Cesena

Cesena chorégraphie d’Anne Teresa De Keersmaeker direction musicale Björn Schmelzer

cesenalaceremoniealaubedanneteresadekeersmaekerm56387.jpgDepuis plusieurs années le festival d’Avignon a l’habitude de créer l’événement en conviant son public, plus disponible en période de festival, à des horaires de représentations inhabituels,. Lorsque la qualité de l’œuvre présentée se mêle à ces variations temporelles dans un lieu magique, le spectacle s’imprime intimement dans la mémoire du spectateur qui, par la suite, le mythifie. Le Soulier de Satin mise en scène par Antoine Vitez dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes et Le Mahabharata de Peter Brook dans la carrière de Boulbon sont deux exemples emblématiques.
Pour Cesena, la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker a donné rendez-vous aux spectateurs à 4h30 du matin … pour assister au lever du jour. Ce spectacle fait suite à « En atendant » présenté à la tombée de la nuit en 2010 avec un grand succès. La même musique polyphonique d’ars subtilior du XIV ème siècle qui fut jouée autrefois au Palais des Papes d’Avignon et en Italie, d’une grande complexité rythmique, l’ est ici avec six chanteurs et treize danseurs soit quinze hommes et trois femmes.
Décor: la Cour d’Honneur dans sa majesté; lumière: uniquement celle du lever du jour. Pour la première, la représentation débute avec trente minutes de retard, il est 5 h du matin, un chanteur se lance seul dans l’obscurité et entame un chant. Puis, dans la pénombre, il est rejoint par les autres artistes. Le contact de leurs pieds sur le sol crée une sonorité sauvage. Nous avons la sensation de voir des chevaux s’ébrouer dans la nuit.
Progressivement la lumière éclaire la Cour d’Honneur, les ombres deviennent réalité. Un détail nous surprend, la pureté des chants, la majesté du lieu, les mouvements des danseurs et chanteurs donne une tonalité très intime à ce rituel mais apercevoir les bandes fluo des chaussures de sport dans la pénombre, casse un peu la magie naissante. Les chants sont d’une grande beauté. Et c’est émouvant d’apercevoir un chanteur qui règle sa voix grâce à la vibration de son diapason. Chants et chorégraphie se succèdent; à 5h30, un chant d’ oiseau se fait entendre. A 6h10 , le ciel rougit, dix minutes après; les martinets font leur apparition et  à 6h30 le soleil éclaire une partie du mur puis se cache à nouveau.
Vers 7h, les artistes clament leurs prénoms puis rejoignent  les coulisses. Le froid, le rythme de la danse et des chants ont vaincu la curiosité de certains spectateurs qui se sont endormis.Le spectacle parait trop long, surtout à partir du moment où danseurs et chanteurs sont en pleine lumière, et une partie du public reste à l’extérieur de ce rituel. Une liturgie, même quand elle est belle,  peut être un peu ennuyeuse… .

 Jean Couturier

 

  Cour d’Honneur du Palais des Papes, jusqu’au 19 juillet.

 


Pas encore de commentaires to “Cesena”

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...