.
Le spectacle est donc en-deçà de ce qu’il prétend être;c e qui lui confère une relative suffisance malgré l’empathie qui caractérise le sujet de la pièce. En somme, il est à la fois plaisant par son ambition et par une bonne partie du traitement formel, mais déplaisant dans ce qu’il charrie comme pensée politiquement correcte ,  quelque peu moraliste (penser  la place de l’individu dans le social et pas autrement) et se perd dans sa propre logorrhée: on peut réduire le spectacle d’une bonne vingtaine de minutes.
Ce travail vaut  la peine d’être vu : et dans les moments de réussite ,  on sent que bien des manières d’envisager le spectacle vivant et sa fonction sociale sont aussi  possibles.


Jérôme Robert

Du mer. 6 au sam. 9 avril à 21h - Espace chapiteaux
Dans le cadre du festival Hautes Tensions au Parc de La Villette

Pour en savoir plus :. http://www.villette.com/agenda/hautes-tensions-2011.htm


Qu’après en être revenu

Qu’après en être revenu par L’Association W / Jean-Baptiste André

            8100test.jpgJean-Baptiste André est une figure marquante du cirque contemporain dans sa spécialité (l’acrobatie et les équilibres sur les mains) comme dans le rapport qu’il entretient avec la danse. Les spectacles créés par sa compagnie (il a d’autres collaborations artistiques en dehors, résolument transdisciplinaires) sont des soli caractérisés par un dépouillement, un art de l’épure et une esthétique du gracieux, et il plaçe ses propositions du côté d’un art de la contemplation, assez formel, loin des modes narratifs non verbaux auxquels nous a souvent habitué le nouveau cirque.Pour ce spectacle, la promesse du changement est grande: il  s’agit d’un trio : deux hommes et d’une femme partageant la même spécialité. Et le titre même du spectacle nous convie à un propos qui à défaut de suggérer un espace, nous expose un temps : un après quelque chose.

Malheureusement, si l’on retrouve les qualités corporelles attendues chez Jean-Baptiste André et que l’on découvre celles des deux autres interprètes, ce spectacle suscite la déception. Tout d’abord la dramaturgie. Promise, elle est absente. Aucun point de vue, si ce n’est la suggestion d’efforts extrêmes d’une équipée d’explorateurs face à des entraves peu lisibles…Ont-ils chaud ? Ont-ils froid ? Autre chose peut-être ? Bien malin celui qui répondra sans avoir lu le programme du spectacle. L’interprétation ensuite. Ces explorateurs ne campent pas convenablement leurs personnages (on ne croit pas un seul instant qu’ils en soient) et quand ils quittent leurs postures acrobatiques, ils paraissent déserter leur corps, perdus sur un plateau nu certes, mais pas aussi vaste que celui du Théâtre de la Ville…
La musique, jouée en direct, prend le parti de l’omniprésence, de la lancinance,  et renforce ainsi le rapport au temps long, à l’épreuve endurée par les protagonistes. Bien vu, si cela prenait le relais du travail des interprètes. Mais quand celui-ci est en-deçà d’un niveau d’interprétation souhaitable – en l’occurrence lisible -, cette musique devient un vrai calvaire d’ennui. Deux minutes de silence en dernière partie de cette pièce nous ont procuré un état d’apaisement qui en dit long sur l’impression ressentie le reste du temps.
La problématique était belle et invitait, en l’espèce, à une mise en abyme des plus intéressantes : pourquoi, après être revenu de telles extrémités certains désirent à nouveau revivre ces extrêmes ? Traitée par un artiste de cirque, une plongée dans les ressorts de la pratique aurait été bienvenue, mettant en situation de parallélisme les explorateurs du Grand Nord et les artistes de cirque…
Mais cela reste au niveau de l’intention.Ils sont passés à côté et vous pouvez donc en faire autant, sans manquer d’assister aux autres spectacles de cette compagnie qui mérite d’habitude le détour…

Jérôme Robert

Du mer. 6 au sam. 9 avril à 19h – Grande Halle / salle Boris Vian
Dans le cadre du festival Hautes Tensions au Parc de La Villette
Pour en savoir plus :
http://www.villette.com/agenda/hautes-tensions-2011.htm

