Walking next to our shoes

Walking next to our shoes…, Robyn Orlin

walkingnext026.jpgCombien avez-vous payé vos chaussures ? Et quelle est votre pointure ? La question vous semble incongrue, voire déplacée ? Pourtant c’est par ces mots que débute la dernière création de la chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin.
À peine avez-vous fait un pas dans la salle de spectacle que d’étranges individus masqués se jettent sur vos pieds pour les filmer, voire subtiliser vos chaussures avant de les mettre aux enchères face public.
Surtout ne vous offusquez pas, détendez-vous car il ne s’agit que d’un jeu. Une plaisanterie, facétieuse et légère, des danseurs sud-africains qui n’hésitent pas à se moquer de notre attachement excessif d’Occidentaux à la matérialité des objets et de notre possessivité. D’ailleurs, si le spectacle s’intitule Walking next to our shoes…, ce n’est pas seulement parce qu’il est dédié à la chaussure, et qu’il révèle son importance en Afrique du Sud, où on la rafistole jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’à l’état d’une vulgaire semelle inutilisable, et où existent encore plein de petits métiers qui lui sont rattachés et auxquels cette représentation rend hommage.
C’est aussi, comme la traduction littérale du titre le suggère, un moyen d’afficher le décalage, les différences entre les deux continents, et de nous mettre en question. Ne sommes-nous pas dans l’erreur, nous qui sommes toujours si sérieux et pour qui tout est grave ? Car ce qu’offrent ce soir les danseurs de Johannesburg, c’est toute la fraîcheur, la gaieté, l’humour, l’entrain de ceux qui vivent dans un autre système de valeurs, moins, beaucoup moins matérialistes, peut-être moins superficiels. De là à dire plus heureux, la question reste ouverte.
En tout cas, la représentation déborde largement le cadre de la seule chaussure et s’ouvre sur d’autres sujets qui renvoient aux préoccupations quotidiennes de l’Afrique du Sud postapartheid, comme l’amour, le mariage, le sida, la jalousie, l’espoir…
Soit un spectacle chanté et dansé sur des rythmes zoulous, impressionnant, expressif et universaliste, et non pas seulement récréatif, porté par une équipe de joyeux drilles, à l’énergie phénoménale, au physique extraordinaire et atypique, à la danse plus que singulière, aux costumes chatoyants, et surtout qui ne se prennent pas au sérieux. On peut toutefois regretter l’absence de fil conducteur entre les différentes scènes pas forcément toujours bien liées entre elles, et qui tend à rendre l’ensemble un peu décousu.
Bref, une bouffée délirante et fantaisiste qui donne envie de se lever de son siège et de danser en leur compagnie, comme ils nous y invitent effectivement. Le mot d’ordre ? Souriez et lâchez prise !

Barbara Petit
A L’apostrophe-Théâtre des Louvrais le vendredi 8 avril à 20h30.

 


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