Dom Juan ou le festin de pierre

Dom Juan ou le festin de pierre, mise en scène Julien Travaillé.

  Julien Travaillé, metteur en scène audacieux, a entamé une collaboration depuis plusieurs années avec le Granit de Belfort, qui l’a accueilli, cette fois,dans les jardins, sur les bords de la Savoureuse qui coule le long du théâtre.
Il s’est lancé dans une étrange déambulation, avec deux chorales, une équipe de comédiens amateurs, des enfants et une solide équipe technique professionnelle pour évoquer la chute de Dom Juan aux enfers. Il y a une ouverture musicale, puis l’action démarre sur le toit du théâtre, on nous emmène ensuite dans un dédale de rideaux de robes de mariées en quinquonce, on aperçoit,  sur l’autre rive de la Savoureuse, un chœur d’épouses en robes blanches avec des coupelles flamboyantes qui flottent sur l’eau: elles  nous emmènerony plus tard  sur l’autre rive avec le Dies Irae du Requiem de Mozart, pour assister à la chute de Dom Juan aux enfers.
Sur la façade transparente que Jean Nouvel a construite au flan du théâtre, on voit les femmes abandonnées et l’ombre de Dom Juan, qui tombe, qui tombe inéluctablement. Julien Travaillé a mobilisé depuis six mois une équipe d’une centaine de personnes pour présenter un spectacle émouvant dans ses maladresses et sa générosité, d’une beauté plastique et musicale bouleversantes.
Trois représentations seulement ont été  données, et  on regrette de n’avoir trouvé aucun document sur le spectacle…

Edith Rappoport

 

Devant le Théâtre Granit de Belfort, le 26 mai 2011.


Archive pour 30 mai, 2011

Un peu de tendresse bordel de merde

Un peu de tendresse bordel de merde ! de Dave St-Pierre 

stpierre32.jpg Ce spectacle créé en 2006 et joué au festival d’Avignon en 2009 est représenté pour la première fois au Théâtre de la Ville. C’est le deuxième spectacle que ce danseur de formation de Montréal a écrit alors qu’il était déjà atteint par la mucoviscidose. Son combat contre cette pathologie handicapante est constamment visible à travers la violente rage de vie que communique sa troupe. Depuis, Dave St-Pierre a eu une greffe pulmonaire et il est aujourd’hui en cours de création de sa troisième chorégraphie qui conclura sa trilogie  Sociologie et autres utopies contemporaines . Plusieurs thèmes traversent ce spectacle, c’est la nudité des corps belle et provocatrice qui est mise en avant dans la plupart des commentaires. Mais derrière cette nudité des danseurs qui, par moments, occupe la scène ou la salle, Dave St-Pierre dissèque cruellement les rituels du désir et de l’amour entre les humains aujourd’hui. Bien sur, nous retrouvons ici des inspirations et une écriture chorégraphique proche de Pina Bausch et d’Alain Platel, mais celles-ci sont transfigurées par les danseurs dans une énergie et une violence rare. Les couples se fondent et se jettent, les corps se font mal, toujours à la limite de la blessure. Cette création souligne l’extrême maîtrise technique des danseurs. Ils font corps avec la volonté du chorégraphe qui leur rend hommage : A chacune des personnes qui travaillent avec cette compagnie, je ne saurai jamais comment vous dire le bonheur de nos imperfections rassemblées. Cette si humaine imperfection qui nous rend vulnérables attachants, énervants, aimants, etc. Merci d’être vous. Ces passages dansés débutent comme un jeu d’enfants pour finir comme une cruelle rupture d’adulte dans une vraie solitude.
Une maîtresse de cérémonie danseuse également brise le quatrième mur, elle semble diriger le déroulement du spectacle. Elle interpelle et déstabilise le public tantôt avec humour tantôt avec une belle brutalité verbale.
A un moment, elle provoque le public;  « on est au théâtre de la ville on est un peu coincé ! », pourtant c’est ce même public qui au final lui répond et se lève immédiatement pour une  ovation debout. S’il ne faut retenir qu’une image de ce moment fort de l’histoire du Théâtre de la Ville, on ne gardera en mémoire que celle de ce vieux monsieur chic d’un autre temps assis au premier rang qui, spontanément ,vient saluer chacun des danseurs et danseuses de la troupe en leur serrant la main, non par politesse mais par respect pour l’émotion qu’il vient de vivre..

Jean Couturier

 

Théâtre de la Ville

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...