TARTARIN RACONTÉ AUX PIEDS NICKELÉS

TARTARIN RACONTÉ AUX PIEDS NICKELÉS  de Marie Vayssière, Compagnie du Singulier, 

  Étonnant spectacle, que cette célèbre œuvre d’Alphonse Daudet, contée par Miloud Khetib ,coiffé d’une chapka, à trois hurluberlus, Croquignol, Ribouldingue et Filochard, perruqués, grimés, en costumes caricaturaux, qui l’écoutent d’abord sagement, et qui s’échappent pour aller s’empiffrer et se saouler dès qu’il sort de scène ! De vieilles cartes géographiques de la France coloniale des salles de classe entourent le plateau, et servent d’accessoires aux trois compères pour figurer les transports de Tartarin en Algérie, à la recherche des lions qu’il compte exterminer. Tour à tour âne, lion, chameau, les comédiens qui portent  des cartes  et qui sont habillés d’oripeaux dansent un ballet infernal autour du plateau dans un joyeux foutoir de serpentins et d’objets disséminés.
Ribouldingue interrompt le conteur pour conter avec une toute petite voix l’histoire de Blanquette, celle du chien, de l’Alsacienne et d’Hannibal à Capoue. Un autre Pied Nickelé prend parfois la parole avec gravité. Le retour triomphal de Tartarin à Tarascon, délivré de sa passion léonine qui a constaté qu’il n’y avait pas plus de lion en Algérie que sur le Pont neuf est un triomphe.
Le Studio Théâtre de Vitry, lieu de fabrication, géré avec une belle générosité par Daniel Jeanneteau et Damiano accueille de loin en loin pour trois représentations des spectacles singuliers qui méritent de trouver une véritable diffusion ignorée par des institutions égoïstes. Ce Tartarin pourrait réjouir toutes les générations.

Edith Rappoport

Studio Théâtre de Vitry 

http://www.studiotheatre.fr/tartarin-raconte-aux-pieds-nickeles.html

Les petits tours de prestidigitation de tonton Fredo…

  C’était dans les tuyaux depuis plusieurs jours, et voilà,  c’est confirmé: tonton Fredo , ministre de la culture de la République française,  (si, si!) a pris sa décision et ne renouvellera pas le mandat d’Olivier Py , directeur du Théâtre de l’Odéon, et  le remplacera par Luc Bondy, ( 63 ans), par ailleurs, excellent metteur en scène. Donc,  au nom de la République, le couperet est tombé  ….
Les raisons? On se demande encore: guère d’atomes crochus entre le ministre et le directeur, dit-on, mais cela ne suffit pas, d’autant que la direction artistique  et la programmation d’Olivier Py ont été depuis sa nomination d’une qualité exemplaire. Petits règlements de compte entre « amis »,  comme dans une république bananière, mais quand il s’agit d’un haut poste comme celui-ci, l’hypothèse ne tient pas non plus  la route. Mais  la très récente création d’Adagio qui retraçait la carrière de François Mitterrand, dit-on, n’aurait pas plu au ministre , ni en haut lieu…
Vous avez dit en haut lieu? Là, la piste serait plus sérieuse mais, vu les événements actuels un peu partout , au Japon comme en Afrique, le dit » haut lieu « a sûrement d’autres chats à fouetter. Encore que? On en a vu d’autres; depuis longtemps, et nous n’avons pas la mémoire courte, le Ministère de la Culture, à la botte du pouvoir,  s’est fait une spécialité de ce genre de coups bien hypocrites et pas du tout  réglos.

