QUI A PEUR DU LOUP?

QUI A PEUR DU LOUP? de Christophe Pellet , mise en scène de  Matthieu Roy. 

quiapeurduloup.jpg Dimitri, jeune garçon au seuil de l’adolescence, vit seul dans la maison de ses parents, dans un pays de l’Europe de l’Est où la guerre vient juste de se terminer. Sa mère, Mira, est partie pour la France pour trouver du travail, son père se bat encore de l’autre côté de la forêt habitée par les loups qui sépare la maison du reste du monde. Une voisine, Livia, amie de sa mère, s’occupe de lui, lui apporte à manger avant d’aller travailler, elle qui fait un travail de nuit. Flora, sa camarade d’école, qui dessine sur ses cahiers des animaux sauvages, veut lui faire une tête de renard, mais Dimitri se sent plus loup que renard. La nuit, il rêve à ceux qui sont loin, son père, sa mère, il les rejoint grâce à son skate, son complice dont les roues sont abimées. Un jour, Dimitri rejoindra les loups dans la forêt et se retrouvera face au fusil de son père.

Cette première pièce de Christophe Pellet pour la jeunesse, écrite à la demande de Matthieu Roy qui dirige la Compagnie du Veilleur à Poitiers , et a déjà mis en scène d’autres pièces de lui, fait se croiser habilement de nombreux thèmes, réalistes pour certains, – la solitude de l’enfant dont les parents tentent de survivre, la guerre, le corps qui change-, fantastiques pour d’autres, – la forêt protection et piège, le loup redouté et attirant, prédateur et victime, les objets aux pouvoirs magiques, l’animalité qui est en chacun de nous.
Ce texte d’une très grande richesse, Matthieu Roy, entouré d’une belle équipe, l’a mis en scène avec une intelligence et une exigence qui le font décoller du réalisme. Un travail sur le son qui décale les voix , une direction de jeu qui n’oublie pas le corps mais éloigne le pathos, tout concourt à suggérer plutôt qu’à illustrer la dimension fantastique du récit, à nous le rendre d’autant plus inquiétant.Romain Chailloux est un Dimitri têtu et lucide face aux deux figures féminines qui essaient de lui faire accepter les épreuves et les métamorphoses qui jalonnent la vie d’un jeune garçon.
La  découverte d’ une belle pièce pour la jeunesse, dans  une mise en scène qui nous la fait parvenir.

 

Françoise du Chaxel


L’Échangeur à Bagnolet. jusqu’au 6 Mai, 01 43 62 71 20.

(L’Arche Editeur)


Archive pour 2 mai, 2011

FUTURE, NO FUTURE

FUTURE, NO FUTURE Compagnie; texte et mise en scène de Gilles Martin, vidéo d’Alain-Moïse Arbib


On avait pu découvrir Gilles Martin, il y a une douzaine d’années avec Rouge, noir et ignorant d’Edward Bond. L’histoire est simple: un équipage de dix jeunes adolescents nous accueille dans un aéronef sans pilote, sans issue, dont on peut seulement sortir par l’avant. Ils nous parlent du goût de l’avenir, du recyclage des cadavres pour nourrir les vivants ! Tout va bien, il n’y a pas de pilote à bord !
Trois comédiens professionnels interprètent les fortes séquences écologiques, économiques et sociales qui secouent notre monde. Une jeune femme, cadre dans une grande entreprise, vient d’apercevoir du taxi qui l’emmenait à son travail, sa mère perdue de vue depuis des années, fouillant dans une poubelle. Elle rejoint son chef de service qui lui fait goûter un mets qu’elle trouve excellent, c’est du cadavre qu’il souhaite commercialiser, elle s’y refuse, écœurée. Une autre admise à l’hôpital, a dépassé la date limite de sa grossesse, elle refuse qu’on provoque l’accouchement et se réfugie chez elle. Elle recueille la mère SDF transie de froid, lui offre un café, veut la chasser pour rester seule, puis lui demande de rester, saisie par les douleurs. …
Ces différentes séquences sont entrecoupées par une série de très courts portraits vidéos de jeunes et de moins jeunes qui témoignent sur notre monde. “L’inconnu est la seule issue, rien à conquérir, juste le goût de vivre à offrir !”. Malgré des longueurs (le spectacle gagnerait à être raccourci d’une demi-heure), Future, no future organise une belle rencontre poétique entre adolescents, citoyens et comédiens professionnels, enracinée dans le réel.

 

Edith Rappoport

 

Théâtre Dunois, jusqu’au 8 mai Tél 01 45 84 72 00

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