# 4 Moscow

Festival Teatro a Corte de Turin.

# 4 Moscow par le Collectif Berlin, projet de Bart Baele, Yves Degryse et Caroline Roschlitz.

Le collectif artistique Berlin, comme son nom ne l’indique pas, est belge et est en résidence au centre de Stuk à Louvain; après avoir créé #2 lqaluit et # Bonanza, sorte de plongée dans un monde inconnu de leur public, que ce soit chez les Inuit ou dans un petit hameau du Colorado comme Bonanza, spectacles déjà présentés aux deux dernières éditions du Festival Teatro a Corte. Le nouvel opus du collectif Moscou pose selon lui la question de savoir si Moscou est un  cirque…cCest la question qui ne cesse, disent-ils,  de les hanter et  qui revient comme un leit-motiv dans le spectacle. Nous entrons dans un petit chapiteau créé pour l’occasion (rouge, disent-ils, comme un nez du clown de cirque fumant dehors que l’on voit sur une des séquences.
Pas de banquettes, le public est prié de rester debout pendant une heure! Il y a six petits écrans  où sont projetés les vidéos réalisées en 2007, que l’on peut déplacer de haut en bas, et un qui circule en rond autour du chapiteau. Soit un parallèle entre identité sociale et identité collective par le biais de courts reportages de moscovites, des puissants aux plus humbles. On se balade sur la place Rouge ou en dessous avec des égoutiers, au marché aux puces dans un terrain vague; la plupart des gens qui parlent déplorent la misère de la ville, où il est impossible de se loger si l’on n’est pas d’une famille moscovite.   On pénètre dans les petits appartements, on assiste à des manifestations de revendication anti et pro-Poutine sur la Place Rouge avec des images en accéléré ou en marche arrière, vieux gag que personne n’ose encore employer. Une vieille dame mendie, et peu de temps avant, une grande limousine rose passe.dans la rue.  Cela a souvent de faux airs du fameux documentaire belge StripTease…
Mais, en fait, l’extrême misère comme l’extrême  richesse, et l’injustice sociale ne sont vraiment suggérées que dans les entretiens avec les moscovites qui,résignés, acceptent d’en parler.   Les images se révèlent assez banales et la parole ne libère que des choses que l’on sait déjà sans que l’on entende jamais une analyse un peu pointue. Cela ne dépasse pas souvent les propos de bistrot. Bref, rien de très passionnant ou d’un peu virulent sur le plan politique.  Il y a sur un petit praticable avec un orchestre (piano, viole et violon, et violoncelle; la musique ayant été composée  sur place à Moscou et destinée à être jouée en public en relation avec les images qui défilent sous nos yeux.
On ressort de là bien déçu, sans  doute parce que ce bricolage électronique de grande qualité a quelque chose d’hybride-entre le documentaire et la performance, et l’audition d’un petit orchestre-et ne fonctionne pas bien.Et quand le collectif Berlin nous parle de provocation, on a quelque raison d’être sceptique devant cet ovni qui correspondrait à une méthode de travail dont le maître mot serait l’interdisciplinarité. On veut bien mais, à ce # 4 Moscow, bien sage et bien comme il faut, même quand il se pare des derniers atours technologiques, il manque une âme…

Philippe du Vignal

 


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