Sun

Festival d’Avignon.

 

Sun, texte et mise en scène de Cyril Teste, collaboration artistique de Joël Jouanneau et Servane Ducorps.

 

Le 1er janvier 2009, à Hanovre, un garçon  et une fille de six et sept ans, appartenant à une famille recomposée, considèrent qu’il s’aiment, et à l’aube, s’en vont à l’aéroport pour aller en Afrique se marier. C’est de cette histoire étonnante que  Cyril Teste et le collectif MxM se sont inspirés pour construire ce spectacle qui est en fait davantage un très beau poème visuel. Dans sun.jpg Cyril Teste parlait déjà des interrogations des enfants  , puisque  l’un d’eux se trouvait confronté à la disparition de son père.  » Nous avions questionné des enfants, dit-il, pour connaître leur utopie, leur relation au monde, car une fois devenus adultes, nous oublions un peu ce que c’est que d’être enfant ».
Sun est en fait le premier texte que Cyril Teste écrit lui-même pour la scène mais c’est la base d’une écriture totale, puisque l’auteur/metteur en scène travaille avec toute une équipe de comédiens, scénographe compositeur, vidéaste, éclairagiste, cadreur. Comme pour ses précédents spectacles (voir le Théâtre du Blog).
Les projections de lignes graphiques et d’images, d’une très grande rigueur, deviennent vite magiques, et l’image ne donne jamais l’illusion de quelque chose mais nous renvoie au texte et/ou l’amplifie. On sait combine la vidéo est un piège où tombent nombre de jeunes-et moins jeunes- metteurs en scène, tout contents de faire joujou avec une caméra pour privilégier un moment ou un autre de leur spectacle.
Ici, rien de cela: le texte est en étroite symbiose avec les images, et ce qui fait toute la force de la proposition de Cyril Teste qui est aussi d’une  grande beauté plastique,  et l’on est vite entraîné dans cette incroyable aventure de ces deux enfants, tous les deux formidables de présence et de vérité sur scène: Matteo Eustachon, 11 ans et Zina-Lucia Méziat 10 ans. Cela a été d’autant plus émouvant pour nous que nous connaissons un peu Zina , fille et petite fille de comédiens, qui, à neuf ans, avait déjà élaboré un petit spectacle indien à l’occasion d’un anniversaire…
Cyril Teste a concrétisé en une heure quinze  le temps qui s’est écoulé entre le moment où les deux enfants ont décidé de partir et leur départ réel. Et cela donne un très beau travail, une sorte de conte sur la relation au monde que peuvent avoir des enfants qui vont très vite devenir des adolescents. Mais comment ne pas être ému par leur regard, mais aussi leur espièglerie,  et l’espèce de magnétisme qui semble les unir. Il y a là une fragilité et une beauté des sentiments et comme un arrêt sur image du temps que Cyril Teste a su capter avec beaucoup de sensibilité et de savoir-faire, ce qui n’est pas incompatible.
Le spectacle est fini en Avignon mais va tourner; s’il passe près de chez vous, ne le ratez pas: c’est une des rares bonnes surprises de ce festival, loin, très loin du bluff et de la prétention de cet avatar d’Hamlet proposé par Vincent Macaigne…

 

Philippe du Vignal

 

Salle Benoît XII. 

 

Ensuite le 7 octobre à Cavaillon; les 13 et 14 octobre à Vélizy-Villacoublay, le 20 octobre à Tarbes; les 16 et 17 novembre à la Cité Internationale à paris; le 29 novembre à Maubeuge; le 3 février à Saint Médard-en-Jales/Blanquefort et du 9 au 18 février au Centquatre à Paris.

 


Pas encore de commentaires to “Sun”

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...