Casanova ou les Variations Giacomo

  Casanova ou les Variations Giacomo de  John Malkovich

casanova.jpgCasanova ou les Variations Giacomo est une pièce opéra de chambre en deux actes pour deux acteurs – le très populaire John Malkovich et Ingeborga Dapkunaite – , pour deux chanteurs :le beau baryton Florian Boesch et la superbe soprano Sophie Klussmann – et pour un orchestre de musique de chambre des plus dignes – la Wiener Akademie sous la direction musicale de Martin Haselböck.
Cette musique élégante est composée d’extraits d’œuvres de deux contemporains exacts  de Casanova: Mozart et son librettiste Lorenzo Da Ponte, qui s’inspira de  sa personne pour construire le personnage de Don Giovanni. D’ailleurs, les plus beaux arias issus des Noces de Figaro, de Cosi Fan tutte et surtout de Don Giovanni sont ainsi réunis. Michael Sturminger met en scène ces écrits de Casanova, lourds des mystères équivoques de Venise, de ses intrigues plus ou moins corsées ou masquées, de l’amour et de l’art de la séduction. Au cours de rencontres variées, Casanova impose sa « qualité » de Vénitien, tour à tour violoniste, écrivain, magicien, espion, diplomate et bibliothécaire. Le libertin brûle de désir et de passion pour ses jolies conquêtes innombrables : nulle barrière ne se dessine devant lui si ce n’est la mort qui va l’obliger à découvrir la morale énigmatique de son existence.
Les mémoires de Giacomo Casanova (1790),  Histoire de ma vie, rédigée en français et considérée comme l’une des sources les plus authentiques des coutumes et de l’étiquette de la vie sociale de l’Europe du XVIII é siècle. La scénographie et les costumes de Renate Martin et d’Andreas Donhauser s’en donnent à cœur joie pour brosser l’univers mythique d’éclats, de miroirs et de moires de Casanova, le séducteur inlassable. Les costumes de cour – perruques et accessoires – sont magnifiques de couleurs, de lumières et de chatoiements, mais le décor qui peut paraître pompier et grossier de prime abord, subjugue finalement. L’œil du spectateur n’est pas indifférent à l’audace de ces trois énormes tentes plantées sur le plateau, trois mannequins en robes immenses et bouffantes à panier, avec des bustes généreusement décolletés pour tailles fines et languissantes.
La scénographie articulée sommairement,  abrite le cabinet du bibliothécaire ou de l’écrivain, la chambre à coucher, le salon, et se retourne – en l’envahissant et en l’enfermant – contre celui qui multiplie les assauts plus ou moins contrôlés sur la gent féminine, c’est-à-dire le cruel mais bien-aimé séducteur John Malkovich. L’acteur américain incarne l’homme à femmes, haï et poursuivi encore ; il pose sur la scène et pour la salle une voix ferme au débit scandé et vif. Il impose une présence naturelle intense et mystérieuse, dominatrice sans excès et raffinée. Sa partenaire Ingeborga Dapkunaite ne déroge pas à la figure féminine attendue – sveltesse, douceur et résignation décidée.
Le duo est « dédoublé » en un gracieux ballet de mouvements qui alternent sur la scène avec les deux interprètes lyriques lumineux, Florian Boesch et Sophie Klussmann, un écho somptueux à ces deux acteurs de théâtre bien trempés. Un quatuor d’excellence qui fait de cet opéra une œuvre puissante incontournable.

 Véronique Hotte

les 3, 4 et 5 juillet 2011 à l’Opéra Royal du Château de Versailles dans le cadre de Venise, Vivaldi, Versailles.

 


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