 Et tonton Frédo,  qui n’en est pas à une gaffe près, aurait  même précisé avec beaucoup de délicatesse, qu’Olivier Py serait « bien traité »: comme un otage, un prisonnier, un suspect quelconque?  Vive la République….  et tous aux abris! L’affaire est trop grave et le Ministre  doit absolument  et très vite s’expliquer. Il répliquera sans doute qu’il a mis fin à un contrat mais n’a pas procédé à un licenciement. Refrain connu : comme à Radio-France encore récemment…. Offrira-t-on, en compensation,  la direction du Festival d’Avignon à Olivier Py ? Peut-être.
   En tout cas,  ce genre de décisions n’honore pas Frédéric Mitterrand qui avait récemment reconnu qu’il ne connaissait pas bien le milieu  du théâtre; moralement , ce n’est pas bien! Une pétition de soutien – on verra bien qui signera dans le milieu -va être mise en place : levez le doigt ceux qui approuvent une décision aussi bête que malsaine. Olivier Py va  pouvoir compter ses amis.
Le ministre reviendra-t-il sur sa décision? Ce serait étonnant mais sait-on jamais! Pas question de céder à la pression de la rue, avaient dit déjà Devaquet  en 86, Balladur en 94 , Juppé en 95  et Fillon en 95 aussi., et le gouvernement avait capitulé : oui, mais voilà, il faudrait que la profession fasse preuve d’une belle unité, et cela, c’est moins évident!  Bien entendu, nous vous tiendrons au courant.   Et Luc Bondy, dans cette histoire nauséeuse qui n’honore pas le pays des droits de l’homme  et qui sent les fins de règne? Il serait tout à  son honneur, dans ces  circonstances,  de refuser rapidement  cette nomination…

En attendant , à titre personnel, nous apportons notre soutien et celui du Théâtre du Blog, à Olivier Py ainsi qu’à l’équipe du Théâtre de l’Odéon.

Philippe du Vignal

Frédéric Mitterand Olivier Py Odéon

De Jacques Livchine :
On attend mieux que cette réaction alignée et conformiste.
A part les milieux confinés des courtisans du théâtre public, tout le monde s’ en fout.
C’est le Système de toutes les nominations qu’il faut révolutionner! C’est l’ancien régime, 5  théâtres nationaux et directeurs nommés par Sarkozy. Vous croyez que dans ma municipalité PS je puisse faire l’éloge de Sarkozy une seule minute dans une pièce que j’aurais écrite! je serais viré illico. Celui qui paie il veut du retour électoral . Il faut faire une loi de séparation du theatre et de l’etat.
Nous dépendons tous du politique et le théâtre s’en trouve bien malade.
Et puis vous savez, ceux qui connaissent les coulisses savent à quel point Py sous des airs de pureté a su être intrigant. Quand tu te jettes dans les bras de l’état tu es foutu. A la tête d’un theâtre national tu n’es plus qu’un artiste médiocre.

Py , ce que j’ai vu de lui. Je me tais. A l’opéra , oui ,il doit être bon. Il a de la chance d’être viré, ça grandit sa légende. Bondy est une crapule et leurs histoires d’Europe des impostures totales. Faisons occuper tous les théâtres nationaux par des vrais artistes, des vraies compagnies, éliminons les petits carriéristes, Brochen, Mayette, et. Je ne sais plus qui.

Je sais faire la différence entre le théâtre du soleil et l’Odéon .

Jacques Livchine

réponse de Philippe du Vignal:

