Pas d’inquiétude

  Pas d’inquiétude de Virginie Hocq, avec la collaboration Marie-Paule Kumps, Jérôme de Warzée et Marc-Donnet-Monay, mise en scène de Marie-Paule Krumps.

 

 virginie.jpg Après un troisième spectacle C’est tout moi en compagnie de Victor Scheffer, on a vu Virginie Hocq dans Les deux Canards de Tristan Bernard; elle revient au Petit-Montparnasse avec un solo: Pas d’inquiétude.  Elle commence à chauffer la salle avec une parodie de music-hall avec chanson disco, en petit short  pailleté et collants noirs, avant de mettre vite fait un pantalon avec corsage tout aussi noir.s Mais c’est déjà le délire dans la petite salle  visiblement remplie de son fan club français et belge.
 Et elle va enchaîner pendant un peu plus d’une heure, des petits sketches  aux thèmes les plus divers: une lettre délirante au père Noël d’une jeune adolescente, une femme obsédée par la chirurgie esthétique, une jeune enseignante qui ne sait plus comme gérer ses étudiants, ou -et c’est  sans  doute  celui qui est le mieux écrit-un dialogue entre une clown et un enfant hospitalisé. Elle est intelligente et drôle, connaît toutes les ficelles du métier pour se mettre le public dans la poche, sait imiter les animaux, notamment des bonobos, et danse avec un bonheur contagieux. Ce qui en fait une vraie bête de scène. 
Virginie est une excellente comédienne et passe de l’un à l’autre de ses personnages avec un  savoir-faire, un rythme et une énergie remarquables, et, ce qui ne nuit pas, avec une belle générosité. La mise en scène, elle,  n’est pas aussi réussie  et ne fait pas toujours dans la dentelle (fumigènes, musiques , scénographie et effets lumineux bien vulgaires). Avec  un rire gras, le public applaudit après chaque sketch  trop  souvent  racoleur et semble beaucoup apprécier quand le texte est à double sens, sexuel, bien entendu,  et Virginie Hocq n’hésite pas à en rajouter une petite, voire une grosse  louche. Et là, c’est souvent limite : cela passe quand même, grâce à une gestuelle et à une diction tout à fait impeccables: on voit qu’elle a eu de bons  enseignants au conservatoire de Bruxelles et qu’elle a beaucoup travaillé …

  Mais cela suffit-il? Pas si sûr. Virginie Hocq est sympathique et a un talent comique indéniable , mais, attention danger:  elle aurait tout intérêt à mettre son énergie et sa belle  intelligence de comédienne au service de textes qui volent quand même un peu plus haut.
  La virtuosité facile paye sans doute mais… à très  court terme, et Virginie Hocq devrait faire preuve de plus d’exigence dans ses choix.

 

Philippe du Vignal

Le Petit Montparnasse  31 rue de la Gaieté 75014 Paris 01-43-22-74


Archive pour 13 avril, 2011

Lise Brunel nous a quittés…

Lise Brunel nous a quittés…

image51.jpgElle allait avoir 80 ans et nous l’avions bien connue dans les années 70 aux Chroniques de l’Art Vivant que dirigeait Jean Clair, historien et critique d’art; Lise Brunel, critique avertie, fit partager en pionnière, avec humilité et générosité, sa passion de la danse contemporaine, notamment américaine  avec Trisha Brown,inconnue à l’époque à qui elle consacra à un livre.
C’était une époque de découvertes, où, dans ce même magazine, nous le faisions pour le théâtre actuel, Dominique Noguez pour le cinéma, et, récemment disparus, Daniel Caux  pour la musique et Alain Clerval pour la littérature. Alors que la France découvrait encore seulement Maurice Béjart…
Lise Brunel avait d’abord été danseuse avec Londolf Child,chorégraphe de la danse expressionniste allemande, puis elle collabora comme critique aux Lettres françaises et travailla aussi au Musée d’art moderne avec Pierre Gaudibert mais aussi avec  les grands maîtres Françoise et Dominique Dupuy qui, les premiers en France, accueillirent Merce  Cunnignham. Elle fut aussi la conseillère de Jean-Marc Adolphe à l’Espace Kiron. C’était l’épouse de Jacques Dugied, scénographe de cinéma, en particulier de Lautner .
C’est dire qu’elle avait traversé toute la danse contemporaine qui lui devra beaucoup.  Adieu, Lise et merci.

Philippe du Vignal

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