24 HEURES POUR JEAN VILAR


24 HEURES POUR JEAN VILAR  Auteurs en espace public

 

 24 HEURES POUR JEAN VILAR jv150 personnes, artistes et fidèles admirateurs, sont venues pendant 24 heures, lire des extraits des œuvres du grand serviteur du public qu’était Jean Vilar dont l’esprit semble avoir plutôt déserté le festival, trente ans après sa mort. Il n’aurait pas souhaité voir son festival transformé en bruyante foire commerciale, avec ce foisonnement indescriptible de 1200 spectacles du Off qu’il avait vu naître au début des années 70, (le “hors festival”comme on l’appelait alors) et son festival rendu inaccessible par les prix des places et une programmation dépourvue de l’âme qu’il avait toujours su donner…Les auteurs en espace public, membres de la SACD, ont lancé cette initiative bénévole, dans le même esprit que celui de l’Action pour le Jeune Théâtre, association de défense des compagnies, avait lancé son Hommage à Jean Vilar au Théâtre du Soleil, une semaine après sa mort.
Antoine le Ménestrel, acrobate  a ouvert et clôturé ces 24 heures à 19 heures, en escaladant les hauts murs de la maison Jean Vilar, se faufilant sur des points d’accroches improbables, derrière une grande bannière bleue à l’effigie de Jean Vilar, chutant suspendu à un croc, devant le portail de la maison, qui proposait une exposition avec des films .
Et le marathon des lecteurs anonymes a commencé devant une assistance d’abord réduite, puis grandissante au fil des heures, avec un long fleuve de textes distribués à l’entrée. On pouvait choisir son texte, ainsi que sa position de lecteur, sur les bancs dans la cour, aux fenêtres, sur la coursive surplombant la maison, ou assis sur une escarpolette que l’on hissait au dessus des spectateurs. Les textes étaient ensuite accrochés au flanc de la maison. Toute la nuit et toute la journée, les lecteurs se sont relayés, on a pu voir Roland Monod, grand acteur et ancien président de la Maison, lire au petit matin devant des bancs vides et Marie-Do Fréval allongée dans son lit blanc installé dans la cour, lire des textes rendus obscurs car mal sonorisés au début.
L’émotion surgissait parfois, mais les lecteurs sont restés anonymes, hormis Vincent Baudriller, le directeur sortant dont Jacques Téphany, le directeur de la maison, a révélé l’identité. Un beau marathon solidaire où soufflait l’esprit !

 

Edith Rappoport


Archive pour 14 juillet, 2011

La Guerre de Troie n’aura pas lieu

Festival d’Avignon

La Guerre de Troie n’aura pas lieu de Jean Giraudoux par la Compagnie des Fils d’Achinaos.


La Guerre de Troie n’aura pas lieu
n’est pas souvent jouée, à cause surtout du nombre de personnages mais elle est sans doute la meilleure des pièces de cet auteur un peu oublié aujourd’hui et dont Jouvet monta la plupart du théâtre. Elle a de plus le don  d’attirer  les jeune comédiens ou ceux qui espèrent le devenir, sans doute grâce à quelques scènes-culte.
En l’occurrence, il s’agit ici  d’un collectif formé d’actuels et anciens élèves du très fameux lycée parisien Louis-le-Grand qui est entré dans l’histoire du théâtre contemporain , puisque c’est là qu’ont débuté Patrice Chéreau, Jean-Pierre Vincent, Jérôme Deschamps, metteurs en scène et Yannick Mancel dramaturge. Et cela en quelques années…
On ne va pas vous faire  l’affront de vous raconter l’histoire. Mais Jean Giraudoux, qui connaît actuellement une sorte de purgatoire, s’en est emparé avec un humour et l’a traité à sa façon dans une langue qui ne manque pas de qualités. Et cela dit plus de choses que l’on pourrait croire sur l’attirance sexuelle, la hantise de l’avenir, la guerre et  la paix. Cela sent parfois le mot d’auteur dont Giraudoux ne se prive pas et qui éprouve un certain plaisir à frôler la parodie… » Une pièce pas contemporaine, pas classique, pas classable » ,dit avec raison ce collectif de comédiens qui n’en sont pas encore et dont presque tous ne le seront jamais…
L’interprétation est évidemment à la limite de ce que l’on peut attendre; le jeune homme qui joue Hector, presque parodique,  n’est pas crédible une seconde, et les autres n’ont pas assez travaillé: diction parfois  approximative, manque de rigueur dans le jeu, gestuelle pas très au point; seule, Cassandre impose, dans un rôle pas des plus faciles, une présence étonnante sur le plateau. Solide, imperturbable, même quand il y a des  accros techniques; si les petits cochons ne la mangent pas, si elle en a encore la volonté, etc… , elle devrait faire partie un jour des très bonnes comédiennes françaises.  Pour le reste, mieux vaut oublier les costumes disparates, les masques comedia del arte de certains personnages et  la peinture affligeante qui figure sur les portes de la guerre. Mais la mise en scène,malgré des erreurs, tient quand même la route. Et c’est un des miracles qui arrivent au  théâtre: on se surprend à écouter ce texte archi-connu avec un certain plaisir. Autre miracle pour le off, il y avait plus de 40 spectateurs qui regardaient cet ovni: quelque 16 jeunes gens capables de monter la pièce et de descendre la présenter à Avignon. Quand on a une volonté et une énergie aussi patente, on se dit qu’un jour il y  aura bien quelques-uns de ce collectif qui  ressurgiront.

Philippe du Vignal

Théâtre  Le Célimène à 15h 30 25 bis rue des Remparts de l’Oulle; relâche les 15 et  25 juillet.

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