Réponse à Jacques Livchine

La réaction soi-disant “alignée et conformiste” n’est pas seulement la mienne! Mais celle des autres collaborateurs du Théâtre du Blog que j’ai pu joindre. Non,tout le monde ne s’en fout pas, et que Chéreau, entre autres, se soit manifesté, en disant que c’était le fait du Prince: c’est évident et qu’un ministre de la Culture se voit finalement désavoué en filigrane par l’Elysée, France-Inter ce matin) ce n’est pas tous les jours que cela se voit Et bien entendu, cette affaire dépasse de loin le cas d’Olivier Py: là-dessus , nous sommes d’accord là-dessus.
Le système de nominations est toujours passé par l’Elysée, à plus ou moins haute dose, nous le savons tous, et ce n’est pas à toi que je ferais la démonstration, via le biais de réseaux que nous connaissons tous. Revoir le système? Mais que proposes-tu? Les nominations à la tête d’organismes d’Etat resteront faites par l’Etat, contrôlés par L’Etat… ou par les collectivités locales: on ne voit pas bien comment et par quel système cela pourrait se passer autrement, quel que soit le gouvernement.
J’ai vu personnellement la plupart des spectacles d’Olivier Py et de ceux qu’il a programmés. Ce qui semble n’être pas ton cas, comme tu le reconnais. Même si je n’ai pas trouvé ( en particulier l’Orestie) qu’ils étaient tous d’une qualité exceptionnelle mais quand même, on verra si son successeur aura plus de talent pour renouveler son public .
Qui peut afficher un tel bilan quatre ans après avoir été nommé?
Ne répondez pas tous à la fois. Mayette, à la Comédie Française, sûrement pas! Hervieu à Chaillot pas plus! Brochen, n’en parlons pas, Besset à Montpellier! … Et, que Jacques Livchine se rassure, nous saurons toujours faire la différence entre le Théâtre du Soleil et l’Odéon.
Ce qui tient d’un véritable scandale,et qui est insupportable, c’est cette arrogance, ces explications vaseuses, comme si toute décision d’un ministre de la Culture était le fait du Prince depuis deux ans qu’il a été nommé. « Bilan remarquable, il a été bon mais ce n’est pas une raison »: ce que le Ministre reprocherait à Olivier Py , c’est le manque d’orientation vers l’Europe, ce qui est quand même un peu énorme.Mais il a quand même eu comme du mal à invoquer ce qui ressemble fort à un prétexte. Tout se passe comme si Frédéric Mitterrand semblait un peu dépassé par cette tempête médiatique, en allant jusqu’à dire qu’il trouve que Claude Régy est un immense metteur en scène, même s’il a signé la pétition en faveur d’Oliver Py. En fait tout se passe comme si le Ministre avait été obligé de se plier à une décision qui ne venait pas de lui.
Tout cela ne vole pas très haut Attendons la suite… D’autant plus que François Baroin, porte-parole du gouvernement, a bien précisé que le Ministre proposait, et que le Président décidait.. C’est très aimable pour tonton Frédo! Et les explications ce matin à France-Inter du Ministre ne sont pas plus claires! Le Ministre, qui n’a pas même pas vu le dernier spectacle d’Olivier Py, se défend par rapport à un agenda jugé pas évident: quid de Muriel Mayette toujours pas renouvelée à quelques mois de l’expiration de son mandat,ou du successeur d’Alain Crombecque à la tête du Festival d’Automne: le moins que l’on puisse dire est que tonton Fredo a habilement botté en touche mais n’a pas vraiment répondu aux questions précises  de Laure Adler.
Mais il fera tout pour placer Olivier Py à la tête du Festival d’Avignon, comme, poussé dans se derniers retranchements, il a fini par l’avouer, ce qui était un secret de Polichinelle. Mais de toute façon, d’ici là, comme il ne sera plus ministre de la Culture, il ne prend pas beaucoup de risques… Souvenez-vous Catherine Trauttman avait placé Dominique Pitoiset à la tête de Chaillot; entre temps Catherine Tasca devient ministre: Pitoiset passe à la trappe  et  c’est Goldenberg qui est nommé, et ce ne fut pas spécialement  une réussite!
Tout se passe en fait comme si Frédéric Mitterrand avait plus ou moins été mis devant le fait accompli et faisait semblant de ne pas le savoir, même si l’affaire en question l’a quand même éclaboussé. On attendait mieux d’un Ministre de la République…Laure Adler recevra Robert Abichared, homme de grande intelligence théâtrale et de haute pensée: ce serait étonnant qu’il soit d’accord avec ce genre de mesures.  Quant à Luc Bondy, on lui souhaite bien du courage…

Philippe du Vignal

21h05 jeudi . Py accepte comme réparation Avignon! L’incendie est éteint. Qui défendra les 2 directeurs d’Avignon ? On est en pleine décadence et je soupçonne Py d’être un fameux intrigant.
Ils doivent diriger le festival alors qu’ils sont désavoués. Mitterrand doit démissionner selon moi. Il n’est pas à la hauteur de sa tâche, et Py ne sort pas grandi de cette affaire

Jacques Livchine

Les deux directeurs d’Avignon ont déjà obtenu un rallongement de leur contrat initial et Py  n’ pas pris lmeur place  quand il accepté ce lot de consolation. Peut-on le lui reprocher? Muriel Mayette est renouvelée.Mais attendons la suite de cet épisode. Ainsi finit l’un des plus mauvais spectacles de l’année.
Et Mitterrand, qui s’est déconsidéré dans cette histoire , ne démissionnera pas, il faudrait être bien naïf pour le croire, mais il  sera peut-être remplacé à la faveur d’un de ces  nombreux remaniements ministériels dont Sarkozy est coutumier.

 

Philippe du Vignal
 

 

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